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L’Etat d’Israël impose un véritable apartheid vaccinal à la population palestinienne

La campagne nationale de vaccination israélienne est vantée comme un succès à l’échelle internationale. En effet, près d’un quart de la population a été vaccinée, moyennant l’achat de vaccins 40 % plus cher que le marché US. Mais surtout une vaccination qui inclut les colons mais exclut des millions de palestiniens qui n’ont eu le droit ce week-end, en Cisjordanie, qu’à cinq mille premiers vaccins, une goutte d’eau alors qu’Israël vaccine massivement sa population.

lundi 25 janvier

Crédits photos : AFP

Très touché par la pandémie, le pays de neuf millions d’habitants avait enregistré des chiffres record ainsi que le plus fort taux de contamination au coronavirus dès le mois de septembre. Alors que le premier ministre Benjamin Netanyahu était la cible d’un mouvement de contestation depuis plusieurs mois, en raison de sa gestion erratique de la crise sanitaire et économique, l’Etat coloniale israélien était le premier pays à reconfiner totalement son territoire à compter du 18 septembre.
Avec huit millions de doses achetées au laboratoire Pfizer, l’Etat d’Israël a débuté sa campagne de vaccination dès le 20 décembre et s’est largement accélérée à la veille de 2021, prenant un caractère massif.

Mais Bien que la campagne de vaccination batte son plein en Israël avec près de deux millions de personnes vaccinées à la mi-janvier, ce n’est pas le cas de toute la population du pays. En effet, Michael Link, rapporteur spécial sur la situation des droits de l’Homme dans les territoires palestiniens occupés et Tlaleng Mofokeng, rappoteur spécial sur le droit à la santé ont rappelé que « Le déploiement par Israël de son programme de vaccination contre la pandémie de coronavirus pour ses citoyens a été impressionnant. Israël a fourni le pourcentage plus élevé que tout autre pays ».

Malgré cela, tout le monde n’est pas concerné et surtout pas les palestiniens résidant dans les territoires occupés de Cisjordanie et de la bande de Gaza. Si une minorité de palestiniens bénéficiant du statut de résidant à Jérusalem Est ont pu être vaccinés, le gouvernement « n’a pas garanti que les Palestiniens sous occupation en Cisjordanie et à Gaza auront un accès quasi-futur aux vaccins disponibles » affirment les deux rapporteurs. Selon la ministre de la santé israélienne, la campagne de vaccination devrait commencer fin janvier voire début février mais en réalité, la vaccination en Cisjordanie ne devrait commencer qu’en mars voire en mai, malgré les différents appels d’Amnesty International et d’experts indépendants de l’ONU à assurer l’égalité d’accès aux vaccins pour les Palestiniens.

Victimes de la pauvreté et d’un système de santé largement détérioré par les bombardements israéliens qui continuent malgré la crise sanitaire, ce sont aujourd’hui près de 4,5 millions de Palestiniens qui sont privés de vaccin et donc très vulnérables au Covid-19, tandis que les citoyens israéliens sont vaccinés en masse, et ce à seulement quelques kilomètres. Des milliers de palestiniens devront donc attendre beaucoup plus longtemps que le reste du pays pour espérer se faire vacciner et patienter jusqu’à ce que l’autorité palestinienne obtienne l’aide internationale qu’elle espère.

En pleine crise sanitaire, l’Etat Israël illustre une nouvelle fois son visage : celui d’un Etat coloniale qui en plus d’occuper des territoires, avec des palestiniens, parqués en Cisjordanie et sur dans bande de Gaza, refuse à répondre l’urgence sanitaire de territoires qu’elle occupe depuis 1967. Et cela alors que le pays aurait largement les moyens de vacciner tout le monde et ce, au vu de la politique de vaccination de masse qu’il mène dans la période. En ce sens, l’Etat colonial israélien mène un véritable régime d’apartheid vaccinale envers le peuple palestinien.

En ce sens, et comme nous l’avions dit dans un article précédent, « il est pour cela nécessaire de soutenir le peuple palestinien contre l’oppression sioniste et dans la lutte pour le droit à l’auto-détermination palestinienne, contre l’occupation d’Israël, dont le choix quant aux vaccins pour une certaine partie de la population n’est que la plus récente expression de cette logique de ségrégation. »




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