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22 de septembre de 2021 Twitter Faceboock

Etats-Unis
Texas. La police des frontières violente des migrants haïtiens et Biden les expulse par milliers
Ju Angio

En quelques semaines un afflux important de migrants se sont retrouvés à Del Rio au Texas : la réponse du gouvernement a été des coups de fouet par les gardes frontières et l’expulsion de masse par avion. Une situation dont l’impérialisme américain est responsable et qui dévoile encore un peu plus le visage réactionnaire de Biden, s’inscrivant dans la continuité de la politique migratoire de Trump.

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Crédits Photos : AFP

Cela fait plusieurs jours qu’une importante vague migratoire gagne les États-Unis. Ce sont principalement des Haïtiens et Haïtiennes qui ont tenté la traversée du Rio Grande, car peu profond, de la région Mexicaine de Coahuila pour rejoindre Del Rio au Texas.

Brutalisée violemment par le département américain de la Sécurité intérieure (DHS), sous la direction du président Joe Biden, cette arrivée massive de réfugiés Haïtiens est notamment une conséquence du très récent séisme qui a ravagé l’île de magnitude 7,2 a tué près de 2 000 personnes en août et laissé des dizaines de milliers de sans-abri ainsi que de l’importante crise politique et sociale que traverse le pays le plus pauvre d’Amérique et qui a été accentué par l’assassinat du président en juillet dernier.

En quelques jours seulement, plus de 15 000 personnes ont fait la traversée et se sont retrouvées à s’entasser sous le Pont International dans des conditions inhumaines, sous la chaleur et avec très peu de vivres. Le manque de ressources est invivable à tel point que, comme l’indique Reuters, «  des centaines de migrants traversent à gué le Rio Grande pour rentrer au Mexique et faire le plein de produits de première nécessité qu’ils disent ne pas recevoir du côté américain  ».

La traversée a été rude puisque les gardes frontières américains montés à cheval, tels de véritables cowboys, les ont persécuté avec de grands coups pour tenter des les dissuader de traverser et de rejoindre les Etats-Unis comme nous pouvons le voir sur les photos scandaleuses rapportées par l’AFP. Dimanche, la patrouille frontalière a annoncé qu’elle avait expulsé 3 300 personnes qui ont été soit expulsées, soit emprisonnées dans l’attente de leur expulsion. Le chef de la patrouille frontalière, Raul Ortiz, a promis de faire sortir tout le monde du camp dans la semaine.

Au cours du week-end, la U.S. Border Patrol a envoyé 400 agents supplémentaires à Del Río. Ils sont aidés par la police de l’État du Texas et les troupes de la Garde nationale pour procéder à ces arrestations et expulsions massives. La Border Patrol enregistre les migrants du camp avec des numéros de suivi et sépare les adultes sans enfants des familles.

Les déclarations de Jen Psaki porte-parole de la Maison Blanche, qui se dit horrifié par les images ainsi que la déclaration d’intention d’Alejandro Mayorkas, secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, d’ouvrir une enquête, ont du mal à cacher la réelle volonté de l’administration Biden : régler cette vague migratoire par l’expulsion imminente de la plus grande partie des réfugiés, dans la même logique que l’a fait de manière très agressive Donald Trump.

Des photographies et des vidéos montrent que des agents de la patrouille frontalière à cheval ont effrontément utilisé leurs chevaux pour rassembler des Haïtiens noirs tout en faisant tournoyer et en brandissant des fouets en cuir - c’est une image qui pourrait venir tout droit des années 1700. Ils ont même fait cela pour tenter de refouler des migrants du camp qui avaient acheté de la nourriture au Mexique et la rapportaient à leurs familles qui n’avaient presque rien à manger. Tout cela sous la direction de Joe Biden, qui déclarait pourtant s’opposer au racisme de Donald Trump. Maintenant, il expulse en masse des milliers d’Haïtiens - dont beaucoup d’enfants - par la force.

