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La Izquierda Diario
26 de novembre de 2021 Twitter Faceboock

Pénurie de remplaçants dans l’éducation nationale : après cinq ans de Blanquer, qui s’étonne encore ?
Tristane Chalaise
Natacha Lubin

Des élèves privés de cours pendant un trimestre entier, des chefs d’établissements qui tentent de recruter des remplaçants sur Leboncoin, tel est le quotidien de bon nombres d’écoles, collèges et lycées face à la pénurie d’enseignants dans l’Education Nationale. Le résultat de la casse de l’enseignement public orchestrée par les gouvernements successifs, et qui s’est encore accentuée sous le ministère Blanquer.

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Dans l’éducation nationale, le manque de personnels est un problème connu de longue date et soigneusement entretenu par Jean-Michel Blanquer. Déjà, sous le quinquennat Sarkozy, le « liquidateur Blanquer » avait procédé à la suppression de 59 500 postes, politique poursuivie sous la présidence Macron avec la suppression de 1 800 postes dans le secondaire entre 2018 et 2021, et une nouvelle vague de 500 postes en moins annoncée pour 2022.

Une politique qui a des conséquences extrêmement graves pour les personnels et les élèves, premières victimes de la dégradation de leurs conditions de travail, d’apprentissage et de vie au sein des établissements, et sur laquelle la pandémie a jeté une lumière encore plus crue. Cette dernière a en effet encore – s’il était possible – accentué le problème du manque de personnel. Non seulement le nombre d’enseignants absents a augmenté à cause du coronavirus, laissant davantage de classes sans professeurs, mais s’est ajouté à cela une véritable mise en danger des personnels et des élèves. En effet, à l’école primaire, les enfants sont, en cas d’absence d’un enseignant, répartis dans les autres classes, ce qui encourage les brassages...

Dans un article du Monde, qui documente l’ampleur du phénomène, on découvre ainsi que pour faire face à la pénurie de profs et de remplaçants, les directions d’établissements se trouvent réduits au “système D”, entre annonces sur Leboncoin et prises en charge de classes par des personnes n’ayant pas reçu une formation pour cela, qu’il s’agisse d’assistants d’éducation ou d’accompagnants d’élèves en situation de handicap. Conséquence directe : des élèves cumulent des mois, voire des années entières, de retard en raison du manque de professeurs remplaçants, comme l’ont calculé des parents d’élèves en Seine-Saint-Denis.

La pénurie de remplaçants est dûe à des problèmes structurels dans l’Education Nationale. Malmenée par les gouvernements successifs, et notamment celui de Macron, l’école connait des difficultés grandissantes recruter des professeurs. Les conditions de travail, qui se sont dégradées avec la baisse des moyens accordés à l’Education nationale, avec une multiplication des heures et des tâches imposées aux enseignants, mais aussi le salaire, un des plus faibles en Europe, font fuir les candidats et ont provoqué une multiplication des démissions, en augmentation constante depuis 2013.

Loin d’apporter une réponse à ce problème de long terme, Blanquer voit les contrats courts et précaires comme une solution “magique” : pour l’année 2020-2021, tous métiers confondus, 107 243 personnes non titulaires ont été embauchées par le ministère en cinq ans, alors même que des postes de titulaires ont été supprimés en masse.

Pour le ministre de l’Education nationale, les difficultés de recrutement, et en particulier dans les établissements des quartiers populaires, sont aussi un moyen pour expérimenter la privatisation de l’école, une politique qui lui est chère. Dans les départements de la Somme et de Lot, le ministère de l’Education nationale expérimente la gestion des remplacements par le biais d’une application fournie par une start-up privée. En région parisienne, c’est l’association « le choix de l’école », adoubée par Blanquer et en grande partie financée par des entreprises du CAC 40, qui fournit désormais des enseignants contractuels dans des établissements de l’éducation prioritaire.

Le gouvernement entend donc poursuivre ses politiques ultra-libérales : faire toujours plus avec toujours moins, entretenant soigneusement les défaillances du service public pour donner le champ libre au privé, à l’image des réformes du ferroviaire ou du démantèlement en cours de l’hôpital public. Le tout au détriment des personnels, qui voient leurs conditions de travail devenir invivables, mais aussi des usagers, qui non seulement se voient offrir un service public au rabais – ici, une éducation de plus en plus inégalitaire et incomplète – et vont devoir payer des sommes de plus en plus importantes à des entreprises privées pour avoir accès à des services de qualité.

La politique libérale et managériale menée par le gouvernement, Jean-Michel Banquer en tête, suscite une colère de plus en plus forte chez les familles, mais aussi chez les élèves, à l’image des lycéens de Paul Sabatier à Créteil, qui se mobilisent actuellement pour obtenir le remplacement de quatre de leurs professeurs.

De même, depuis des années, les enseignants et personnels de l’Education nationale se mobilisent contre la dégradation de leurs conditions de travail et la casse du service public d’éducation. Une colère contre le gouvernement et ses réformes qui s’est exprimée notamment à travers la mobilisation historique contre la réforme des retraites en 2019, ou encore lors des grèves sanitaires en novembre 2020, et s’illustre par des mobilisations de plus en plus importantes à l’échelle locale.

Alors que le personnel de l’éducation nationale rejette massivement la politique de Blanquer et de Macron, nous entendons faire entendre leur voix dans la campagne présidentielle, pour défendre, à travers la candidature d’Anasse Kazib, un large investissement dans l’éducation, un recrutement massif de personnels enseignants et non-enseignants, la titularisation de tous les personnels précaires, la rémunération à temps plein de tous les personnels quelle que soit leur quotité horaire, la réduction du temps de travail pour les personnels à temps plein, ainsi que la revalorisation de tous les salaires.

 
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