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Ennemi de la classe ouvrière

Grève dans l’automobile : Trump oppose un discours anti-grève aux travailleurs en lutte

Le 27 septembre, Donald Trump a affiché son « soutien » aux grévistes de l’automobile en s’opposant aux hausses de salaires revendiquées par les travailleurs. Dans un autre style que Biden, qui s’est aussi rendu sur un piquet de grève, il a rappelé à quel point il est un ennemi des travailleurs.

Elea Novak

28 septembre 2023

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Grève dans l'automobile : Trump oppose un discours anti-grève aux travailleurs en lutte

Après Biden, qui s’est rendu la veille dans une des usines, Donald Trump a à son tour de surfer sur le mouvement en prévision des élections présidentielles. Ce mercredi 27 septembre, il tenait un meeting en « soutien » aux grévistes de l’UAW (United Automobile Workers) à Detroit, dans l’état du Michigan, où a émergé la grève qui s’étend aujourd’hui à plus de 38 usines.

Lire aussi : La grève des travailleurs de l’automobile inquiète Biden, et c’est une bonne nouvelle

Le Michigan représente pour Donald Trump un important enjeu électoral. En effet, c’est un des États qui lui a permis de gagner en 2016, en raison de l’abandon par le Parti démocrate de la classe ouvrière du Michigan. De nombreuses entreprises ont été délocalisées dans d’autres États ou à l’étranger, ce qui a contribué à la faillite de la ville de Détroit en 2013. Son refus de les aider lors de son mandat a d’ailleurs également contribué à sa défaite en 2020. Cela fait de la lutte de l’UAW une bataille quasi-existentielle pour Trump et Biden, car celui qui pourra se targuer du soutien aux grévistes obtiendra un avantage significatif pour remporter un Etat essentiel pour la course à la présidence.

Mais malgré sa volonté d’afficher un soutien aux grévistes, Trump a choisi de faire son meeting, non pas dans une des usines en grève, mais dans une usine voisine, Drake Enterprises, dont les travailleurs ne sont pas syndiqués, et ne sont pas en grève. Tout un symbole, pour celui qui veut opposer les travailleurs syndiqués aux non-syndiqués. L’ex-président n’a d’ailleurs pas été invité dans une des usines en grève à la différence de Biden, le Parti démocrate étant traditionnellement soutenu par la bureaucratie des syndicats.

Lors de son discours, l’ex-président a tenu à marquer son opposition aux hausses de salaires exigées par les grévistes, tout en essayant de monter ces derniers contre le projet Biden de transition vers le 100 % électrique qui aurait selon lui pour conséquence de mettre tout le secteur au chômage : « Vos négociations ne sont pas aussi importantes que vous le pensez. [...] Dans deux ans, vous serez tous au chômage. [...] Je vois vos piquets de grève, mais je pense que vous le faites pour de mauvaises raisons » a-t-il expliqué.

Trump a ainsi focalisé tout son discours sur l’économie américaine, en pointant du doigt la concurrence internationale, cherchant ainsi à convaincre les ouvriers que voter pour lui leur garantira une sécurité d’emploi et de meilleurs salaires. Pourtant, c’est bien sous Trump que plus de 200 000 emplois ont été délocalisés. Les entreprises qui ont délocalisé ces emplois ont dans la même période reçu des contrats fédéraux s’élevant à une valeur totale de 425 milliards de dollars. Alors que les voix des ouvriers automobiles avaient grandement contribué à sa victoire en 2016, les ouvriers ont vu les promesses démagogiques s’évaporer devant les profits privés.

En effet, son mandat a été marqué par de nombreuses attaques envers les droits des travailleurs. Son National Labor Relations Board a notamment rendu plus facile pour une entreprise de défaire un syndicat, et a toujours statué en faveur des managers plutôt qu’en faveur des travailleurs. Les arguments protectionnistes et nationalistes de Trump visent ainsi à détourner les grévistes de la question de leurs salaires et écarter la question des profits réalisés par les entreprises touchées par la grève, s’élevant à 250 milliards de dollars ces quatre dernières années.

Peu importe de quel côté de l’Atlantique se situe l’extrême droite, elle sera toujours l’ennemie des travailleurs et Trump l’a montré en se déclarant contre l’augmentation des salaires, alors que la crise économique et l’inflation continuent de rogner les salaires des ouvriers aux quatre coins du globe. De son côté Biden se trouve forcé d’exercer une pression sur la direction des Big Three (Ford, General Motors, Stellantis) pour qu’elles cèdent sur des mesures minimales pour mettre fin à la grève. Ce sont les deux options de la bourgeoisie américaine pour enfumer les travailleurs qui ont décidé de passer à l’action.

Loin des tentatives de récupérations politiques de Biden et de Trump, c’est bel et bien en s’auto-organisant en totale indépendance de l’État, des politiciens bourgeois et des bureaucrates syndicaux qui les invitent sur les piquets de grève que les travailleurs pourront construire le rapport de force contre le patronat qui leur permettra d’arracher la victoire.


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