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Récit

Aéroports, usines automobile, compagnies pétrolières… : retour sur la grève massive en Argentine

La grève de ce mercredi en Argentine a montré qui fait fonctionner le pays et qui peut l'arrêter. Lucho Aguilar revient sur les différents secteurs qui ont arrêté le travail, des raffineurs aux fonctionnaires en passant par les ouvriers des pneumatiques, de l’automobile ou de l’agro-alimentaire.

Lucho Aguilar

25 janvier

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Aéroports, usines automobile, compagnies pétrolières… : retour sur la grève massive en Argentine

Article traduit de La Izquierda Diario.

Peu avant minuit ce mardi, les panneaux d’affichage des aéroports du pays étaient teintés de rouge en raison des vols annulés suite à la grève des pilotes, rejoints par le reste des syndicats de l’aviation. Les turbines sont restées silencieuses toute la journée. Les chaînes de production des grands constructeurs automobiles aussi. Toyota a arrêté de produire un pick-up Hilux toutes les 90 secondes et Ford a été paralysé à partir de midi (heure du début de la grève, NdT). Au même moment, à quelques mètres de là, les travailleurs de l’équipe du matin de Mondelez Pacheco se levaient de leurs machines. La même chose se produisait à quelques kilomètres de là, chez Georgalos (anciennement Stani, entreprise dans l’agro-alimentaire) et Fate. Les ouvriers du pneumatique entamaient de manière synchronisée avec leurs collègues de Pirelli et Bridgestone une grève qui allait durer non pas 12 mais 19 heures. Les bâtiments téléphoniques qui « communiquent » avec le pays étaient presque vides à la mi-journée. Les hôpitaux n’accueillaient que les urgences.

Où que vous posiez le doigt sur la carte du pays, vous trouverez de nombreux points « chauds » de la grève : dans le bassin de Neuquén, la grève du pétrole a été fortement suivie, de même que dans les compagnies pétrolières du bassin du fleuve Paraná, dans les grandes usines sidérurgiques de Campana, Villa Constitución et du sud de Buenos Aires, ou du côté des flottes de camions qui assurent les chargements dans de nombreux ports. Le « grenier » du monde et autres symboles de l’Argentine capitaliste ont été privés des forces qui les animent. Un journal a même déclaré que si la grève avait duré 24 heures, elle aurait entraîné des pertes équivalentes à 1,5 milliard de dollars. A sa manière, il avouait ainsi qui produisait la richesse. Les transports ont eux continué à fonctionner jusqu’en fin d’après midi, sous prétexte d’« aider les mobilisations ». Mais à 1h, il n’y a plus de trains ni de bus et de nombreux commerces ont dû fermer leurs portes. Les avenues étaient vides.

Heure par heure la grève générale a montré ce dont la classe ouvrière est capable lorsqu’elle se lève. Malgré les directions syndicales, leur manque de volonté et leurs accords avec les patrons, des millions de personnes ont manifesté toute leur colère après seulement 40 jours d’administration de Milei. Ce n’est pas rien. Cela faisait cinq ans que les directions syndicales leur liaient les mains. « Il faut tenir » leur juraient-elles. Ce sont les mêmes qui, ce mercredi, ont refusé d’arrêter les transports, ce qui aurait permis aux travailleurs précaires de « justifier » leur absence, et qui n’ont pas non plus mis en place de navettes pour la manifestation. Ainsi, au-delà de la campagne de la droite, les grèves et les mobilisations de ce mercredi ont montré où se trouvait la force pour faire échouer le plan de Milei et des grands patrons, et pas pour négocier quelques améliorations.

Mardi prochain, jour d’examen de la loi Omnibus à l’Assemblée, il va falloir exiger à la CGT, la CTA et à tous nos syndicats qu’ils convoquent une journée de mobilisation encore plus marquante. D’ici là, nous devons tout faire pour l’impulser par en bas. Revenons ici sur la façon dont la grève s’est déroulée dans tout le pays hier.

Entre les usines et le Congrès : la grève à Buenos Aires

Avec La Izquierda Diario, nous avons reflété, dès les premières heures de la matinée le déroulement de la grève et des mobilisations dans tout le pays. Nos correspondants ont envoyé les données que les grands médias cachaient. « Normalité totale » affirmaient-ils. Ceux qui se trouvaient dans la capitale Buenos Aires devaient, en plus de faire grève, relever le défi de faire déborder la place du Congrès, bien que leurs dirigeants n’aient pas consacré beaucoup d’efforts à cet objectif. Commençons par là.

