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7 mars

Montpellier. Une centaine de travailleurs sociaux s’organisent en AG ce 7 mars

Ce mardi, à la suite de la manifestation exceptionnelle qui a réuni 45 000 personnes à Montpellier, travailleurs sociaux et animateurs étaient appelés par Solidaires, la CGT et le collectif du CAASOS à participer à une assemblée de secteur. Une franche réussite qui a réuni une centaine de personnes, et qui constitue un point d'étape important pour les suites de la mobilisation.

Lucas Darin

8 mars 2023

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Montpellier. Une centaine de travailleurs sociaux s'organisent en AG ce 7 mars

Crédits photo : Révolution Permanente

Une assemblée de secteur très réussie après une manifestation historique

Comme partout en France, la journée de mobilisation contre la réforme des retraites à l’appel de l’intersyndicale a été très suivie à Montpellier : ce sont 45 000 personnes qui ont manifesté, un record pour la ville, d’autant plus impressionnant pour un 6ème jour de mobilisation.

La journée a également été marqué par un petit événement dans les secteurs du travail social et de l’animation : une première assemblée de secteur était appelée par Sud Santé Sociaux, la CGT Action Sociale, et le CAASOS (Collectif d’Actrices et d’Acteurs du Social et des Oubliés de la Société), collectif local particulièrement dynamique.

« On voyait que les travailleurs sociaux et les animateurs étaient présents dans les manifestations, mais de manière très dispersée. On s’est dit que c’était important de proposer de se réunir, parce qu’il y avait sûrement des centaines de salariés des secteurs du social et de l’animation mobilisés, mais de manière invisible alors que ça pouvait être une force qui s’organise » nous explique Max, militant au CAASOS.

Cette réunion publique a été une réussite importante, puisque près de cent travailleurs et travailleuses ont répondu présents, confirmant les potentialités de mouvement qui existent dans des secteurs pourtant souvent considérés comme peu mobilisables.

Après une courte introduction pour expliquer le cadre et la démarche des organisations à l’initiative de la réunion, les prises de paroles se sont enchaînées pour évoquer des réflexions sur le mouvement, diverses expériences, des analyses de la mobilisation en cours et les difficultés rencontrées pour mobiliser les collègues.

La question des conditions de travail et d’accompagnement, et bien sûr celle des salaires et de l’inflation sont revenues dans la discussion dans laquelle il était clair que les enjeux du mouvement actuel dépassent de loin la simple réforme des retraites. C’est notamment le cas pour les enjeux féministes derrière la lutte contre la réforme des retraites, d’autant plus dans des secteurs très féminisés et précarisés. Une détermination qui s’exprimera aussi dans la rue ce 8 mars.

Une étape essentielle pour la suite du mouvement

La première phase du mouvement nous a montré que des journées de pression, même massives, ne suffiraient pas à faire reculer un gouvernement ultra déterminé à faire passer sa réforme. Alors que nous sommes confrontés au besoin d’amplifier et de durcir la mobilisation, cette assemblée constituait une étape essentielle en posant les bases pour répondre à deux nécessités du mouvement.

En premier lieu, un lieu de discussions pour rompre l’isolement et dépasser ensemble les difficultés rencontrées. Alors que dans le travail social comme dans l’animation, il est fréquent de travailler de manière isolée, dans de petits services, au sein d’associations divisées géographiquement, il est facile de se sentir seul à se mobiliser, et de se démoraliser devant les obstacles : difficultés financières, culpabilité vis-à-vis des personnes accompagnées, répression des hiérarchies.

Se réunir en assemblée permet non seulement de prendre conscience du nombre que nous sommes à nous mobiliser dans un même secteur, mais aussi de s’organiser et d’unir nos forces. Quoi de mieux pour convaincre les collègues que de faire le tour des lieux de travail à plusieurs, de différents services, associations ou employeurs ?

En ce sens, l’idée d’un cortège de secteur à la prochaine manifestation, proposée pendant la réunion, est un point d’appui important pour rendre visible les secteurs et développer les liens entre grévistes.

D’autre part, un lieu d’échanges pour faire vivre la lutte entre deux dates de manifestations. Rompre l’isolement et s’organiser collectivement pour surmonter les différentes difficultés rencontrées permet d’envisager d’approfondir la dynamique de lutte, en proposant événements, rencontres et actions en dehors des dates de manifestation appelées par l’intersyndicale, qui ne sont pas suffisantes.

En plus du calendrier de la lutte se pose aussi la question de l’élargissement des revendications. Alors que mardi soir, plusieurs interventions soulignaient le caractère politique du mouvement actuel et la question des salaires, ou encore des conditions de travail et d’accompagnement, il apparaît essentiel de déterminer collectivement les revendications que nous voulons porter pour l’ensemble du mouvement, mais aussi pour nos secteurs, afin d’élargir au maximum la mobilisation.

Se coordonner entre différents secteurs

Enfin, il est essentiel de souligner que le travail social et l’animation ne sont pas les seuls secteurs à se mobiliser et à s’organiser à Montpellier. Les cheminots, dont l’intersyndicale appelle à la reconductible, sont également mobilisés et tiennent piquets de grève et assemblées générales au siège de la direction régionale à Rondelet tous les jours.

Le personnel et les enseignants de la fac de sciences sont particulièrement organisés depuis le début du mouvement et organisait mardi matin un rassemblement dans l’université. Le secteur de l’éducation s’organise lui aussi en assemblée de secteur depuis plusieurs semaines. La CGT Nicollin annonçait 100% de grévistes le 7 mars, avec la volonté de reconduire.

Dans la jeunesse, les lycées Joffre et Clémenceau ont été bloqués ce mardi 7 mars, et le comité de mobilisation de l’université Paul Valéry, actif depuis le 19 janvier, bloquait la fac ce mercredi 8 et organisait une assemblée générale qui a réuni près de 300 personnes.

Dans la même logique que celle de l’assemblée de secteur, il est indispensable pour durcir le mouvement de se rencontrer et de se coordonner entre ces différents secteurs en lutte.

A l’appel du comité de mobilisation de la fac Paul Valéry, de différentes organisations syndicales des personnels des universités, de la FSU 34, de Sud Santé Sociaux 34 et de Sud Education 34, une réunion inter-professionnelle se tiendra le lundi 13 mars, le lieu restant à définir. Un événement qui pourrait marquer un cap pour la mobilisation à Montpellier.

Pour se rapprocher de l’assemblée de secteur du travail social et de l’animation : [email protected]

Pour se rapprocher de l’assemblée interprofessionnelle du lundi 13 mars : [email protected]


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