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Meeting du Réseau pour la grève générale

« La jeunesse peut faire basculer la situation » Ariane, étudiante, au meeting pour la grève générale

Ce lundi 13 mars se tenait un meeting du Réseau pour la grève générale. Parmi les nombreux intervenants provenant de différents secteurs en lutte, voici l'intervention de Ariane, étudiante en droit à Paris 1 et militante à Révolution Permanente et au Poing Levé.

Ariane Anemoyannis

14 mars 2023

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« La jeunesse peut faire basculer la situation » Ariane, étudiante, au meeting pour la grève générale

Crédits photo : Révolution Permanente

« Bonsoir à toutes et tous,

Pour me présenter, je m’appelle Ariane et je suis étudiante en droit à Paris 1. Moi je milite depuis presque cinq ans à Révolution Permanente et au Poing Levé, et je pense que jusqu’à ce mouvement contre la réforme des retraites j’avais jamais autant ressenti le fait que l’histoire est vraiment entre nos mains. 

Tout le monde l’a vu : le 7 mars, ça a été a grève une grève et une mobilisation inédites. Mais ce qui est historique, c’est pas juste le 7, mais c’est les potentialités immenses qu’on a devant nous, et qu’on est justement ce soir on cherche à voir comment est-ce qu’on les déploie et qu’on les développe jusqu’au bout pour voir comment gagner.

Depuis le 19 janvier, il y a une avant-garde qui se mobilise sur les facs. C’est pas la mobilisation qu’on peut voir habituellement : vous avez tous vus dans les cortèges étudiants ceux des écoles d’archi, d’art, qui ne sont pas les plus mobilisés habituellement et qui aujourd’hui constituent un peu le coeur des cortèges dans les manifestations, qui s’organisent sur leurs écoles. Et à l’image d’un mouvement très fort dans les petites et moyennes villes, dans les facs de Dijon, Caen, Limoges, ya des centaines d’étudiants qui s’organisent, qui occupent même des bâtiments de leur fac pour les mettre au service de la mobilisation et de la construction du rapport de force.

Contrairement à ce que dit Berger quand il dit qu’il faut surtout pas politiser le mouvement contre la réforme des retraites, la force de la jeunesse, c’est précisément que notre colère est politique, et qu’elle dépasse largement la question du simple retrait de la réforme.

Si vous allez manifester à côté des cortèges étudiants, vous allez sans doute entendre des slogans sur l’écologie, sur le féminisme, contre les violences policières, contre la précarité. Et c’était pas un hasard mais le 8 mars, le lendemain de la mobilisation historique du 7, on a été des dizaines de milliers de jeunes à reconduire la mobilisation pour la journée de lutte internationale pour les droits des femmes, et en portant des revendications qui allaient dans le sens de dire qu’on voulait faire de cette journée une journée de mobilisation et de grève historique, féministe, politique, contre Macron et toutes les attaques qu’il fait aux femmes et aux minorités de genre.

Et c’est précisément pour cela que le gouvernement s’acharne à réprimer autant les lycéens et les étudiants depuis le début de la mobilisation : parce qu’il est profondément hanté par un déferlement de la jeunesse qui pourrait faire basculer la situation.

Depuis le début, il y a 30 étudiants de l’EHESS qui ont été en garde à vue pour avoir occupé une salle de leur école, des CRS sont allés déloger les étudiants qui faisaient une AG à la fac de Strasbourg, et la police est allée débloquer le blocus de Lille 2. Et du côté des lycéens, les lycéens de Racine ont des poursuites judiciaires pour avoir bloqué leur établissement contre la réforme des retraites, et c’est plein de jeunes qui ont fait des garde à vue pendant plus de 24 heures pour s’être mobilisé et pour avoir fait une manif sauvage le 16 février.

En faisant ça, le gouvernement veut briser une génération qui sait qu’elle a tout à gagner à se battre maintenant pour le monde de demain, et qui sait surtout qu’un autre monde est nécessaire mais aussi possible.

