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Gestion autoritaire

Le passe vaccinal en vigueur : des millions de personnes privées de train, de salles de sport et de sorties

Ce lundi, le passe vaccinal entre en vigueur. Cette mesure autoritaire interdit l’accès à de nombreux lieux recevant du public aux personnes non-vaccinées. Des millions de personnes sont concernées par une attaque qui stigmatise une partie de la population pour mieux masquer la gestion sanitaire catastrophique du gouvernement.

mardi 25 janvier

Crédits photo : AFP

Après des semaines de débat, le passe vaccinal est entré ce lundi en vigueur en France. Le dispositif succède au passe sanitaire, mis en place en juillet 2021. Alors que jusqu’ici il était possible d’accéder aux lieux recevant du public à condition d’être vacciné ou de présenter un test négatif, il faudra désormais présenter un schéma vaccinal complet pour accéder à de nombreux lieux.

Sont concernés les « bars et restaurants (à l’exception de la restauration collective, de la vente à emporter de plats préparés et de la restauration professionnelle routière et ferroviaire) », les « activités de loisirs (cinémas, musées, théâtres, enceintes sportives, salles de sport et de spectacle...) », les « foires, séminaires et salons professionnels », les « grands magasins et centres commerciaux (par décision du préfet) » ainsi que les « transports interrégionaux (avions, trains, bus). » Une obligation qui s’étend aux salariés des activités concernées par le pass, qui pourront être sanctionnés et voire leurs salaires suspendus en l’absence de schéma vaccinal complet.

Une mesure qui transforme tout un pan de la population en citoyens de seconde zone. Au total, plus de 3 millions de personnes non-vaccinées sont concernées, auxquelles il faut ajouter les personnes n’ayant pas encore réalisé leur dose de rappel - qui bénéficieront cependant de quelques semaines de répit avant de perdre leur passe. Au dispositif s’ajoute des amendes renforcées en cas de faux passe, et la possibilité pour les responsables des lieux de contrôler l’identité de leurs clients.

Alors que Jean Castex annonçait vendredi sa volonté d’aller rapidement vers un allègement des restrictions sanitaires en dépit des plus de 500.000 contaminations quotidiennes et des tensions à l’hôpital, le gouvernement poursuit son plan de stigmatisation des non-vaccinés. Un moyen de masquer sa gestion sanitaire catastrophique comme le dénonçait récemment l’ancien Directeur général de la santé William Dab : « en traitant les personnes non vaccinées comme il l’a fait, le président de la République réduit la stratégie au niveau de l’insulte, ce qui permet de masquer que, depuis deux ans, la santé publique de terrain n’a pas été renforcée, les obstacles ne sont pas anticipés (comme la saturation actuelle des pharmacies pour les tests), les protocoles dans les écoles sont inapplicables, l’amélioration de la ventilation des locaux n’est pas promue comme elle le devrait. »

Si la vaccination est un enjeu collectif essentiel face à l’épidémie, il faut dénoncer la gestion autoritaire de Macron, qui va de pair avec une volonté assumée de laisser circuler massivement le virus. Un pari sur nos vies et sur celles de toutes les personnes fragiles aux multiples conséquences : engorgement des hôpitaux, Covid longs, développement de nouveaux variants, expansion des variants actuels comme le Delta ou le BA.2, … Une stratégie à l’opposé de ce qui serait nécessaire pour en finir avec la pandémie en France et dans le monde