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La Izquierda Diario
18 de septembre de 2021 Twitter Faceboock

Nouvelle attaque contre le rail
3000 suppressions de postes à la SNCF. Le gouvernement déclare la guerre aux cheminots
Antoine Weil

Le PDG de la SNCF a annoncé pas moins de 3000 suppressions d’emplois ce vendredi. L’entreprise lance ainsi une nouvelle attaque d’ampleur contre les cheminots et le service public. La direction est appuyée dans cette offensive contre l’emploi par le gouvernement, qui veut se venger des grévistes qui se sont battus contre la réforme des retraites. Pour le mouvement ouvrier, il est urgent de répondre à la hauteur de l’offensive.

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Photo : BFM TV

La SNCF supprime 3000 postes : un pas de plus vers la destruction du service public ferroviaire

Ce matin sur BFMTV, le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou a annoncé la suppression de 2 000 à 3 000 postes de cheminots.
Le patron de l’entreprise ose déclarer que « supprimer 2000 à 3000 postes, c’est pas un drame ! » , alors qu’il s’agit d’un véritable scandale qui oblige une réponse forte de la part de tout le mouvement ouvrier. Une annonce qui s’est faite juste avant que le PDG n’aille se pavaner avec Macron à Gare de Lyon, alors que les cheminots, à l’appel de Sud Rail leur avaient réserver un comité d’accueil pour dénoncer cette casse du ferroviaire.

La SNCF souffre d’un manque criant de personnel, qui nuit aux usagers et à la qualité du service, et le PDG continue sa politique de casse du secteur, dont les premières victimes sont les ouvriers du rail et les usagers. L’entreprise, en voie de privatisation suite à la loi de 2018 portée par Emmanuel Macron, a déjà supprimé 7000 emplois de 2017 à 2019, et connait « le principal plan de suppression d’emplois en France », comme l’expliquait Sud-rail il y a quelques mois.
Ces suppressions d’emplois vont en premier lieu être payées par les cheminots, lesquels devront offrir le même service avec moins de collègues, ce qui va forcément augmenter les cadences et la charge de travail, déjà intenables, comme l’expliquent les grévistes de l’infrapôle, en sous-effectifs pour nettoyer et réparer les voies à Gare du Nord.

Elles servent de plus à approfondir la destruction du service public des transports, menée tout au long du quinquennat. Avec 3000 employés en moins, la SNCF, entreprise publique, va offrir des prestations de moins bonne qualité, et sera ainsi d’autant plus fragile face à ses concurrents privés. Les annonces du patron de l’entreprise s’inscrivent donc dans la continuité d’un quinquennat d’Emmanuel Macron qui a cherché à s’en prendre à un des secteurs les plus combatifs de notre classe, de la réforme du rail en 2018 et la réforme des retraites en 2020. Cependant, ces attaques arrivent dans un contexte bien différent. La crise sanitaire a en effet fait la démonstration que le service public était primordial. Des cheminots qui ont fait tenir le pays pendant le confinement, ont continué d’aller travailler car essentiels pour le fonctionnement de toute la société, se font finalement cracher dessus par un patron qui dans la même interview annonce un gel de la hausse des salaires pour la huitième année consécutive et ment en direct, disant que les cheminots gagnent en moyenne 3200€ par mois…

Ces annonces ont provoqué la colère des salariés de l’entreprise, à l’image d’Anasse Kazib, cheminot, figure de la grève contre la réforme des retraites qui s’est exprimé sur son compte Twitter « On nous parle de relancer le service public, de développer le rail pour lutter contre la crise climatique.. mais on nous attaque tous les ans, tous les ans ils nous expliquent qu’il va falloir supprimer des emplois, il y en a jamais assez […] à part cracher à la gueule des cheminots, à part nous casser nos conditions de travail et de salaires vous ne faites rien du tout »

Cette nouvelle attaque d’ampleur intervient dans un contexte où les dégradations des conditions de travail et de salaires se multiplient contre les salariés de la SNCF et contre l’ensemble des salariés du secteurs des transports, avec les premiers effets de la privatisation entraînée par la réforme du rail de 2018 ou encore la loi LOM de 2019 qui ouvrent le secteur à la concurrence. C’est ce qu’il se passe actuellement en région PACA, où Transdev a gagné l’appel d’offres sur le TER, lequel sera désormais exclusivement géré par l’opérateur privé.

Ce procédé, qui risque de se généraliser avec la SNCF qui ne compte pas participer à certains appels d’offres, dans le Grand-Est notamment, se fait au détriment de tous les cheminots, mais également au détriment des millions d’usagers avec des futures hausses de prix et des fermetures de ligne. Une attaque sociale qui représente également une absurdité à l’heure de la crise écologique qui nécessite au contraire de développer le service public ferroviaire, comme le rappelait Anasse Kazib,.