Nous on pense que la répression c’est un problème collectif du mouvement, et c’est pour ça qu’en AG interfacs on a organisé un rassemblement contre les violences policières le 17 février devant le lycée Racine. Parce qu’en tant qu’étudiants, profs, travailleurs on doit s’organiser concrètement pour permettre à la mobilisation lycéenne de déployer toutes ses potentialités. Et on doit leur montrer qu’ici, il n’y a pas de place pour l’individualisme, que personne ne sera laissé de côté, et que c’est ensemble qu’on fera face à toutes les violences policières et à toutes les violences d’Etat !

Faire ça, c’est se donner les moyens d’élargir le mouvement mais c’est aussi donner les moyens à la jeunesse de répondre au signal du monde du travail qui reconduit la grève pour durcir le ton.

Depuis le début de la mobilisation, on cherche à multiplier les initiatives pour déborder le plan de l’intersyndicale, parce qu’on sait évidemment que leur calendrier ne suffira pas à gagner contre Macron et l’avenir qu’il nous prépare.
C’est pour ça qu’après le 7 février, on a reconduit la mobilisation au 8 et qu’on a fait une manif sauvage dans le quartier latin. Et c’est pour ça aussi qu’aujourd’hui en AG à Paris 1, on a voté de reconduire la mobilisation du 15 mars au lendemain, le 16, pour ne pas rester les bras croisés pendant que le gouvernement passe en force avec le 49.3.

Je parlais des slogans dans les cortèges étudiants, mais si vous regardez nos pancartes, vous en verrez plein qui disent « tu nous mets 64 on te re-mai 68 », parce que nous aussi on a cet imaginaire collectif d’une expérience explosive des étudiants et des travailleurs unis pour tout renverser.

Nous, aux côtés de la classe ouvrière, on veut être la jeunesse qui cherche à déborder l’intersyndicale, la jeunesse anti-Berger, celle qui ne lutte pas simplement pour un retour à la normale, qui ne se contente pas de miettes, qui n’attend pas les bras croisés en pensant que les pressions sur et au sein du parlement vont construire un quelconque rapport de force.

Nous on a un avenir à construire, une planète à sauver, et un système à changer, et pour ça, il faut évidemment construire la grève générale dans le pays, que la jeunesse prenne pleinement le train de l’histoire en qu’on mette toutes nos forces dans la bataille pour paralyser le pays et gagner contre Macron.

Mais pour ça, il faut qu’on ait la détermination d’aller jusqu’au bout, qu’on ait l’ambition de construire un vrai mouvement de masse capable de faire plier Macron aux côtés des travailleurs : on ne peut pas se contenter de faire des AG à quelques centaines, on doit faire en sorte d’élargir la mobilisation. Ça veut dire qu’on doit s’efforcer à construire des AG avec plusieurs milliers d’étudiants, pour être ensuite des centaines de milliers en manif, pour être suffisamment nombreux pour réquisitionner nos facs et nos lycées, les mettre au service de la mobilisation, en faire des hauts lieux de la grève, où les travailleurs peuvent laisser leurs enfants dans des garderies auto-organisées, où on met en place des distributions alimentaires pour les familles du quartier, où on arrive à faire des AG massives mais aussi des évènements culturels et artistiques au service d’un autre idéal politique que celui du monde actuel. 

Faire tout ça, c’est se donner les moyens d’aller chercher non seulement la retraite à 60 ans sans condition d’annuité, mais aussi l’indexation des salaires sur l’inflation, le retrait de la loi Darmanin, l’abrogation du SNU, la fin de la sélection, et plus profondément que ça, c’est nous donner à toutes et tous ici une occasion en or pour faire payer Macron et le patronat pour toute l’exploitation et les oppressions qu’on subit quotidiennement dans leur monde à eux. »


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