« 300 vols annulés. Je n’ai pas vu ça depuis longtemps » déclarait hier Federico, un contrôleur aérien. Le message est double : les travailleurs de l’aéronautique rejettent les mesures de Milei mais aussi la privatisation d’Aerolíneas Argentinas. Martín Brat, délégué du GPS, raconte que « l’aéroport a été complètement paralysé. Le cortège de l’APA (personnel aéronautique) a réuni 2000 personnes, avec 120 camarades nous sommes allés défendre l’unité et un plan de bataille ». « Nous sommes tous partis des bureaux du Subte pour nous rendre au siège du syndicat », raconte de son côté Florencia Saracho, délégué au conseil d’administration de la Foetra (Télécommunications) pour l’Agrupación Violeta (tendance syndicale liée au Parti des Travailleurs Socialistes (PTS)). « Nous nous sommes retrouvés au siège du syndicat et il y avait plus de 1 000 camarades qui se rendaient à la manifestation. »

Dans la ville de Buenos Aires, le syndicat des fonctionnaires était également dans le collimateur de Milei. « L’ATE (syndicat de fonctionnaires) a appelé à une grève de 24 heures, qui a été inégalement suivie, et l’UPCN (syndicat de fonctionnaires) a appelé à une grève de 12 heures en phase avec la grève de 12 heures de la CGT. Il y a eu des chiffres de participation importants, notamment du côté de l’ATE Travail, Développement social, CONICET. Avec des syndicats « en première ligne » comme l’ATE ou avec un frein à main comme l’UCPN, la base a montré une volonté de sortir et de lutter », déclare Leonardo Améndola, délégué de la tendance syndicale Marrón Clasista. Les bus et les métros ont rejoint la grève à 19 heures et la ville était à moitié vide. Au sein du syndicat du métro, les syndicalistes lutte de classes avaient bataillé pour mener une grève plus dure. Les directions d’autres syndicats ont choisi de contourner la grève, notamment du côté du commerce et de la restauration. Chez les camionneurs, les travailleurs des imprimeries ou des banques, la mobilisation a en revanche été forte.

La grève dans la zone métropolitaine de Buenos Aires

Zone Nord. « L’usine s’est arrêtée l’après-midi et au début de la matinée » affirment les militants de la tendance syndicale Bordó de Mondelez Pacheco. Malgré l’attitude de l’entreprise et du syndicat, la grève a été suivie à 90 %. « Beaucoup de colère. 40 camarades ont marché avec nous jusqu’au Congrès ». Chez Georgalos (ex-Stani), la production a été paralysée et un secteur a défilé avec l’opposition. Chez les constructeurs automobiles, la grève a été très forte. « Toyota s’est arrêté et a mobilisé toute une équipe, beaucoup de monde, chez Ford l’arrêt était total. Volskwagen est "en vacances", mais 200 personnes ont défilé », explique un militant du Smata (syndicat de l’automobile). L’un des exemples les plus intéressants est celui de Lustramax, une entreprise de logistique appartenant à Comercio, qui dispose d’un syndicat interne militant. « Pour nous, c’était une grande grève et 40 camarades sont allés en bus au Congrès ».

Fate est une autre usine où la grève s’est fait sentir. Elle a duré 19 heures et plus de 200 travailleurs se sont rendus à la mobilisation avec le Sutna (syndicat du secteur pneumatique). L’Agrupación Granate (tendance syndicale) s’est battue pour qu’elle soit la plus active possible. Dans d’autres usines où les syndicats ont annoncé une grève mais se sont mis d’accord avec les patrons pour avoir les « portes ouvertes », il y a eu une participation importante, comme à Pilkington et dans plusieurs usines métallurgiques. Des usines sidérurgiques comme Siderca (Techint) ont arrêté une équipe entière, mais le syndicat (Furlán) s’est mobilisé sans beaucoup de motivation. A MadyGraf, les travailleurs ont une fois de plus fait forte impression en amenant deux bus à la mobilisation (comme l’UOM Campana). Et nous continuons à recevoir des retours.

Zone Sud. « L’aéroport d’Ezeiza a été l’un des endroits où la grève a été fortement ressentie : seul Flybondi a continué à fonctionner malgré l’importance d’Ezeiza en termes de transit de passagers et de marchandises, pour l’importation et l’exportation », déclarent les délégués syndicaux d’El Despegue. Les trains et les bus se sont arrêtés à 19 heures. La tendance Naranja des cheminots de la ligne Roca et d’autres groupes ont défilé avec les militants. Dans le secteur métallurgique, les importantes usines du groupe Techint Tenaris-Siat (Valentín Alsina) et Ternium-Siderar (Canning) se sont arrêtées à partir de midi. Dans le pôle pétrochimique d’Avellaneda, la situation était différente : l’Uocra (syndicat du BTP) a participé à la grève à partir de 8 heures, mais le syndicat du pétrole a empêché les travailleurs de Raizen-Shell d’y participer. « L’usine Bridgestone de Llavallol a été le théâtre de l’adhésion de ses travailleurs à la grève, ainsi que de nombreux hôpitaux et centres de santé où le syndicat Cicop s’est arrêté pendant 24 heures, mobilisant quelque 600 travailleurs sur la place du Congrès », explique Verónica, chroniqueuse à La Izquierda Diario.

