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Violences policières

Grièvement blessé par balles par la BAC à Stains, il risque la prison : justice pour Nordine !

Un mois après avoir été blessé par balles par la BAC à Stains, Nordine est passé aujourd’hui en comparution immédiate après avoir livré un témoignage sur les violences qu’il a subies. Une offensive judiciaire contre une victime de violences policières.

samedi 18 septembre

Crédits photo : Radio France - Louise Buyens

Le 16 août dernier, Nordine et sa petite-amie étaient blessés par balles par la BAC à Stains en Seine-Saint-Denis. Les policiers, en civil, effectuaient des contrôles routiers. Nordine témoigne pour BFM TV : « Je comprends pas ce qu’ils me veulent. Comme je vois pas de brassard de police, je ne pense pas à eux. J’ai cru que c’était des voleurs, des agresseurs. Ils n’ont pas crié ’police’. » Il tente alors de se dégager de ce qu’il pense être un guet-apens et blesse légèrement deux policiers. Les policiers tirent de leur côté sur le conducteur, et le blessent grièvement par sept balles. Lui et sa conjointe sont emmenées à l’hôpital en urgence.

À la suite de ça, Nordine porte plainte pour tentative d’homicide volontaire contre les policiers. Comme souvent dans ce type d’affaires, ces derniers contre-attaquent en portant plainte pour tentative d’homicide, tentant ainsi d’intimider la victime. Jeudi, Nordine témoignait pour le Bondy Blog : « 48h après les faits, un agent de l’IGPN est venu à l’hôpital et a demandé à m’interroger. J’ai dit que je n’étais pas en état. Depuis aucune nouvelle », se rappelle Nordine. Mais pour le jeune homme, les fonctionnaires n’auront rien… « Ils auraient pu nous tuer, mais ce sont eux qui sont présentés comme des victimes et nous les coupables. On sait que dans ce genre d’affaires, les policiers sont acquittés et s’en sortent toujours bien. Ils justifient leurs actes par de la légitime défense. Ce qui passe dans un quartier populaire, tout le monde s’en fout. » »

Vendredi, Nordine est finalement passé en comparution immédiate suite à la plainte des policiers. Une échéance dont le Comité Adama a révélé sur les réseaux sociaux le résultat. Le procès du jeune homme se tiendra le 19 novembre prochain. Entre temps, ce dernier est sous contrôle judiciaire, interdit de présence en Seine-Saint-Denis, doit pointer tous les vendredi dans un commissariat et interdit de conduire un véhicule à moteur.

Du côté des policiers en revanche, la plainte déposée pour tentative d’homicide volontaire n’a pas été retenue par le parquet, malgré les balles tirées à bout portant. Une enquête judiciaire pour violences volontaires avec armes par personne dépositaire de l’autorité publique sera cependant ouverte selon France Bleu Paris. Une procédure à l’issue très incertaine, alors que deux-tiers des affaires de décès suite à une intervention policière n’aboutissent à aucun procès selon Basta Mag.

Une victime d’ores et déjà condamnée et placée sous contrôle judiciaire, des policiers libres et qui le resteront très probablement : cette affaire qui ne fait que commencer rappelle déjà le traitement très spécifique des affaires de violences policières. Une situation face à laquelle les proches de Nordine se sont mobilisés le 21 août dernier, exigeant "Justice pour Nordine !" Face à cette impunité, exigeons comme eux la justice et la vérité pour Nordine, comme pour Adama Traoré, Steeve Maia Caniço, Gaye Camara, Ibrahima Bah, et pour toutes les autres victimes de violences policières.




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