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Des milliers de grecs remplissent la place Syntagma contre la Troïka

Diego Lotito La célèbre place Syntagma d'Athènes a réuni des milliers de personnes qui ont exprimé leur rejet du plan d'ajustement de la Troïka soumis au vote dimanche prochain.

mardi 30 juin 2015

Des dizaines de milliers de personnes, selon la presse, ont convergé lundi vers la place Syntagma, où se trouve le parlement grec, à l’initiative du gouvernement de Syriza, et en soutien au référendum. “Le pays n’est pas à vendre, ni ne sera soumis au chantage”, “résistance humaine contre le terrorisme financier”, “on vote non à l’austérité et aux mémorandums” ou “No Pasaran”, ont été quelques uns des slogans qu’on a retrouvé dans la manifestation, accompagnés de cris de “Oxi” (“Non” en Grec), c’est-à-dire non à l’austérité et aux coupes budgétaires.

Le premier ministre Alexis Tsipras a annoncé vendredi dernier la convocation d’un référendum dimanche 5 juillet, durant lequel les grecs seront amenés à décider si leur gouvernement doit accepter ou non le dernier plan d’ajustement proposé par l’Eurogroupe et le FMI, dans un contexte de rupture des négociations.

Alors que la délégation grecque avait fait une dernière proposition qui acceptait la majorité des exigences de la Troïka, le FMI a brisé le cadre de négociations en exigeant encore plus de réductions des pensions, d’augmentation de la TVA, plus de coupes budgétaires et la réduction des impôts aux grandes entreprises.

"Acceptez-vous le projet d’accord soumis par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international lors de l’Eurogroupe du 25.06.2015 et composé de deux parties, qui constitue leur proposition unifiée ?” Telle sera la question à laquelle devront répondre les grecs lors du référendum, et à laquelle le gouvernement de Tsipras défend le “Non”.

Même si dans le référendum, la priorité donnée au rejet de l’ultimatum de la Troïka est explicite – le “Non” apparaît en premier dans le bulletin -, la volonté de Tsipras et de son gouvernement est exprimée dans sa dernière proposition présentée de la semaine dernière, qui accepte 90% des exigences des créditeurs. Si Tsipras soutien le “Non”, son objectif est bien de reprendre les négociations avec l’UE afin d’obtenir un plan d’ajustement plus modéré que ce qui est exigé actuellement par l’Europe et le FMI.

C’est pour cela que certains secteurs voient avec méfiance le référendum. Le rejet de la politique anti-ouvrière et l’humiliation impérialiste organisée par la Troïka est présente pour des milliers d’entre eux qui voient dans ce vote une manière de refuser ces politiques, mais aussi pour ceux qui se méfient de ses conséquences. La lutte des classes reste la seule alternative pour en finir avec la misère et la soumission du peuple grec aux diktats des banquiers et capitalistes.

Tsipras appellerait à des nouvelles élections s’il perd le référendum

Le premier ministre a affirmé ce lundi qu’il respectera la volonté du peuple dimanche prochain et qu’il ne pense pas rester premier ministre à tout prix. Il a déclaré dans une interview avec ERT : “Je ne serai pas premier ministre à jamais”, laissant entrevoir qu’il pourrait démissionner si le “Non” n’était pas vainqueur.

« On va survivre et on va décider de notre futur », a-t-il déclaré, avant de rajouter qu’« après-demain le soleil se lèvera toujours à l’Est, et les gens continueront à avoir de l’oxygène, car les grecs survivront même sans programme de sauvetage ».

Tsipras a aussi laissé comprendre que la Grèce ne remboursera pas au FMI les 1600 millions d’euros de prêt dus mardi prochain. Il a déclaré que la Grèce « paiera si on trouve un accord soutenable » exprimant ainsi sa confiance dans l’ouverture de nouvelles négociations.

La manifestation de lundi dernier a eu lieu le premier jour du gel des épargnes imposé par le gouvernement, une mesure de contrôle des capitaux qui maintient fermées les banques du pays jusqu’au lendemain du jour du référendum. Que ce soit pour un travailleur, un petit épargnant, ou un entrepreneur, les citoyens grecs ne pourront retirer que 60 euros par personne et par jour, à l’exception des touristes.

Le climat généré par le gel des épargnes, dans le cadre d’une campagne réactionnaire des représentants de l’Europe capitaliste et de l’opposition de droite en faveur du « Oui », sera décisif pour le résultat du vote.

Le gel des épargnes est une mesure défendue par le gouvernement de Tsipras pour éviter une fuite des capitaux qui affecte principalement les salariés et les petites épargnes, puisque cela fait des semaines que les grands capitalistes grecs et étrangers déplacent vers l’étranger leur argent.

Pour vaincre l’offensive impérialiste de l’Eurogroupe et du FMI, le peuple grec devra canaliser sa haine de la Troïka à travers la mobilisation, en faisant confiance à ses propres forces. De cette manière on pourra imposer de véritables mesures de défense des intérêts des travailleurs et des classes populaires en général (comme, par exemple, la nationalisation du commerce extérieur et de tout le système bancaire sans compensation et sous contrôle des travailleurs), le seul chemin pour récupérer tout ce qui a été perdu et pour en finir avec la misère. Un chemin de lutte, dans lequel le peuple grec pourra compter sur la plus large solidarité internationale.




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