^

Monde

Très bons résultats électoraux du FIT à Buenos Aires et à Neuquén

L’extrême gauche trotskyste s’affirme comme une force électorale en Argentine

Fernando Rosso Ce dimanche 26 avril, des élections se sont tenues à Buenos Aires et dans la province de Neuquén. Dans le premier cas il s’agissait des « primaires obligatoires » [où pour avoir le droit à se présenter aux élections générales les candidats doivent recueillir a minima 1,5% des votes exprimés] pour l’élection du maire et des membres du conseil municipal. A Buenos Aires les élections générales auront lieu le 5 juillet. Dans le cas de Neuquén, où la loi sur les primaires obligatoires ne s’applique pas, il s’agissait d’élire le gouverneur et les députés provinciaux. Une nouvelle fois, le FIT [Front de l’extrême Gauche et des Travailleurs] a obtenu de très bons résultats.

mercredi 22 avril 2015

Le FIT : l’extrême gauche à Buenos Aires

A Buenos Aires, c’est la formation de droite PRO du maire sortant, Mauricio Macri, qui est arrivée en tête, suivie du front ECO (Energie Citoyenne Organisée), tandis que le candidat du Frente Para la Victoria, le parti de la présidente Christina Kirchner, n’arrive qu’en troisième position.

Malgré une démultiplication de candidatures de l’extrême gauche dans ces primaires obligatoires, le FIT devient la quatrième force politique, et la première de l’extrême gauche, avec 41 250 voix (2,3%) pour la candidate-maire Myriam Bregman (PTS) et 46 350 voix (2,6%) pour la liste de candidats au conseil municipal (en Argentine, il s’agit de deux scrutins distincts), à la tête de laquelle se trouvait Marcelo Ramal (Parti Ouvrier, PO).

Ces résultats sont obtenus dans un contexte où le kirchnerisme présentait sept listes avec un profil politique de centre-gauche, où il n’y a pas eu d’espaces gratuits de propagande politique et où il fallait faire face à des candidats soutenus par des appareils utilisant d’énormes ressources privées et étatiques.

Myriam Bregman, dirigeante du PTS et avocate reconnue pour la lutte pour les Droits de l’Homme, est devenue l’une des figures de l’extrême gauche lors de ces primaires. Aux élections de juillet, son unique concurrent d’extrême gauche sera Luis Zamora, figure traditionnelle à Buenos Aires, mais qui ne représente aucune base militante. Quant à l’élection du conseil municipal, le FIT aura 2 concurrents à l’extrême gauche : le candidat de Zamora, et Itaí Hagman pour la liste de Camino Popular.

Ces résultats marquent une avancée significative pour le FIT : par rapport aux dernières élections locales à Buenos Aires en 2011, celui-ci a remporté trois fois plus de voix pour le poste de maire (14 000 voix, soit 0,78% en 2011) et deux fois plus pour les candidats au conseil municipal (18000 voix à l’époque, soit un peu plus de 1%). Et ces résultats pourraient être plus importants encore aux élections de juillet.

Neuquén : une très bonne élection et un député de plus pour les travailleurs !

Dans la province de Neuquén, c’est le traditionnel MPN (Mouvement Populaire de Neuquén) qui s’est imposé avec plus de 37% des voix. Le FPV de Kirchner arrive en deuxième place avec 28%.

La candidate du FIT au poste de gouverneur, Gabriela Suppicich (PO), a réalisé un très bon score électoral avec 12000 voix, soit 3,4% (contre 7500 voix en 2011). La liste de candidats au parlement provincial conduite par Raul Godoy, ouvrier de l’usine sous contrôle ouvrier Zanon/FaSinPat et dirigeant du PTS, a obtenu plus de 16000 voix (4,7%), une progression de 35% par rapport à 2011 où la liste du FIT avait obtenu 10400 voix. Cette différence significative en faveur de la liste conduite par Godoy est une démonstration du symbole qu’incarne la lutte de Zanon pour la population, et une reconnaissance envers Godoy en tant qu’une de ses figures dirigeantes.

Avec ces résultats, la liste conduite par Godoy réussit non seulement à conserver le siège de député conquis en 2011 mais à en conquérir un second. Celui-ci sera occupé par Patricia Jure du PO.

La consolidation nationale du FIT

Si l’on considère l’ensemble des élections qui ont eu lieu depuis le début de l’année dans les provinces de Salta, Mendoza, Neuquén et Buenos Aires, on constate une augmentation des voix par rapport à 2011 et la confirmation de la consolidation du FIT qui a commencé en 2013.

En outre, dans les grandes provinces soumises aux primaires, il est probable que le nombre de voix augmente lors des élections générales, et que le FIT puisse élargir sa représentation législative.

Le 3 mai prochain, Nicolas del Caño (PTS) sera candidat à la mairie de Mendoza, où lors des primaires obligatoires il avait obtenu 14% des voix. Ce scrutin pourrait réserver de nouvelles surprises pour le FIT.

27/04/15




Mots-clés

FIT   /    Monde