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Éducation Nationale

Education : les AG du 93 et d’Île-de-France appellent à la grève pour le 22 avril

Ce mardi 2 avril, les enseignant·e·s grévistes du 93 et d’Île-de-France ont voté en assemblée générale une nouvelle journée de grève le lundi 22 avril. Des votes qui témoignent de la volonté de poursuivre la lutte, mais aussi d’élargir la grève et les revendications après cinq semaines de mobilisation dans le 93.

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Education : les AG du 93 et d'Île-de-France appellent à la grève pour le 22 avril

Crédit photo : Révolution Permanente

Ce mardi 2 avril, l’intersyndicale éducation (SNES-FSU, SNEP-FSU, CGT Educ’action, FNEC FP FO, Sud éducation) appelait à la grève pour demander le retrait de la réforme dite du « choc des savoirs », et de sa mesure-phare, la mise en place de groupes de niveaux au collège. A cette occasion, des enseignant·e·s du 93 et d’Île-de-France, rassemblés en assemblée générale, ont voté une journée de grève pour le 22 avril, jour de la reprise après les congés de printemps. Un vote qui témoigne de la volonté de poursuivre la lutte, mais aussi d’élargir la grève et les revendications après cinq semaines de mobilisation dans le 93, et alors que les grévistes de l’académie de Toulouse appellent eux aussi à faire grève pour la rentrée.

Une mobilisation qui tient bon dans le 93, après presque six semaines de mobilisation

Après trois journées de grève, les 1er et 6 février, puis le 19 mars, les directions syndicales nationales ont appelé à une quatrième journée de grève ce 2 avril. Une nouvelle journée de mobilisation qui s’inscrit sur fond de colère prégnante notamment chez les enseignant·e·s du collège qui restent majoritairement opposée à la réforme et aux groupes de niveau, mais aussi par les élèves et les parents mobilisé·e·s. Comme le souligne Jolan, professeur d’anglais, « cette réforme va à l’encontre du collège unique et assignera les élèves pour la suite de leur scolarité. »

Les chiffres auront été un peu plus faibles que lors des journées précédentes (15 % de grévistes pour le ministère et 36 % pour le SNES-FSU), alors que la colère reste forte notamment dans le second degré, où les taux de grévistes ont presque atteint les 40 % selon le syndicat majoritaire. De même, alors que la mobilisation autour d’un « plan d’urgence » pour le 93 dure depuis bientôt six semaines en Seine-Saint-Denis, c’est encore 40 % des personnels du département, tous degrés confondus, qui étaient en grève mardi. Des chiffres qui restent conséquent, alors même que la journée, en plus d’être tardive, était peu préparée par les directions syndicales.

A Paris, le défilé, composé majoritairement de travailleurs de l’éducation du 93, a rassemblé plusieurs milliers de personnes. Les grévistes se sont ensuite retrouvés en assemblée générale à côté de la Place République.

La question de l’élargissement de la grève au cœur de l’AG des grévistes 93

Cette AG s’est déroulée dans la salle Ferrer de la Bourse du Travail, une salle trop petite pour recevoir les 150 participant·e·s.

Après un état des lieux de la journée par les personnes mandatées en AG de ville le matin, les débats se sont vite orientés sur la nécessité d’un élargissement de la lutte, non seulement pour obtenir les moyens dont l’éducation a besoin mais aussi pour demander le retrait de la réforme du « choc des savoirs. » Une proposition d’élargissement des revendications mais aussi d’élargissement géographique, avec une volonté de sortir de l’isolement du 93 afin de passer à un autre cap de la mobilisation, qui n’a pas semblé séduire l’intersyndicale du 93, dont les représentant·e·s ont estimé que l’appel vers d’autres départements serait « paternaliste » ou hors-sujet, dans le sens où élargir ou demander à élargir reviendrait à invisibiliser la mobilisation du 93.

