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Solidarité De Classe

« Fini l’esclavage » : les salariés du nettoyage de Sorbonne Sciences en grève contre la précarité

Alors que les travailleurs et les travailleuses du nettoyage de l’université Jussieu subissent des conditions de travail de plus en plus difficiles depuis des années, ces derniers se sont mis en grève le mardi 14 septembre contre les cadences infernales et les licenciements abusifs que pratiquent l’entreprise de sous-traitance qui les emploie avec l’aval de la présidence de l’Université.

jeudi 16 septembre

Crédits photo : CGT Jussieu

Mardi 14 septembre, l’ensemble des travailleurs et des travailleuses du nettoyage de Jussieu, soit près de 130 personnes se sont mises en grève contre leur direction et l’entreprise de sous-traitance Arc en ciel et pour obtenir de meilleures conditions de travail. Depuis février 2020, lorsque la direction du nettoyage des locaux du campus Jussieu Sorbonne Université est passée aux mains de l’entreprise privée, les conditions de travail du personnel de ménage, majoritairement constitué de femmes et de personnes issues de l’immigration se sont largement dégradées. Entre suppressions d’emploi, menaces de licenciement et pression de la direction, le personnel a décidé de relever la tête avec un mot d’ordre clair : « personnel de ménage en grève, fini l’esclavage »

En effet, Révolution permanente a recueilli plusieurs témoignages d’hommes et de femmes salarié.e.s de l’entreprise qui dénoncent les méthodes de leur employeur et leurs conditions de travail qu’ils et elles comparent à de l’esclavage. L’une d’elles témoigne en ce sens : Moi j’ai déjà 166 heures qui ne sont pas payées. Je suis arrivée en février, je n’ai pas de contrat de travail. Ils répètent depuis des mois qu’ils vont me l’apporter mais et ils ne l’apportent pas. Ils nous disent ça depuis février. Je travaille, je n’ai pas d’indemnités de salaire depuis le mois de mars et je n’ai toujours pas reçu mon salaire depuis le mois d’avril. Et jusqu’à maintenant on est là et on travaille comme des esclaves, ils nous donnent tout le sale boulot. Sa collègue poursuit Ils en profitent parce qu’ils savent que nous on n’arrive pas à bien s’exprimer en français. Ils voient qu’on est des gens qui n’arrivent presque pas à parler, qui n’arrivent pas à comprendre donc ils veulent en profiter. Mais ça suffit ! Ils ont attaqué là où ils ne devraient pas, ils sont passés sur la ligne rouge.

Depuis des mois, ces travailleurs subissent des conditions de travail qui se dégradent et font face au mépris le plus total de leur direction comme de la présidence de l’Université, qui a fait appel à l’entreprise de sous-traitance afin de faire des économies aux dépens du bien-être de son personnel de ménage. Certains de ces travailleurs et travailleuses qui sont bien souvent obligées de cumuler deux emplois et assument souvent une double voire une triple journée de travail à la maison accumulent des retards de salaire et vivent dans la précarité totale.

Certain.e.s travaillent comme employé.e.s de ménage à Jussieu depuis vingt ans et disent n’avoir jamais connu de conditions de travail aussi déplorables que depuis février : On est en grève parce on a jamais vu une société comme Arc-en-ciel. Ils nous traitent comme des esclaves, ils ne nous respectent pas. Il y a des diminutions d’heures et augmentation du travail. Les travailleurs dénoncent également le stress qu’ils et elles doivent endosser, le porte-parole de la grève interviewé par Révolution permanente déclare Ils [l’entreprise] ont commencé par virer les gens. A l’heure actuelle, l’entreprise a déjà licencié deux chefs et une trentaine de personnes en CDD. Ils ont une politique de faire travailler les gens comme des robots, il n’y a pas d’autre mot. C’est une charge de travail terrible et les salarié.e.s viennent travailler avec une boule au ventre. Sans cesse surveillés, une salariée confie qu’un inspecteur du travail est présent sur les lieux tous les matins et traque les moindres faits et gestes des travailleurs.

Ces derniers n’ont pas le droit à une minute de retard et dans le cas où ces dernier.e.s arriveraient en retard à cause d’un problème de transport comme cela arrive fréquemment, l’argent leur est déduit de leur salaire. Le matériel pose aussi problème, les produits d’entretien manquent souvent et provoquent des réactions allergiques aux personnes qui les utilisent. Lorsque les travailleurs font remonter ces informations, ils se heurtent au mépris de la direction d’arc en ciel qui leur rétorquent qu’ils ne feront rien et qu’ils n’ont qu’à faire avec ce qu’il y’a. Des conditions de travail insupportables et un véritable harcèlement de la part de la direction qui ont poussé les travailleurs et les travailleuses à sortir de l’ombre et à dénoncer tous ces abus.

Face à cette situation ils ont décidé de se mettre en grève contre l’entreprise de sous-traitance, une grève exemplaire dans laquelle toutes les décisions sont prises en assemblée générale le matin pour l’équipe de journée et le soir pour l’équipe du soir. Leurs revendications sont claires et ils et elles affirment être déterminés à poursuivre la grève jusqu’à l’obtention de ces dernières. Dans le protocole d’accord de reprise d’activité proposé par Arc en ciel, les salarié.e.s ne cèdent pas à la pression et réaffirment leurs revendications. Parmi elles, Aucun licenciement, pas de changement d’horaire ni de poste le changement des produits ménagers pour celles et ceux qui le souhaitent, le départ du responsable d’exploitation ainsi que le paiement de tous les jours de grève, et non seulement le 14 et le 15 septembre comme le souhaite l’entreprise.

Il semble donc essentiel de soutenir la grève des agents de nettoyage de l’université de Jussieu que ce soit en participant à leur caisse de grève et en soutenant les piquets de grève.




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