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La Izquierda Diario
20 de janvier de 2021 Twitter Faceboock

Violence policières
Violences policières. Après un contrôle de police violent, elle perd son bébé : justice pour Déborah !
Amira M

La jeune femme enceinte de 23 ans a perdu son bébé en décembre dernier à la suite d’une interpellation d’une violence extrême. Elle porte plainte pour violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique et exige justice.

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Crédit photo : Le Parisien

Rappel des faits : le 10 décembre dans un centre commercial du Val d’Oise Debora.A, 23 ans et sa cousine se font contrôler pour non-port du masque. Alors qu’elles remettent leurs masques, très vite, la situation s’envenime. Une policière insiste pour les verbaliser et affirme que les jeunes femmes l’auraient insulté. Cela justifie, selon la policière, un usage disproportionné - mais pourtant habituel - de la force. Une vidéo prise pendant l’interpellation montre sa cousine qui est jetée à terre et menottée par les policiers dans une scène d’une violence extrême. Alors que Debora tente de s’approcher de sa cousine pour comprendre ce qui se passe, une policière la pousse violemment contre le mur à trois reprises. Elle la secoue et lui demande de s’excuser plusieurs fois. Malgré le fait que Debora lui a signalé qu’elle était enceinte de 4 mois et demi et ce à plusieurs reprises, la policière n’a pas pour autant ménagé la victime. Cette scène d’une violence inouïe aura des conséquences dramatiques sur le bébé de la jeune femme.

Après 3 heures de garde à vue, Debora se rend aux urgences de Sarcelles où un gynécologue l’examine et lui dit qu’elle peut rentrer chez elle. Pourtant, elle ressent de violentes douleurs au ventre qui l’amènent une nouvelle fois aux urgences à l’hôpital Blanc-Mesnil. Après examen, un médecin lui prescrit un ITT de 8 jours alors que le premier médecin lui disait de retourner chez elle. On voit ici tous les maillons de la chaîne du racisme structurel qui s’immisce jusque dans l’accès aux soins et à la santé. La jeune femme sera ensuite hospitalisée et accouchera 10 jours plus tard d’un bébé mort-né. Son avocat affirme dans une interview qu’avec tous ces éléments « il y a plus qu’une suspicion, il y a une présomption ». L’autopsie du bébé est attendue dans les prochains jours.

Le parquet de Pontoise a depuis ouvert une enquête pour violence par personne dépositaire de l’autorité publique et l’IGPN a également été saisie. Quant à elle, Debora relève la tête et a porté plainte avec constitution de parti civil pour violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné des mutilations permanentes (la qualification d’homicide involontaire étant impossible pour un fœtus). Mais, alors que Debora a d’ores et déjà été convoqué le 6 juillet pour outrage à agent, aucune mesure de suspension n’a été prise contre les policiers en question à ce jour. Debora est un nouvel exemple des violences policières systématiques et du racisme d’Etat qui s’abat toujours plus sur les personnes racisées et les habitants des quartiers populaires.

Cet évènement s’inscrit dans un contexte de durcissement de l’appareil sécuritaire et d’utilisation de la crise sanitaire comme prétexte au renforcement de l’arsenal répressif qui vise toujours plus à mater les classes opprimées et exploitées. On peut penser à la Loi Sécurité Globale qui prévoit, entre autres, d’élargir les prérogatives de la police municipale ou encore avec le très controversé article 24 d’empêcher de filmer des policiers et gendarmes pendant leurs interventions.

Si une enquête a été ouverte par le parquet, nous ne pouvons évidemment pas faire confiance à une justice de classe qui ne protège que les siens. L’IGPN est une instance tenue par des policiers qui ne font que défendre d’autres policiers. C’est une machine à fabriquer l’impunité policière. Face à ces injustices, seul l’auto-organisation, et les mobilisations massives contres ces violences, comme celles menées par le Comité Adama en juin 2020, permettront d’imposer le rapport de force nécessaire pour obtenir vérité et justice pour les trop nombreuses victimes d’un système toujours plus répressif.

 
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