Cependant, cette décision, terrible pour les cheminots, les usagers et l’environnement, n’est pas du fait de la SNCF seule, mais est appuyée par le gouvernement. Les annonces de Farandou se font en effet le jour anniversaire des 40 ans du TGV, alors que Macron inaugurait hier un nouveau modèle à la Gare de Lyon. Les 3 000 postes supprimés s’inscrivent directement dans l’agenda politique d’Emmanuel Macron, en pleine campagne pour sa réélection. Celui qui a été élu en promettant des réformes à la bourgeoisie, veut montrer qu’il est encore capable de maintenir le cap des mesures néolibérales, ce que la crise des gilets jaunes, le mouvement des retraites et la pandémie, ont contribué à ralentir. Pour sa fin de mandat, il s’attaque à nouveau aux cheminots, secteur symbolique, habitué à se mobiliser pour l’ensemble des droits des travailleurs.

Le Gouvernement est derrière cette attaque : Macron veut faire payer la grève contre la réforme des retraites

Il règne depuis la rentrée un climat marqué par des menaces et provocations constantes à l’encontre des travailleurs du rail. En effet, l’exécutif ne cache pas vouloir reprendre en partie la réforme des retraites, en supprimant les régimes spéciaux des cheminots, ce qu’affirmait encore Gabriel Attal, porte parole du gouvernement,, quelques jours après la menace de mettre fin à la gratuité des billets de train pour les cheminots et leur famille.

Ces provocations s’expliquent par le fait que Macron est bien conscient que les travailleurs du rail, par leur combativité, leur tradition de lutte, par lesquelles ils ont conquis différents droits, représentent un véritable obstacle à son agenda néolibéral anti-ouvrier. Comme ils l’ont démontré dernièrement dans la grève historique de décembre 2019 et janvier 2020, aux côtés notamment d’autres travailleurs de la RATP qui ont également refusé de baisser la tête, au cours d’un mouvement soutenu par la majorité de la population.

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre les mensonges du patron de la SNCF sur les salaires des cheminots. Toujours sur BFM TV, ce dernier a affirmé qu’ils gagnaient 3500 euros en moyenne, ce qui est évidemment faux, la majorité d’entre eux touchant entre 1400 et 1800 euros par mois.

Ces propos mensongers, visent à présenter les cheminots comme des privilégiés afin de tenter de les marginaliser vis-à-vis du reste de la population et de justifier la casse de leurs salaires et de leurs conditions de travail. Une véritable farce quand ce même PDG gagne quant à lui 37 500 euros par mois...

Face à ces attaques : répondre par la grève et préparer un plan de bataille avec l’ensemble du secteur des transports

Face aux multiples attaques : 3 000 suppressions de postes, mais aussi privatisation, ouverture à la concurrence et casse des conditions de travail, gel des salaires, fin de la gratuité des billets, réformes des régimes spéciaux etc., il est urgent d’apporter une réponse à la hauteur, par la grève reconductible et par la mise en place d’un véritable plan de bataille. Cette réponse devra se faire aux côtés des salariés de l’ensemble du secteur des transports et du privé, dont une partie se bat en ce moment même contre les conséquences de l’ouverture à la concurrence.

En effet, les salariés de nombreux dépôts de l’entreprise Transdev sont actuellement en grève et se battent courageusement contre les cadences infernales et les salaires de misère imposés par l’ouverture à la concurrence. Dans le même sens, des grèves des transports urbains commencent à se répandre dans plusieurs villes, à Reims, Dijon, Mulhouse, Lyon ou Grenoble chez des salariés dépendant des entreprises privées que sont Transdev ou Keolis.

A l’image de la grève contre la réforme des retraites lors de laquelle la coordination entre différents secteurs en grève reconductible, notamment entre la SNCF et la RATP avait permis de mettre un frein à la contre-réforme de Macron, il est aujourd’hui central que les cheminots répondent par la grève et puissent se lier avec les salariés des transports actuellement en lutte, afin de mettre un coup d’arrêt à la casse du secteur, mais aussi pour reprendre tout ce qui a été pris ces derniers années, revenir sur la privatisation, remonter les salaires après 8 ans de gel, et exiger l’ouverture des livres de compte contre les mensonges du PDG sur l’état de l’entreprise.

Alors que les syndicats se disaient prêtes à tout mettre en œuvre pour empêcher la fin des billets gratuits, ils doivent prendre la mesure de la situation et préparer un véritable plan de bataille. A rebours des stratégies de la défaite marquées par les grèves perlées et les journées d’action isolées.

 
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