http://www.revolutionpermanente.fr/ / Voir en ligne
La Izquierda Diario
18 de septembre de 2021 Twitter Faceboock

Quand l’Etat assoiffe les migrants
Racisme d’État. La police et la mairie détruisent les installations d’eau des réfugiés à Calais
Louis McKinson

Ce jeudi 16 septembre, la mairie de Calais a bloqué le passage menant à la cuve d’eau qui alimente chaque jour des centaines de réfugiés. La police, elle, a lacéré la cuve au couteau. Le gouvernement poursuit son offensive raciste en menant la chasse aux réfugiés.

Link: http://www.revolutionpermanente.fr/Racisme-d-Etat-La-police-et-la-mairie-detruisent-les-installations-d-eau-des-refugies-a-Calais

Crédits : @CalaisFoodCol / Twitter

On pourrait croire à un acte de vandalisme, à la dernière offensive puérile d’un groupuscule identitaire, mais non, ces actes ne sont autres que ceux de la mairie et de la police. Comme le dénonce le reporter Louis Witter en date du 16 Septembre : « Assoiffer les gens est donc une politique publique ».

Les faits sont reportés par ce dernier : ce jeudi 16 septembre, la mairie de la ville a installé des rochers sur le chemin qui leur sert à recharger l’unique point d’eau qui répond aux besoins de quelques 650 personnes réfugiées. La police, quant à elle, a lacéré la cuve d’eau au couteau.

Ce nouveau coup d’éclat n’est pas sans rappeler l’intercession de Darmanin auprès de la mairesse LR de Calais Natacha Bouchart qui, à la même période un an plus tôt, s’était soldé par un arrêté préfectoral interdisant les distributions de repas aux migrants par des associations non-mandatées par l’État Le gouvernement avait alors brillé d’hypocrisie en prétextant que c’était là des mesures sanitaires. L’État affame, l’État assoiffe, mais fait semblant de se soucier de la santé...

Un sabotage qui s’intensifie

Mais ce n’est pas la première fois que ces méthodes sont utilisées contre les réfugiés. Dans un post du 26 août, le collectif Calais Food Collective faisait déjà état du fait qu’« après que la mairie nous ait saisie 2 GRV (grand récipient pour vrac), aujourd’hui nous sommes à un stade supérieur qui est de les détruire. ». En effet, alors qu’un nouveau récipient où chaque jour 2000 litres d’eau doivent être déposés avait été entreposé le 17 août, la police l’avait percé au couteau le lendemain, dimanche 18.

Le 8 septembre, à l’occasion de l’installation de nouveaux enrochements bloquant l’accès à la cuve qui alimente 750 personnes, le collectif dénonçait sur Twitter le harcèlement méthodique mis en place par les autorités en revenant sur l’ensemble des exactions subies cette année : [« - 3 février cuve enlevée par la police - 8 février cuve volée par police - 17 février cuve volée par la police - 6 mai, la police nous demande de déplacer une cuve - 13 juin de l’essence est répandue autour de la cuve - 16 juin cuve volé par X - 28 juin douzième arrêté interdisant les distributions d’eau et de nourriture dans le centre ville - 3 juillet : cuve détruite par X - 21 aout : cuve détruite au même moment qu’une opération de CRS - 31 aout : rocher empêchant la distribution et l’accès à l’eau coïncidant avec notre communication - 1 sept cuve renversée + vidée - 2 sept cuve volée - 3 sept robinet volé - 4 sept urine et bris de verre sur une cuve ».

S’organiser contre la barbarie

Alors que l’extrême-droite et l’ensemble du champ politique bourgeois ne cesse de délirer toujours plus un raz de marée migratoire, délire entretenu et organisé par d’obscures théories imaginaires pointant les flux migratoires comme allant à l’encontre race française bien connue, il est impératif de détruire ce discours qui tourne en boucle en lui opposant les faits.

Malheureusement, on n’abattra pas cette idéologie par de la simple contre-information. Les organisations humanitaires qui essaient tant bien que mal de pallier la déshumanisation criminelle que l’État fait subir aux réfugiés doivent trouver des relais politiques qui luttent sans concession pour assurer les conditions de cette humanité fondamentale.

Or c’est précisément ces réalités qui encombrent la gauche institutionnelle, incapable de les dénoncer jusqu’au bout. Qui plus est, en alimentant l’illusion que l’État pourrait comme par magie assurer la subsistance et la dignité des personnes migrantes alors qu’il redouble jour après jour d’inventivité pour faire exactement l’inverse, elle contribue à invisibiliser le devenir voyou de l’État et son racisme intrinsèque.

Seule une organisation autonome des travailleurs serait en mesure de dénoncer l’inhumanité du monde capitaliste avec la fermeté et la puissance qu’il mérite. Que les prémisses d’une telle organisation de combat capable d’inverser durablement la vapeur, soient ou ne soient pas d’actualité, cela n’a peut-être pas à être affirmé de toute force. En revanche, qu’il y ait quelque chose de tel à voir et à construire, c’est cela qu’il faut soutenir.

 
Revolution Permanente
Suivez nous sur les réseaux
/ Révolution Permanente
@RevPermanente
[email protected]
www.revolutionpermanente.com