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4 de mai de 2021 Twitter Faceboock

Mouvement Ouvrier
Blanquefort. Répression syndicale à Magna : le combat continue !
Théo Agapé

Ce mardi 4 Mai un nouveau rassemblement avait lieu pour soutenir Gilles, représentant syndical de la CGT, convoqué par la nouvelle direction, Magna, en vu de sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu’au licenciement. Le prochain rendez-vous sera le 10 mai pour soutenir Vincent, convoqué à son tour.

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Un plan d’attaque prémédité envers les salariés : de la répression syndicale à la casse de l’emploi

Pour rappel, Magna a conclu, avec Ford (entreprise qu’ils détenaient tous les deux à 50/50) le rachat de l’usine le 1er Mars dernier. Avec des perspectives quasi-inexistantes concernant l’avenir de la boite, à défaut de nouveau client (Ford reste monoclient de Magna et son donneur d’ordre) ou d’un nouveau produit, l’inquiétude s’est rapidement faite ressentir au sein des salariés, obligeant les représentants syndicaux à s’organiser pour demander des réponses claires. Un droit d’alerte avait été déposé l’été dernier. Une situation que la direction se refuse d’éclaircir puisqu’il n’y a toujours pas eu de communication de leur part concernant l’avenir du site blanquefortais. Une affaire que nous suivons de près depuis la fermeture de l’usine voisine, Ford, en 2019, qui avait mis plus d’un millier d’ouvriers sur le carreau (emplois directs et induis)

C’est dans un contexte tendu, en présence de la gendarmerie, qu’une cinquantaine de soutiens étaient présents ce mardi matin à 10h sur le parking du site, à l’occasion de la convocation de Gilles ce jour là : des représentants CGT et FO de la boîte, des syndicalistes de différents secteurs tels que Stryker, La poste, la Monnaie, et Cerexagri, des anciens travailleurs de Ford et de la jeunesse autour de la banderole du NPA Jeunes dont le NPA – Révolution Permanente, pour soutenir les représentants syndicaux menacés. Tous, dénoncent les pratiques scandaleuses employées par la nouvelle direction qui s’attaque, plus généralement, aux droits des travailleurs, à leurs emplois, et au rôle que jouent les syndicats dans leur défense. Dans l’après-midi, le rassemblement s’est poursuivi avec un appel de FO à débrayer, plusieurs travailleurs du site se sont retrouvés à ce moment-là également.

Un rendez-vous succin et des motifs hasardeux

Malgré des motifs bancals - pour ceux dont on a d’ores et déjà connaissance -, et des sanctions encore inconnues, la nouvelle direction persiste à dire que la convocation des trois représentants syndicaux n’est qu’une simple coïncidence. Or il s’agit d’une initiative consciente de s’attaquer aux élus, qui défendent l’ensemble des salariés, dans un contexte où pourraient se multiplier les menaces de la direction sur le site. C’est seulement après de courtes minutes d’entretien avec la direction que Gilles rapporte les quelques motifs saugrenus qui lui sont reprochés (faute de mieux de la part des nouveaux patrons). A titre d’exemple, la direction reproche à Gilles d’avoir utilisé une enceinte sonore au sein de l’usine prenant donc le risque de couvrir le son de l’alarme incendie en cas de feu potentiel. Des motifs douteux visant simplement à intimider le représentant syndical et à décourager l’ensemble des travailleurs dans leur lutte. Parmi les trois menacés, Régis, représentant syndical de Force Ouvrière, qui a eu son entretien en avril, a déjà reçu sa notification de procédure de licenciement. Un ancien travailleur de l’usine, présent sur place, nous raconte que ces méthodes sont monnaies courantes de la part du patronat. Il nous décrit le harcèlement moral, portant atteinte à la vie privée de certains salariés, qu’avait déjà utilisé, à l’époque, la direction de Ford. Des méthodes de répression qui se généralisent autant dans le secteur privé que dans le secteur public, comme en témoignent la nouvelle convocation disciplinaire de la secrétaire générale CGT de la blanchisserie du CHU de Bordeaux, ou encore les assignations abusives employées par la même direction du CHU en Janvier, qui permettent de réduire l’impact de la grève. C’est en imposant un rapport de force conséquent, que ces mêmes travailleurs avaient démontré, en avril 2020, en faisant valoir leur droit de retrait collectivement pour imposer la fermeture du site à la direction face au risque de cluster, que les ouvriers auront gains de cause.

Un nouveau rendez-vous est donné le lundi 10 Mai à 13H30 pour soutenir Vincent qui est convoqué à son tour, continuer à lutter contre la répression syndicale, et contre la politique répressive et autoritaire que tente d’imposer le gouvernement pour faire payer la crise aux travailleurs. Dans ce contexte, il est plus que jamais nécessaire de lier le combat contre la répression syndicale à celui contre la casse de l’emploi : à Magna, la direction avec ces menaces, prépare le terrain pour un éventuel PSE voire une fermeture totale du site.

C’est aux travailleurs de décider de leur avenir par eux mêmes et aux capitalistes de payer leur crise ! Nous rappelons ici tout notre soutien à Gilles, Vincent et Régis ainsi qu’à l’ensemble des travailleurs de Magna dans leur lutte. Rendez-vous le 10 mai pour continuer à crier haut et fort : « S’ils touchent à l’un d’entre nous, ils touchent à tous ! »

 
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