En effet, ce sont de trois à quatre avions qui partent chaque jour du Texas pour renvoyer les haïtiens sur l’île, où ils ne trouveront que chômage, misère et faim chronique, avec l’objectif du gouvernement américain de renvoyer environ 14 000 personnes.

Haïti est le pays le plus pauvre de l’Amérique et a été la cible du pire racisme pendant des siècles, avant et après la révolution de 1791 à 1804 qui a chassé les esclavagistes et obtenu l’indépendance. Dans les années 1990, le président Bill Clinton a emprisonné et déporté des dizaines de milliers de réfugiés haïtiens à la suite d’un coup d’État militaire en Haïti. Le salaire minimum du pays ne représente aujourd’hui qu’un revenu annuel de 817 dollars - pour les Haïtiens qui peuvent obtenir un emploi stable. Bon nombre des réfugiés haïtiens qui arrivent aujourd’hui aux États-Unis étaient des travailleurs migrants en Amérique du Sud, dans des pays durement touchés par la pandémie de COVID-19. Soyons clairs : fermer les frontières aux Haïtiens et expulser les adultes et les enfants vers Haïti est scandaleux et profondément raciste.

Selon une Haïtienne, dont les propos sont relatés par Franceinfo, "On est partis du Chili, ça nous a pris un mois pour arriver au Mexique. Ce voyage était terrible : on manquait de nourriture, des gens violaient les femmes. Certains sont morts en route  ». Un trajet inhumain, un accueil par les États-Unis plus inhumain encore, par les coups de fouet et l’expulsion vers un pays en ruine.

En 2018, Donald Trump a qualifié Haïti, le Salvador et les nations africaines de "pays de merde" et a défendu l’utilisation de gaz lacrymogènes sur les migrants qui tentaient de traverser la frontière. Aujourd’hui, avec un président démocrate, l’État américain continue d’expulser 16 000 immigrants haïtiens et autres, et au lieu de gaz lacrymogènes, il y a des fouets de cheval.

L’impérialisme américain est directement responsable d’une grande partie de l’agitation politique et de la destruction de l’environnement en Haïti aujourd’hui. Or, Biden procède à cette expulsion massive au lendemain d’un assassinat présidentiel, d’un tremblement de terre qui a détruit ou endommagé plus de 100 000 maisons.

Un pays en ruine qui est une conséquence des multiples catastrophes naturelles certes, mais surtout de la spoliation par les puissances impérialistes de l’île depuis des décennies. Les capitalistes et gouvernements des États-Unis sont les principaux responsables de la situation en Haïti et sont incapables d’assurer un accueil digne à celles et ceux qui fuient la misère.

Malgré ses promesses de campagne, Biden a maintenu et approfondi le système d’immigration raciste de son prédécesseur. L’organisation United We Dream rapporte que Biden a expulsé plus de 597 000 personnes au cours des cinq premiers mois de son mandat. En mars dernier, l’ambassade des États-Unis à Haïti a tweeté une photo de Biden avec la citation "Ne venez pas chez nous".

L’administration Biden a continué à employer la règle 42 de l’administration de Donald Trump, qui utilise Covid-19 comme couverture pour autoriser l’expulsion immédiate d’immigrants adultes sans enfants, en leur refusant le droit de demander l’asile. Biden a également poursuivi la politique de Trump consistant à s’appuyer sur le gouvernement mexicain pour réprimer et emprisonner les migrants qui tentent de traverser le Mexique en utilisant des gardes-frontières militarisés.

Nous devons exiger l’ouverture des frontières pour tous les migrants et réfugiés d’Haïti, d’Afghanistan et de tous les autres pays. Cela inclut un droit égal à travailler, avec un salaire et des conditions égales à ceux des travailleurs nés aux États-Unis. C’est dans une perspective internationaliste, qu’il faut exiger l’accueil immédiat de tous les réfugiés dans de bonnes conditions, c’est à dire avec des papiers, un toit et un travail !

 
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