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La Izquierda Diario
27 de janvier de 2021 Twitter Faceboock

Précarité tout au long de la vie
Prêts jeunes de 10.000€ : pour soutenir la jeunesse, LREM propose… de l’endetter !
Taula Automne

Alors que la jeunesse est dans une situation de grande détresse, Stanislas Guerini veut instaurer un « capital jeune pour se lancer dans la vie » et propose d’accorder des prêts de 10 000 euros aux 18-25 ans, remboursables sur 30 ans. Loin de répondre aux attentes de la jeunesse, LREM lui promet la précarité tout au long de la vie et des dettes sur 30 ans.

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Stanislas Guérini à l’assemblée nationale. Crédit photo : Gonzalo Fuentes / REUTERS

Alors que la jeunesse est dans une situation de grande détresse, Stanislas Géerini veut instaurer un « capital jeune pour se lancer dans la vie » et propose d’accorder des prêts de 10 000 euros aux 18-25 ans, remboursables sur 30 ans. Loin de répondre aux attentes de la jeunesse, LREM lui promet la précarité tout au long de la vie et des dettes sur 30 ans

Ce lundi 25 janvier, Stanislas Guérini, délégué général de la République en marche, a proposé de créer un “capital jeune”, un prêt de 10 000 euros pouvant être accordé à tous les français de 18 à 25 ans. Ce prêt serait remboursable sur 30 ans et ce remboursement n’interviendrait que pour les personnes atteignant un revenu supérieur à 1800 euros par mois. Interviewé par le Monde il explique :« Cette mesure se ferait sous la forme d’un prêt de 10 000 euros, avec un montant remboursable sur une période très longue, trente ans, à taux zéro et uniquement si l’on atteint un certain niveau de revenu, que je propose de fixer à 1 800 euros brut par mois. ». Si cette mesure était appliquée, potentiellement plus de cinq millions de jeunes entre 18 et 25 ans pourraient demander ce « capital jeune » et « chaque années dès qu’une classe d’âge atteindrait la majorité, elle y aurait droit ».

Selon Guérini, ce prêt pourrait servir à « payer des frais de scolarité pour faire des études, financer un logement étudiant, créer une entreprise ou donner la possibilité à un jeune de se consacrer à 100 % à ses études, sans avoir à travailler en parallèle ».

Une mesure de façade loin d’être une réponse à la précarité de la jeunesse

Le dispositif proposé par le député est loin d’être une aide mais se veut un « investissement ». Stanislas Guérini réfute ainsi au Monde l’idée que ce serait « un revenu universel déguisé ». Puisque « le dispositif repose sur un principe de responsabilisation avec un capital remboursable. Ce n’est pas une allocation, mais plutôt un capital de départ dans la vie que l’on rend accessible, dans une logique d’investissement sur le long terme. ». En réalité, il ne s’agit que de déplacer la précarité sur le long terme et de concrétiser pour les étudiants, sur la base du modèle américain, les études comme un pari à rembourser. Et si le remboursement est conditionné à un salaire futur supérieur à 1800 euros, la plupart des futurs jeunes actifs commenceront leur vie de travailleur avec un trou financier à combler.

De plus, la somme envisagée pour ce prêt si elle est présentée Stanislas Guérini, comme capable de financer l’intégralité des études ou presque, est en réalité largement en deçà des besoins étudiants qui doivent trouver, parfois pendant cinq ans de quoi payer un loyer et la satiété de leurs besoins élémentaires. Ainsi pour un étudiant ayant passé cinq années à l’université, celui-ci aura bénéficié d’un versement hebdomadaire de 166 euros, une aide bien loin donc de concrétiser les objectifs affichés par le député : permettre aux étudiants de ne pas travailler pendant la durée de leurs études notamment.

La proposition du député, pour l’heure seulement soumise à Emmanuel Macron, dans le cadre du projet sur l’égalité des chances initié par le président de la République, est loin de répondre aux attentes de la jeunesse. Alors que la précarité dans la jeunesse n’est pas une donne nouvelle pour la jeunesse, la tentative d’immolation d’Anas est venue nous le rappeler amèrement l’année dernière, le Covid-19, les confinements et couvre-feux sont venus exacerber une situation qui était déjà dramatique pour la jeunesse. Aujourd’hui près d’un jeune sur cinq vit sous le seuil de pauvreté et 74% déclarent avoir été en difficulté financière ces derniers mois.

Et pourtant face à cette problématique de grande ampleur, et alors qu’un chômage de masse s’annonce pour la jeunesse, le gouvernement n’a rien de mieux à proposer que l’endettement. Témoignant ainsi de la volonté du pouvoir politique de contourner le débat sur l’ouverture du RSA au moins de 25 ans et donc de perpétuer cet immobilisme politique vis-à-vis de la jeunesse tout en accordant des cadeaux fiscaux aux riches. Cette logique suit parfaitement la ligne politique du président de la République qui parlait du "pognon de dingue" dépensé pour les plus défavorisés, ici il s’agit d’une aide … à rembourser.

Avec la crise et les pertes d’emplois et de revenus se développent la misère étudiante et la faim, dans des logements exigus et souvent insalubres. Or, les étudiants, n’ont droit ni aux allocations chômage après avoir perdus leurs emplois, ni au chômage partiel car la plupart du temps ils ont des contrats précaires qui prennent fin dès que les activités s’arrêtent ou ralentissent. Il nous faut non pas des prêts ou un « capital jeune » mais un revenu étudiant à la hauteur du smic en urgence, et l’augmentation des aides sociales pour les plus précaires. Et qu’on ne nous dise pas qu’il n’y a pas d’argent dans les caisses, quand le gouvernement ne cesse d’arroser de milliard d’euros des grandes entreprises qui continuent de licencier

 
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