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Notre classe

Victoire à Marseille

Intercontinental : après une semaine de lutte pour la dignité, les agents de nettoyage sont victorieux

Depuis maintenant une semaine, les salariés de STN, sous-traitant de l’Intercontinental de Marseille Hôtel Dieu se sont mis en grève pour défendre leurs droits et leurs acquis. Une grève qui est finalement victorieuse et qui montre que les travailleurs lorsqu’ils sont organisés peuvent faire plier les patrons.

jeudi 29 juillet

Crédit photo:Reuters/ Jean-Paul Pelissier

Jeudi dernier, le 22 juillet, les salariés de STN, le sous-traitant s’occupant du nettoyage de l’Intercontinental de Marseille Hôtel Dieu, ont décidé de se mettre en grève pour défendre leurs droits et leurs acquis. En effet, c’est suite à la suppression du 13ème mois sans communication de la part de la direction que les salariés ont instauré le rapport de force avec le sous-traitant. Une plainte a en effet été déposée aux Prud’hommes par la CNT contre cette décision de la direction mais les salariés ont décidé qu’ils en avaient marre de pas être respectés et on décidé de pousser leurs revendications plus loin en se mettant en grève. Car comme le souligne l’un des équipiers de nuit dans l’article de La Provence : « On est des employés et on se bat pour nos droits, on n’est pas des voyous. Chaque mois, j’ai un problème avec ma fiche de paie. Soit il manque des heures, soit il manque la prime de nuit. Quand tu réclames, ils te remboursent, mais quand tu ne réclames pas, tu n’as rien. Et ici, beaucoup ne savent ni lire ni écrire, donc ils en profitent... ».

C’est pourquoi leurs revendications se sont étendues à une augmentation des qualifications, le paiement intégral du 13e mois pour 2020 et les années suivantes, le remboursement de la prime transport à 100 %, la prise en charge du nettoyage des tenues de travail et l’amélioration des conditions de travail. Une grève, pour l’ensemble de ces revendications mais aussi pour le respect et la dignité qu’on leur refuse au travail. Ces agents de nettoyage, le plus souvent payés à la tâche, rendent compte de cadences infernales “On leur demande de faire une chambre en 35 minutes alors que selon les normes, il faudrait minimum une heure et 20 minutes pour faire correctement une chambre”, raconte Meziane Kaci, délégué syndical au micro de marsactu. “Avec le travail qu’on fait on mérite au moins le respect” enchérit une gréviste, alors que sont reportés les propos emplis de mépris de la direction « ils (les grévistes) ne sont pas à plaindre », alors que les langues se délient au sujet harcèlement moral subit au quotidien.

Ce n’est pas la première fois que les salariés de l’hôtel se battent. Le 17 juin dernier SNT et l’Intercontinental de Marseille ont été condamnés par les prud’hommes de Marseille à 3000€ de dommages et intérêts sur le fait qu’ils n’avaient pris aucune mesure après le harcèlement sexuel d’une femme de chambre par l’un des clients de l’hôtel. Le client n’a jamais été inquiété car l’hôtel avait refusé d’appeler la police et la victime avait dû revenir travailler sur les lieux de son agression. Elle a par la suite décidé d’arrêté de travaillé pour l’établissement car son état de santé se dégradait.

On peut aussi évoquer la grève de 2019. En effet, le 15 novembre 2019 débutait une grève pour la dignité et pour une amélioration des salaires et des conditions de travail. Au début de la grève, le piquet de grève qui s’était installé avec des palettes et des pneus à l’entrée de l’hôtel et avait donné lieu à une décision d’un magistrat pour interdire l’entrée des grévistes dans l’enceinte de l’hôtel. Par la suite un autre magistrat était revenu sur la décision garantissant le droit aux grévistes de tenir leur piquet. Durant cette grève les salariés de STN avaient aussi participé et cela leur avait valu une assignation en justice car « ils faisaient trop de bruit et que cela nuisait à la clientèle de l’hôtel cinq étoiles ».

Aujourd’hui la CNT annonçait sur son compte twitter la victoire des grévistes après une semaine de grève et la satisfaction d’une partie de leur revendication. Le paiement du 13ème mois pour 2020 et les années qui suivent, des augmentations de qualification et des volumes horaires ont été gagnés par la lutte. C’est la preuve que lorsque les travailleurs sont organisés et déterminés, ils peuvent arracher plus que des miettes à leurs patrons .




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