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La Izquierda Diario
25 de janvier de 2021 Twitter Faceboock

#NousNeSommesPlusVosPions
AED et personnels précaires de l’Éducation Nationale, tous en grève ce 26 janvier !
Julien Anchaing
Lucy Red

Après une journée de mobilisation historique le 1er décembre 2020, les Assistants d’Education (AED) et les Accompagnants des Élèves en Situation de Handicap (AESH) continuent de lutter contre la précarité de leur statut et les dégradations de leurs conditions de travail en pleine crise sanitaire

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Crédit Photo : Révolution Permanente

Les Assistants d’Education (AED) se sont mis en grève dès ce mardi 19 janvier dans toute la France, notamment pour dénoncer la précarité de leur emploi et la dégradation de leurs conditions de travail face à la crise sanitaire.

Le 1er décembre 2020 , ils s’étaient déjà massivement mobilisés derrière le mot d’ordre « Nous ne sommes plus vos pions ! ». Cette journée de grève est historique, dans un des secteurs les plus précaires de l’Éducation Nationale qui ne s’était pas mobilisé depuis 17 ans à propos de ses conditions de travail.

Pourtant, les raisons de la colère ne sont pas récentes et se sont installées ces dernières années avec la modification des statuts et des missions des AED, mais également avec la destruction du service public. En effet, les gouvernements qui se succèdent ne cessent de précariser, de réduire les budgets et de supprimer des postes dans de nombreux secteurs comme l’Éducation nationale ou encore la Santé. Les années de casse des services publics et la précarisation constante des travailleurs de l’Éducation Nationale est l’une des principales raisons de l’explosion de colère actuelle, alors même qu’une grande partie des grévistes AED sont des jeunes précaires ou qui souffrent du manque de perspectives de leur emploi.

Les AED réalisent au quotidien un travail conséquent, mais peu voire pas reconnu, pour lequel ils touchent un salaire largement insuffisant. Ces petites mains invisibles de l’Éducation Nationale ont des contrats précaires (d’un an renouvelable dans une limite de six ans et des temps partiels parfois imposés) et occupent différents rôles auprès des élèves comme celui de psychologue, d’aide aux devoirs ou encore de médiateur. De plus, entre gestion de la crise sanitaire et application du plan Vigipirate, on leur impose de plus en plus d’assurer une fonction répressive : vérification d’identité, fouille des sacs, vérification du port du masque etc. En d’autres termes, l’aspect éducatif et pédagogique - déjà faible jusqu’ici - de leurs tâches a quasiment disparu et on leur demande d’être le relais d’une répression que vivent déjà quotidiennement les élèves des quartiers populaires.

La crise sanitaire : entre dégradation des conditions de travail et cristallisation de la colère

Le contexte sanitaire est donc venu approfondir le ras-le-bol général et des conditions de travail déjà difficiles. En effet, au même titre que les Accompagnants des Élèves en Situation de Handicap (AESH), que les Assistants chargés de Prévention et de Sécurité (APS), que les agents d’entretien ou encore que les professeurs, les AED se trouvent en première ligne et contraints de faire appliquer un prétendu protocole sanitaire sans moyens supplémentaires ! Ainsi, le gouvernement n’a cessé de montrer son mépris vis-à-vis des personnels de l’éducation, en témoignant d’une méconnaissance de la réalité sanitaire dans les écoles et surtout d’une négation de celle-ci. Près d’un an après le début de l’épidémie de coronavirus, aucune mesure sanitaire à la hauteur n’a été mise en place par le gouvernement.

De plus, sa gestion catastrophique et pro-patronale ne cesse de démontrer son échec : le nombre de cas moyen par jour sur une semaine vient de passer au-dessus de 20 000 , ce qui n’était pas arrivé depuis le 23 novembre.

Ainsi, l’hypothèse d’un reconfinement s’accélère de jour en jour face à une épidémie qui devient de plus en plus hors de contrôle du gouvernement, de nombreux variants encore plus contagieux et potentiellement plus dangereux ayant fait leur apparition. Dans l’éventualité d’un reconfinement dans les jours qui viennent, les écoles pourraient rester ouvertes, mais le gouvernement ne parle pas de la mise en place de moyens conséquents pour les personnels d’établissements scolaires et pour les élèves. Ainsi, les AED et les AESH, déjà épuisés, seront une fois de plus en première ligne sans protection ni personnels supplémentaires !

Malgré la situation sanitaire, le gouvernement compte maintenir les écoles ouvertes coûte que coûte au détriment de la santé des travailleurs, des élèves et de leurs familles, et par souci pour le maintien de l’économie et des profits du grand patronat avec des écoles qui jouent le rôle de « garderie du MEDEF ». En pleine crise sanitaire et économique d’ampleur, les priorités du gouvernement sont claires : il préfère verser des milliards d’euros d’argent public aux directions des grandes entreprises, pendant que les personnels de la Santé et de l’Éducation se trouvent en première ligne et sans moyens !