Zone ouest. La grève a été observée dans de nombreuses entreprises de logistique et chez les chauffeurs routiers, dans certaines entreprises métallurgiques, et elle a été forte chez Pirelli. La journée a commencé tôt à l’hôpital Posadas, où se sont rassemblés des travailleurs de la santé, des habitants et des assemblées de quartier. Ils ont défilé dans plusieurs « trains de la résistance » sur la ligne Sarmiento. Le voyage de retour a montré l’état d’esprit de ceux qui avaient été les protagonistes de la journée. « Les assemblées populaires, les cheminots, l’hôpital Posadas, les travailleurs des usines qui s’étaient mobilisés, les délégations des syndicats sont revenus en chantant pour « unité des travailleurs », « cela ne suffira pas », « les trains ne sont pas à vendre » » raconte Virginia.

Jujuy, Córdoba, Rosario : la force du désenchantement

Milei se vante du fait que son projet séduirait la population de la province argentine mais dans de nombreuses villes où il a obtenu 60% des voix, la grève a été le moyen de commencer à exprimer le mécontentement à l’égard des politiques du nouveau gouvernement. Prenons quelques exemples. À Santa Fe, la grève a été fortement ressentie. Des syndicats comme ceux des travailleurs se sont distingués. Ils ont paralysé les grandes usines, y compris à San Lorenzo avec des piquets de grève, et ont mobilisé 7 bus pour le Congrès. Comme le rapporte cette chronique, « à Rosario, une foule a débordé la place du Monument pour manifester le rejet massif des politiques du gouvernement de Milei. Les trois centrales syndicales ont appelé à la manifestation. Il y avait un bloc indépendant dirigé par Amsafe Rosario, ATE Rosario, CTA Autónoma, Jaboneros, les contractuels du CONICET (CNRS argentin), les organisations sociales et le Frente de Izquierda ». Un autre point chaud était la Villa Constitución. « À partir de midi, la ville a vu toutes les entreprises métallurgiques et la grande entreprise sidérurgique Acindar paralysées. Des centaines de travailleurs ont abandonné leur poste et rejoint le rassemblement au rond-point d’Acindar », racontent nos correspondants.

A Cordoba, la grève a été inégale. Les confédérations syndicales sont allées jusqu’à organiser... deux manifestations. La première avec les syndicats d’Etat (délégations de l’Alimentation, de l’Uocra, de l’Aéronautique et des Banques) et les mouvements sociaux. L’UEPC Capital, le syndicat des enseignants investi par l’extrême-gauche, a organisé un important cortège. Le Cordobazo Cultural a marqué l’événement de son empreinte. Plus tard, un autre rassemblement a été organisé par les camionneurs, SMATA (syndicat de l’automobile), UOM (syndicat de la métallurgie) et Luz y Fuerza (syndicat de l’énergie), notamment. Plus de 20 000 personnes se sont mobilisées dans une ville qui a connu le chaos toute la journée. Des marches ont également eu lieu à Rio Cuarto, Rio Tercero, Traslasierra, Punilla et dans d’autres localités.

