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La Izquierda Diario
28 de décembre de 2020 Twitter Faceboock

Crise sanitaire
La reprise épidémique révèle les limites du "tout-vaccin" et l’impréparation du gouvernement
Lucia Nedme

Si le gouvernement a lancé, en grande pompe, sa campagne de vaccination, nombre d’experts ne cessent d’alerter sur l’imminence d’une troisième vague. A la rentrée, le gouvernement devra se reconfronter à son manque de prévention de l’épidémie et un troisième confinement sera possiblement nécessaire.

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Crédits photo : THOMAS COEX / AFP

Ce dimanche, Mauricette, âgée de 89 ans, résidente de l’unité de soins de longue durée à l’hôpital Renée-Muret à Sevran (Seine Saint Denis) a été la première personne à avoir reçu une injection du vaccin anti-Covid en France.

Une scène très médiatisée, ouvrant en grande pompe la campagne du gouvernement, et qui va au-delà d’un simple vaccin, c’est un symbole. Le tweet de Macron l’illustre bien : «  Nous avons une nouvelle arme contre le virus : le vaccin. Tenir ensemble, encore.  ». Et assure que les frais du vaccin seront pris en charge, en ajoutant, « soyons fiers de notre système de santé ». Face au bilan de 10 mois de mauvaise gestion de la crise sanitaire, l’executif est donc en opération reconquête, en lançant une campagne du « tout vaccin » sur lequel il table quasi-exclusivement pour sortir de la.

Or, la réalité est qu’on est encore loin de là, même si le vaccin est véritablement efficace, les effets se verront que plus tard dans l’année. Dans ce sens, d’ici la mi-février, seulement 1 million de personnes seraient vaccinées, notamment les résidents des Ehpad et le personnel soignant souffrant d’une comorbidité. Ceci n’aura donc qu’un effet sur la baisse des cas mortels pour les personnes à risque mais pas pour l’ensemble de la population.

Selon les spécialistes, il ne faudra pas compter avec un vrai effet sur l’épidémie que quand près de 40% des français auront été vaccinés. Il faut ajouter à cela les nombreuses incertitudes qui entourent les vaccins aujourd’hui disponible, notamment sur la question des effets secondaires. A ce titre, l’opération vaccination lancé par le gouvernement ressemble avant tout à un coup de com’, qui plus à l’heure d’un rebond de l’épidémie en cette fin d’année 2020.

Impréparation des fêtes de la part du gouvernement

Avant noël, alors que les professionnels de santé alarmaient déjà le rebond de l’épidémie, pour le gouvernement il était hors de question de parler du reconfinement. Un « cadeau » donné à la population de part son bon comportement pendant le confinement, comme le disait Véran : « Un choix de mesures strictes et difficiles plus tôt pour laisser les français souffler pendant les fêtes », levant ainsi toute restriction sanitaire pour le 24. Mais Noël terminé, le retour est donc à une réalité catastrophique avec un rebond de l’épidémie.

La raison principale n’est en rien du aux fameux « comportements individuels » mis en avant par le gouvernement depuis le début de la crise sanitaire. En effet, la préparation même du « déconfinement de Noël » s’est borné à quelques opérations de dépistages isolés dans certaines villes, avec un dispositif largement insuffisant par ailleurs, et des recommandations solennelles. Pas de dépistages larges et massifs de la populations, ni de plan de prévention à la hauteur, encore moins de distribution de masques gratuits pour limiter au maximum les contaminations. Le regain épidémique post-Noël, qui se combine qui plus est avec l’arrivée sur la partie « continentale » de l’Europe de la nouvelle souche de Coronavirus à 70% plus contagieuse, est bien de la responsabilité pleine et entière du gouvernement et de sa politique sanitaire.

Face à cette réalité, le ministre de la Santé, Olivier Véran, dans un entretien au Journal du Dimanche, affirme déjà que « l’idée d’un troisième confinement n’est pas exclue »... en rajoutant une condition : « si la situation devait s’aggraver ». Une aggravation que l’on voit déjà mais Véran essaye de préparer les consciences à la mauvaise nouvelle qui nous attend à la rentrée.

En effet, on comptabilise déjà 15 000 contaminations par jour en moyenne alors que le taux était descendu à 11 000 à mi-décembre. Une situation qui ne cessera de se dégrader dans les prochains jours avec le brassage des gens pendant noël, c’est ce que les scientifiques appellent « l’effet thanksgiving ». Un effet qui, en cette époque de l’année, se couple au climat hivernal des prochains mois. Car ce qui dit froid, dit lieux clos pour se réfugier et donc moins aérés en plus des affections respiratoires qui vont avec. En effet, selon le météorologue Guillaume Séchet « en moyenne, une augmentation de la température de 1°C entraine une baisse de 3,1% du nombre de cas de coronavirus.] Mais la proportion de ses effets se verra déjà entre le 5 et 7 janvier.

Pour le moment, le virus paraît ne pas avancer de la même manière dans les différentes régions françaises. Dans le Grand-Est, depuis le début du mois la situation s’est fortement dégradée avec une augmentation de 70% en trois semaines, selon l’Agence régionale de santé (ARS). Elle conclut que : « L’activité Covid-19 des établissements de santé est désormais similaire à celle enregistrée la semaine juste avant le début du deuxième confinement ». Les régions comme le Grand-Est et Bourgogne Franche –comté seront possiblement confinées localement dans les jours qui viennent.

Le maire de Nancy, Mathieu Klein, juge sur Franceinfo comme « inéluctable » un reconfinement face a cette flambée de l’épidémie et appelle à « accélérer » la campagne de vaccination dans les régions les plus touchées.

Dans la logique du gouvernement, le confinement ne serait donc qu’un moyen pour gagner du temps pour que leur campagne de vaccination porte ses fruits- sans qu’ à côté il y ait des investissements pour l’hôpital public.

Une stratégie du tout vaccin qui reste très risquée et aventurière de part les incertitudes liées à celui-ci et que le vaccin reste au final un pari. De l’autre côté, rien n’est investi pour améliorer les protocoles sanitaires dans les entreprises et écoles, ni pour améliorer les conditions du personnel hospitalier, depuis longtemps débordé et épuisé.

Nous serons donc pendant ce temps encore soumis à un « stop and go » interminable, et on continuera à voir nos proches tomber malade avec des séquelles à vie, perdre leur emploi et mourir. Sans parler des dégâts psychologiques que provoquent les différents confinements sur la population générale. Tout cela car il est hors de question pour le gouvernement de changer leur stratégie du tout vaccin sans proposer un véritable plan sanitaire préventif.

Comme nous l’avons dit dans différents articles, il est nécessaire d’exiger un programme alternatif qui ne soit pas aux mains de ceux qui protègent les intérêts économiques de la classe dominante. Il s’agit d’attaquer à la racine des contaminations à travers une stratégie de dépistage et de prévention à la hauteur de la crise actuelle. Pour cela, il faut des moyens, il faut des embauches massives. Stopper les affaires qui se font sur notre santé et nationaliser sous contrôle des travailleurs tous les laboratoires, afin d’avoir une véritable transparence dans la recherche du vaccin, dont l’objectif sera la santé de la population et non pas les profits de quelques-uns. Encore et toujours, la lutte pour un service public hospitalier de qualité et contrôlé par celles et ceux qui y travaillent, pas par des gestionnaires sorties des écoles de commerce, et pour lui réinjecter les milliards donnés au patronat.

 
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