La détermination d’un des secteurs les plus précaires de l’Éducation Nationale et la nécessité d’un plan de bataille

L’importance de la grève des AED s’explique avant tout par l’offensivité des demandes de ce secteur précaire, placé en première ligne dans la crise économique et la pandémie actuelle. En effet, le fait qu’un secteur aussi conséquent de jeunes et travailleurs pauvres s’organisent sous la forme de grève pour revendiquer l’accès à des CDI pour tous, des embauches massives pour le service public et des augmentations de salaire témoigne d’une offensivité et d’une colère importante chez les mêmes secteurs de jeunesse qui souffrent aujourd’hui des conséquences de la crise et dont on entend parler quotidiennement dans les bouches des représentants de l’ensemble de l’échiquier politique. Il est donc essentiel de se lier à cette mobilisation, non seulement par soutien à toute grève dans une telle période, mais en plus parce qu’elle représente des potentialités importantes chez les secteurs les plus précaires du service public, alors même que le patronat s’adonne à une véritable boucherie de l’emploi à travers sa multiplication de PSE et APC.

Différents syndicats ont donc déposé des préavis, comme Sud Éducation, qui couvre les AED et les AESH, et plus largement l’ensemble des personnels des établissements scolaires du 15 janvier au 5 mars 2021. Sud appelle les AED « à se mettre en grève massivement aux dates décidées localement ainsi que le 26 janvier, journée de grève dans l’Éducation Nationale ». De son côté, l’Union Nationale de la CGT Éduc’action dépose un préavis de grève concernant uniquement la date du 19 janvier, mais celui le la CGT des Bouches-du-Rhône couvre la période allant jusqu’au 19 février 2021.

Bien qu’il faille reconnaître que ces syndicats ont couvert la grève par la mise en place de ces préavis de grève nationaux, il faut signaler que leur attitude quant à la grève des AED fait preuve d’une passivité consternante. En effet, les directions syndicales, qui démontrent avec fierté leur passivité face à la catastrophe économique que vit actuellement le pays, sont les premières responsables des limites importantes de cette grève. Certes, les directions syndicales s’accordent avec les assemblées générales locales et couvrent légalement les AED dans leur grève (ce qui est un minimum en soi). Cependant, elles ne font pas de cette occasion la mise en place d’une grève puissante dans le secteur de l’éducation, en s’appuyant sur l’offensivité des demandes des AED et AESH pour construire une véritable caisse de grève (nerf de la guerre notamment chez un secteur aussi précaire), appeler à l’organisation d’assemblées générales dans l’ensemble des vies scolaires ainsi qu’à la coordination de celles-ci. Ainsi, elles poussent à la confusion en ne souhaitant décider d’aucune journée centrale de lutte, alors même que le 1er décembre n’est autre que le résultat de la lutte de la base des AED des Bouches du Rhones pour construire cette date.

Les directions syndicales, dans la situation actuelle, doivent se saisir de toutes les grèves que pourront mener les précaires pour les relier à la question de la précarité rampante chez la jeunesse et du problème plus général de la boucherie de l’emploi à laquelle s’adonnent actuellement les patrons, notamment à Grandpuits ou encore dans l’aéronautique.

Les secteurs déterminés de grévistes localement, qui cherchent tant bien que mal à organiser des journées de grève, des caisses de grève ainsi que des assemblées générales, ne sont pas responsables des faiblesses du plan de bataille aujourd’hui proposé pour l’ensemble de l’Éducation Nationale. De plus, même si une mobilisation propre aux AED et à l’ensemble des personnels les plus précaires de l’Éducation Nationale est importante, l’appel à une mobilisation nationale avec l’ensemble des travailleuses et travailleurs de l’Éducation Nationale est également nécessaire pour établir un rapport de force conséquent, capable de faire plier le gouvernement.

C’est pourquoi, mobilisons nous massivement le 26 janvier aux côtés de tous les salariés de l’Éducation Nationale ! Au-delà d’en faire une journée de lutte commune, il paraît primordial de construire un plan de bataille en lien avec l’ensemble des personnels des établissements scolaires. De plus, même si des Assemblées Générales se sont réunies depuis le 1er décembre jusqu’à maintenant, elles n’ont pas été réellement investies par l’ensemble des AED, des AESH et des APS, et ce en premier lieu du fait des responsabilités des directions syndicales qui n’investissent ni n’appellent à investir ces cadres d’un secteur de précaires avec peu de tradition d’organisation et syndicale. C’est pourquoi, il existe aujourd’hui une nécessité de renforcer ces cadres d’auto-organisation et de les impulser dans l’ensemble de nos lycées et nos collèges pour construire une mobilisation solide.

La lutte des AED est une lutte pour l’ensemble des travailleuses et travailleurs précaires des établissements scolaires, c’est pourquoi les militants et AED du NPA-Jeunes revendiquent :

  • L’accès à un CDI pour toutes et tous et la titularisation de tous les précaires de l’éducation nationale ;
  • Des embauches massives et une reconnaissance réelle des métiers d’AED et d’AESH ;
  • La mise en place d’un véritable plan de bataille national voté en assemblées générales et à imposer aux directions syndicales ;
  • Une revalorisation salariale immédiate ;
  • L’accès aux primes Covid et REP/REP+ ;
  • La réduction et le partage du temps de travail pour créer des emplois sans réduction de salaire
 
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