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Antimilitarisme

Libérez Tal Mitnick, 18 ans, emprisonné pour avoir refusé de servir dans l’armée israélienne !

Tal Mitnick, jeune militant pacifiste israélien de 18 ans a été emprisonné mardi pour avoir refusé de faire son service militaire et de participer à « la guerre de vengeance » de Tsahal, dont il dénonce les agissements dans une lettre. Un geste courageux, qui montre la voie d'une alliance entre Palestiniens et Israéliens pour la fin de la situation coloniale en Palestine.

Lorélia Fréjo

28 décembre 2023

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Libérez Tal Mitnick, 18 ans, emprisonné pour avoir refusé de servir dans l'armée israélienne !

« Je ne veux pas participer à la poursuite de cette oppression et de ce bain de sang » ce sont les mots de Tal Matnick, jeune israélien de 18 ans, qui a refusé de faire son service militaire obligatoire. Pour ce choix, il a été mis en détention dans une prison militaire pour 30 jours par l’État d’Israël. Ce mardi matin, il s’était rendu avec une cinquantaine de ses proches et de militants devant la base militaire de Tel Hashomer, près de Tel-Aviv, pour protester contre les agissements de l’armée israélienne et annoncer son refus de faire son service militaire.

Il est le premier objecteur de conscience à déserter le service militaire israélien depuis le 7 octobre. Dans une lettre, retranscrite en français par le journal Libération, il explique son choix comme le refus « de s’enrôler dans une armée qui croit que le vrai problème peut être ignoré, sous le couvert d’une guerre civile, avec un gouvernement qui ne fait qu’entretenir le deuil et la douleur » alors qu’« il n’y a pas de solution militaire à un problème politique ».

Le militant pacifiste dénonce la politique du gouvernement de Netanyahou qui a pour conséquences « l’aggravation de l’oppression » à Gaza et en Cisjordanie, « la propagation de la haine et l’expansion de la persécution politique fasciste en Israël ». Mais Tal Matnick rappelle également qu’« avant la guerre, l’armée gardait les colonies, maintenait le siège meurtrier de la bande de Gaza et préservait le statu quo de l’apartheid et de la suprématie juive sur les terres situées entre le Jourdain et la mer. » Il conclut son texte par un appel à l’union des Palestiniens et des Israéliens et explique : « le changement ne viendra pas de politiciens corrompus ici, ni des dirigeants du Hamas, qui sont eux aussi corrompus. Il viendra de nous, les peuples des deux nations.

Pour son refus de participer à cette guerre de « vengeance » et son appel à cesser la « violence », le militant israélien a été placé en détention pour 30 jours par l’État Israélien. Une peine qui pourrait être prolongée pendant plusieurs mois. Comme lui, d’autres militants pacifiques, aussi appelés « refuznik », refusent de participer à la guerre israélienne, comme Ella Keidar qui expliquait en novembre dernier au média turc TRT : « je ne veux pas servir dans une armée qui impose l’occupation, met en place un régime raciste et joue un rôle dans l’oppression du peuple palestinien dans ce projet d’exploitation ».

Pour leur engagement ces militants subissent les agressions des colons israéliens d’extrême droite et la répression de l’état d’Israël car l’enrôlement militaire est obligatoire et son refus peut entraîner la prison. En 2022, Elinat Garlitz, militante de 20 ans a été détenue 3 mois dans les prisons israéliennes pour avoir refusé de servir, comme le rapporte Ouest France. « On m’a déjà dit d’aller me faire violer par le Hamas, ou de me faire bombarder à Gaza » raconte de son côté une autre militante, Sofia Orr, qui dit avoir été accusée de « trahison » pour son engagement.

Cette tradition militante de refus de s’enrôler pour les guerres israéliennes ne date pas d’aujourd’hui mais existe depuis la fondation d’Israël en 1948. En 2001, pendant la deuxième Intifada, 60 lycéens s’étaient par exemple opposés au service militaire en déclarant : « Nous protestons devant vous contre la politique raciste et agressive que mènent le gouvernement israélien et son armée, et ce afin de vous informer que nous n’avons pas l’intention de participer à l’exécution de cette politique ». Des positions courageuses face au très large consensus sioniste et raciste qui traverse la société israélienne et n’a fait que se renforcer ces dernières décennies, qui montrent la voie d’une potentielle alliance entre la population israélienne et palestinienne contre l’apartheid et la colonisation et pour un État commun, ouvrier et socialiste, où Arabes et Juifs pourraient vivre en paix.


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