^

Notre classe

Entre températures caniculaires et profits à tout prix…

Le bagne made in PSA !

Yann Hamard, ouvrier au montage à PSA Mulhouse En vingt-cinq ans d’ancienneté, jamais je n’avais vu un tel mépris de la part d’une direction envers les salariés ! Lors de la semaine 27, la première de juillet, malgré une température avoisinant les 40 degrés (voir au-delà), la direction n’a pas hésité à faire travailler tous les salariés de PSA dans des conditions avoisinant celles du bagne de Cayenne !

vendredi 10 juillet 2015

Mais bien entendu, pour se donner bonne conscience, nous avons eu droit, sous l’air chaud propulsé par quelques ventilateurs, à une bouteille d’eau fraîche réchauffée au bout de dix minutes ainsi qu’un laps de temps analogue nommé pudiquement « Arrêt chaleur ». Le tout arrosé copieusement par les bruits assourdissants d’engins de chantier accompagnés d’odeurs pestilentielles dues aux travaux de démantèlement d’une des lignes de montage.

Intoxiqués

Mais la cerise sur le gâteau fut l’invasion d’un nuage de fumée toxique qui, faisant fi de la bâche ridicule sensée nous protéger desdits travaux, a intoxiqué la majeure partie des salariés de la tournée B. Avant qu’un danger grave et imminent ne soit déposé, la direction n’a pas trouvé mieux que de distribuer des masques en papier filtre… qui ne servaient à strictement rien car ce type de protection ne filtre que l’air expiré et non celui que nous inspirons !


Pour la direction, nos vies ne valent rien

Par contre, ce qui me révolte et me sidère à la fois, ce sont les consignes audiovisuelles adressées aux personnes en cas de canicule (« Buvez de l’eau et fermez vos volets ». « Ne faites pas de sport », etc., etc.) Ainsi vous serez protégés … quand vous serez chez vous ! Ce qui sous-entend qu’au boulot on peut crever.

On a l’impression qu’il faudrait attendre qu’il y ait des morts pour que les choses changent et, sans vouloir être alarmiste, c’est ce qui finira par arriver tôt ou tard. Le comble de l’idiotie est que les pannes techniques qui se sont succédé (dont une avoisinant les deux heures) ont affiché des pertes énormes pour la direction. Mais comme à son habitude, celle-ci n’a pas hésité à réitérer vers un nouveau plan de mesures d’heures supplémentaires gratuites à gogo le 14 juillet, sur deux équipes avec une amplitude horaires de 10 heures de travail, afin de tenter de combler les « retards ».


Ras-le-bol généralisé

Dans ce contexte lorsqu’on entend des intérimaires qui ne demandent qu’à partir, même en sachant que ce qui les attend est le chômage et la précarité, on peut les comprendre ! Et dans le même temps, dans les équipes, il manque du monde partout, l’absentéisme atteint des niveaux historiques, tous les jours les secteurs démarrent avec du retard, ce qui en dit long sur le ras-le-bol des ouvriers. C’est seulement dans ce contexte qu’on peut comprendre pourquoi la direction se voit obligée de faire venir une centaine d’intérimaires pour le seul montage (alors qu’elle venait de faire partir 450 sur toute l’usine), histoire de combler les « trous » sur la chaîne. On aurait mieux fait de garder et d’embaucher tous les intérimaires, en partageant le travail qui ne manque pas !


Bagne made in PSA

Forcer un être humain à travailler dans un four, c’est de la torture, et il serait peut-être temps que le gouvernement prenne de sérieuses mesures afin d’éviter qu’une hécatombe ne se produise un jour. Mais vu que celui-ci est à la botte du Medef, on peut rêver… Il faudra plutôt compter sur nos propres forces, sur cette colère sourde qui s’accumule et qui risque d’exploser tôt ou tard dans un cri de révolte. Et que ceux qui nous massacrent et nous torturent tous les jours ne se plaignent pas si cette explosion s’avère plus que violente.




Mots-clés

PSA   /    Automobile   /    Notre classe