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Chute mortelle pour un ouvrier à la centrale EDF de Cordemais (44), son collègue dans le coma

Flora Carpentier Une fois de plus, une fois de trop, l’un des nôtres est mort au travail. Ce mardi 10 novembre après-midi, deux ouvriers sont tombés d’une passerelle sur le site de la centrale thermique de Cordemais en Loire-Atlantique, alors qu’ils effectuaient des travaux d’entretien. La chute de 8 mètres a été mortelle pour l’un d’eux, de 51 ans, tandis que le second, 47 ans, est gravement blessé et se trouve actuellement dans le coma au CHU de Nantes. Les médias traitent l’affaire comme un simple fait divers pour lequel on n’aura probablement aucune suite, malgré les promesses d’ « enquête » de la gendarmerie.

mercredi 11 novembre 2015


La direction finira bien par dire que « c’est la faute à pas de chance »

Malgré les larmes de crocodile de la direction de la centrale, nous ne faisons aucune confiance à une enquête qui, comme chaque fois qu’un travailleur meurt sur son lieu de travail, fera tout pour dédouaner la direction et écarter les conditions de travail des possibles causes de la chute. Pourtant, les morts au travail sont bien trop nombreuses pour qu’on puisse croire à une « erreur humaine », une diversion quelconque ou toute autre cause que le patronat n’aura aucun mal à inventer, quitte à suspecter les victimes elles-mêmes. Selon la CGT, l’année 2015 comptabilise déjà 13 morts au sein du groupe EDF. Les accidents d’origine électrique sont eux en forte hausse, ayant touché 16 agents EDF et 17 prestataires ne serait-ce que pour les deux derniers mois.

Une semaine plus tôt, une grève à 74% sur le site EDF de Cordemais

Le 4 novembre, à l’appel d’une intersyndicale, les agents présents à la centrale se mettaient en grève à 74%, soit 54% de l’effectif global. Deux jours plus tôt, une assemblée générale réunissait 150 agents, pour discuter des menaces sur l’emploi qui pèsent sur le site. Les travailleurs se battent contre les projets de réorganisation d’EDF, qui dans la recherche d’un profit maximal, s’adonne comme la plupart des services publics à des scissions, faisant appel à des prestataires privés pour bon nombre de services et fermant des sites, comme la centrale de Fessenheim dont la fermeture est prévue pour juin 2016. Derrière les grands discours, les procédés à l’œuvre ont pour unique but d’accroître les profits des capitalistes. A chaque fois, ce sont les travailleurs qui en pâtissent, par leur emploi ou une précarité toujours plus grande.

On pourrait s’étonner du parallèle fait entre la mobilisation du 4 novembre et la nouvelle tragique. Pourtant, lorsque les travailleurs se battent pour leurs emplois et contre la précarité, ils se battent de concert contre les vies broyées au travail. Car c’est la réduction des effectifs qui provoque les surcharges de travail, augmentant les rythmes et mettant nos vies en danger. C’est aussi la course au profit qui pousse les capitalistes à lésiner sur notre sécurité au travail et à passer outre les règles de sécurité les plus basiques, dans leur recherche effrénée d’économies. Elles sont là les vraies causes de tant de morts au travail. En solidarité avec les camarades et la famille des deux victimes du 10 novembre, nous disons haut et fort que nous en avons assez de toutes ces vies broyées aux mains de ceux qui s’enrichissent sur notre dos. Il est grand temps que notre tristesse se transforme en colère collective, pour mettre sur pied une mobilisation d’ampleur, car c’est bien la seule façon d’imposer de meilleures conditions de vie pour l’ensemble de la classe ouvrière.




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