À Jujuy, la CGT et le CTA se sont mobilisés et ont organisé un rassemblement dans la capitale. Un bloc indépendant d’organisations sociales et syndicales et de l’extrême-gauche a exigé des centrales syndicales un plan de bataille. Une marche importante a également eu lieu sur le territoire de Ledesma. Comme le rapporte La Izquierda Diario, « il y a eu une mobilisation puis un blocage de la route 34 avec la participation d’organisations syndicales (délégués des travailleurs du sucre, travailleurs ruraux, travailleurs de l’État, travailleurs municipaux, enseignants) » ainsi que d’organisations sociales et du Frente de Izquierda. À Salta, plus de 10 000 personnes étaient présentes. « Il était difficile d’imaginer qu’en plein été, la volonté d’affronter le plan d’ajustement actuel serait aussi concrète, avec des travailleurs des stations-service, de la magistrature, de l’ADP, de Sitepsa, de l’ADIUNSa, des routiers, de l’UPCN (fonctionnaires), de la restauration, de l’UATRE, des fonctionnaires, des camionneurs, des travailleurs de l’aéronautique, des travailleurs municipaux, des chômeurs et des mouvements de travailleurs précaires », racontent nos correspondants. À Tucumán, les rues ont également transmis leur message. Des syndicats comme l’ATSA (santé), le SEOC (commerce), l’ATEP (enseignants), le SADOP (professeurs dans le privé), l’UOCRA (BTP), l’ATE (fonctionnaires) ainsi qu’un important cortège des travailleurs des banques, qui a commencé la journée en embrassant symboliquement la Banco Nación pour dénoncer le projet de privatisation de la Loi Omnibus, se trouvaient sur la Plaza Independencia. Alors que Gerardo Morales, Gustavo Sáenz et Osvaldo Jaldo (gouverneurs des régions de Jujuy, Salta et Tucuman) négocient ou concluent directement des accords avec Milei, les rues du nord-est argentins ont dit clairement non aux attaques de Milei !

La Patagonie a été un autre point chaud de la journée. « À Neuquén, ça a été l’une des plus grandes mobilisations de ces dernières années », affirment de nombreux militants qui ont arpenté les rues. Plus de 60 syndicats de la CGT et de la CTA se sont mobilisés dans le cadre de la grève générale. Les travailleurs du pétrole se sont mis en grève à 100% (avec des « gardes minimum ») mais n’ont pas manifesté. Cependant, des milliers de travailleurs de ces syndicats, ainsi que des organisations sociales, culturelles et de gauche étaient présents au Monument de San Martín. Andrés Blanco, dirigeant céramiste et élu du PTS-FITU, a déclaré : « Aujourd’hui, nous avons montré où se trouve la force nécessaire pour mettre en échec les mesures d’austérité de Milei ». Dans le Chubut, les manifestations à Comodoro Rivadavia, Trelew, Puerto Madryn, Esquel, Rawson et dans la Comarca Andina ont été importantes, ainsi que la grève dans de nombreux syndicats.

Grève, piquets de grève et casseroles : la formule anti-Milei

La grève d’aujourd’hui a exprimé la colère d’un secteur important des travailleurs, mais en respectant les « formes » autorisées par les dirigeants des synicats. Il s’agissait d’un premier round. Comme nous l’avons vu avec ce tour rapide, les travailleurs ont n’auront pas tardé à montrer les dents. Cette journée a été une démonstration face à la droite, mais aussi à ceux qui, au Congrès et du côté des bureaucraties, négocient le texte en échange de la promesse d’empêcher que s’exprime la force des travailleurs. S’il faut résumer trois conclusions de ce 24 janvier, on peut dire :

Premièrement. La classe ouvrière a montré qui fait tourner le pays. Les dénonciations contre les millions de dollars « perdus » et les centaines d’opérations répressives de Bullrich le confirment. À 12h, de nombreuses machines, voies de circulation et chargements ont été arrêtés. À 19 heures, la ville était presque vide. La grève a mis en lumière le « danger » que craignent les propriétaires du pays. Comme disait Lénine il y a plus de cent ans : « la grève apprend aux ouvriers à comprendre ce qui fait la force des patrons et ce qui fait la force des ouvrier ».

Deuxièmement. Dans les grandes villes, la convergence des syndicats avec d’autres secteurs affectés par l’ajustement s’est exprimée. Les assemblées populaires ont été une « bouffée d’air frais », mais aussi une force qui entend occuper une place dans la rue. Les secteurs de la culture, le mouvement des femmes et la jeunesse revendiquent également leur rôle dans la lutte. Le kirchnerisme les a laissés sur la touche (en cherchant peu à mobiliser ces secteurs, NdT) mais ils ne comptent pas attendre.

Troisièmement. Il existe une alternative. Les bureaucraties ont voulu que le mouvement syndical lutte de classes, les organisations sociales et l’extrême-gauche restent « au fond ». Mais dans chaque lutte, contre chaque gouvernement, les 20 et 27 décembre (dates des premières mobilisations contre Milei), nous avons gagné notre place. Nous ne la céderons pas. N’en déplaise à certains, les « blocs indépendants » se sont fait une place dans chaque journée de lutte, derrière le mot d’ordre : « pour un plan pour lutter jusqu’au retrait du DNU, de la loi Omnibus et des mesures d’austérité ».

En ce sens, pour la gauche lutte de classes, la journée d’hier est une bonne nouvelle. Si la classe ouvrière se lève, si elle déploie tout son potentiel, aucune droite, aucun protocole (de sécurité, NdT), aucune bureaucratie ne peut l’arrêter.


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