Une argumentation mise à mal notamment par une enseignante mobilisée depuis plusieurs semaines : pourquoi « demander à élargir vers d’autres départements serait une mauvaise idée, quand l’intersyndicale 93 elle-même nous demandait, à juste titre, de passer dans les établissements afin de mobiliser nos collègues ? » Plusieurs interventions ont ainsi soutenu que la lutte devait marcher sur ses deux jambes pour obtenir ce que les travailleurs de l’éducation, ainsi que les parents, demandent : plus de moyens et le retrait de la réforme. Pour un autre collègue, les liens établis avec les parents et les élèves durant le mouvement actuel souligne une chose : cette lutte n’est pas une lutte corporatiste, mais bien un combat qui concerne l’ensemble des travailleurs et c’est pour ça qu’il ne faut pas la cantonner aux frontières du 93.

Un point de vue qui semble avoir été majoritairement partagé par les enseignant·e·s présent·e·s : l’AG a finalement voté un appel à la grève pour le 22 avril avec la motion suivante : « Pour gagner l’abandon du « choc des savoirs » et pour gagner des moyens pour l’école publique, il faut élargir la grève à l’échelle nationale dans tous les départements et porter sa reconduction. »

Un élargissement de la grève impulsé par des AG locales en Île-de-France et à Toulouse

Alors que l’élargissement de la grève est l’une des conditions essentielles pour la victoire face à un gouvernement qui se distingue par la brutalité et l’ampleur de ses attaques, d’autres AGs ont-elles aussi manifesté la volonté de poursuivre la grève pour le 22.

Dans le 93, l’AG du 2 avril a ainsi voté qu’il n’y ait pas de rentrée le 22 avril et, comme l’intersyndicale l’indique dans son communiqué, appelle à la grève reconductible dès le 23 avril. Dans le 91, une assemblée générale avec de nombreux parents a elle aussi décidé de ne pas faire de rentrée. L’AG du 94 a aussi voté la grève pour le 22. Des appels relayés lors de l’AG Île-de-France, qui s’est achevée par un appel à la grève dans tous les départements de la région pour le 22 avril. Dans l’académie de Toulouse, seule autre à être située dans la zone C, 200 personnes sur les 300 présentes en AG ont voté pour une grève à la rentrée le 22 avril.

Pour lutter contre l’essoufflement, continuons à construire la grève dans l’Education !

Les chassés-croisés de rentrée, puisque les trois zones ne reprennent pas au même moment, ne doivent pas empêcher de préparer la rentrée dans la perspective d’un potentiel rebond de la mobilisation dans les semaines qui vont suivre. De la même manière que les enseignant·e·s et les parents du 93 ont fait pression auprès de l’intersyndicale pour faire de la grève du 26 février une journée de mobilisation au niveau national il s’agit de tester jusqu’au bout les potentialités d’une nationalisation de la mobilisation.

L’absence d’un plan de bataille proposé par l’intersyndicale au niveau national, isolant les grévistes en Ile-de-France et sur le reste du territoire, a conduit à un essoufflement de la mobilisation cette dernière semaine. Malgré l’absence de réel plan de bataille, c’est l’auto-organisation et la détermination de la base qui a permis à la mobilisation de se maintenir dans le temps, et de renforcer la lutte en construisant des liens avec les familles et les élèves.

La réception de l’intersyndicale du 93 les 10 avril à Matignon et le 15 avril par la ministre de l’éducation, les tentatives de répression envers des enseignant·e·s mobilisé·e·s, comme au lycée Blaise Cendrars à Sevran, sont les signes d’une institution qui à peur de la contagion de la mobilisation du 93 mais qui n’est pas pour autant près de lâcher sans un rapport de force conséquent. Ne nous racontons pas d’histoire sur la possibilité d’un dialogue social, l’État que nous affrontons aujourd’hui s’est radicalisé et reculera que s’il a peur de trop perdre.

Continuons à l’affronter sur le terrain de la grève et préparons-la pour la rentrée du 22 avril, et continuons à nous organiser face à un Etat qui nous précarise et se militarise de plus en plus, et souhaite embrigader la jeunesse et en faire un outil de réarmement démographique ou une manne salariale sous-payée. Il nous faut imposer le plus vite possible un plan de bataille ambitieux pour stopper les avancées d’Attal et son gouvernement.


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