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La Izquierda Diario
2 de décembre de 2020 Twitter Faceboock

Edito
Loi Sécurité Globale et loi « séparatisme » même combat, retrait des lois liberticides et islamophobes !
Tom Cannelle

Sous pression de la mobilisation, Macron a annoncé que l’article 24 serait réécrit. Il prévoit notamment d’intégrer son contenu à la loi « séparatisme ». Face aux manœuvres du gouvernement il faut élargir les revendications et exiger le retrait total de la loi Sécurité Globale et de la loi « séparatisme ».

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Stéphane de Sakutin, AFP

Le mouvement contre la loi sécurité globale accélère l’ouverture de brèches au sein de la Macronie

Depuis samedi et les mobilisations ayant rassemblé quelques 300 000 personnes dans toute la France contre la loi sécurité globale, l’exécutif est en effervescence. Alors que la loi a été votée en première lecture à l’Assemblée, Macron, « agacé », selon le Monde, a dû intervenir adressant critiques et remontrances à son ministre de l’intérieur « Je veux garder l’ordre républicain, la liberté, l’unité et la concorde. En tant que président de la République, je suis garant de cet alliage entre liberté et ordre, et je ne veux pas passer d’un côté ou de l’autre ». Censé être l’atout régalien du gouvernement, Gérald Darmanin avec l’article 24 de la loi sécurité globale sur lequel il refuse toujours de transiger, tente effectivement de gagner à la macronie les franges les plus à droite des Républicains en draguant l’électorat d’extrême droite. Néanmoins, c’était sans compter avec la massivité et la radicalité d’un mouvement qui ouvre une nouvelle brèche en macronie.

L’article 24, qui pénalise la captation et la diffusion d’image des forces de répression, après l’affaire Michel qui a secoué la sphère médiatique et mobilisé massivement ce dernier samedi de mobilisation, a été suspendu pour réécriture dans une commission appelée par Jean Castex en début de semaine dernière. Une énième décision de l’exécutif qui décide encore une fois de fouler des pieds le parlement qui a adopté la loi et l’article 24. C’est l’approfondissement d’une tendance exacerbée depuis la crise sanitaire, à prendre le parlement pour une « chambre d’enregistrement », selon les propres mots de la députée LREM Aurore Bergé, et de faire en sorte que les décisions liberticides tel que le couvre-feu ne soient prises qu’en conseil de défense. Cette crise politique et institutionnelle qui secoue la majorité présidentielle peut avoir des conséquences considérables sur la fin du mandat Macron. Les députés vont en effet, selon l’Opinion, jusqu’à menacer « grève de l’hémicycle ». « Nous aussi allons nous moquer de l’avis du gouvernement. », préviennent ces parlementaires sur des boucles de discussions Telegram. Macron, qui s’est donc vu obligé d’intervenir a tenté d’apaiser la situation : « « C’est aux parlementaires de proposer une solution » a t il ainsi affirmé selon Le Figaro. Le chef de l’Etat redonne ainsi la main à sa majorité parlementaire (LREM, MODEM et AGIR) pour a réécrire l’article 24 de la loi Sécurité Globale, et désavoue ainsi Jean Castex qui avait annoncé la création d’une commission indépendante pour retoquer l’article. Mais si ces allers-retours témoignent effectivement d’une crise sur le terrain institutionnel – que la perte de la majorité absolue pour le groupe LREM à l’assemblée laissait présager depuis le début de la crise sanitaire – c’est bien la mobilisation large contre les attaques liberticides du gouvernement qui a poussé Macron a reculer pour chercher des portes de sorties.

« Si on tarde, le retrait de l’article 24 ne sera plus suffisant. C’est toute la proposition de loi qui sera menacée »

Face à cette nouvelle mobilisation d’ampleur, la majorité prend peur. Alors que samedi dernier les manifestants scandaient « pour le retrait total », « Macron démission », une source parlementaire a déclaré : « Si on tarde, le retrait de l’article 24 ne sera plus suffisant. C’est toute la proposition de loi qui sera menacée ».

Car les revendications des manifestants et notamment de la jeunesse descendue massivement dans la rue samedi dernier va au-delà de l’article 24. Et pour cause, les articles 23 et 25 de cette loi n’ont en effet, rien à envier l’article 24. L’article 25 prévoit ainsi d’autoriser les policer à porter leur arme dans les lieux publics en dehors de leur service, tandis que l’article 23 vise à supprimer les réductions de peine pour toute personne condamnée pour une « agression sur policier ». Une peine que Michel Zecler aurait pu encourir si la scène de son agression n’avait pas été filmée, soit dit en passant...

Loi sécurité globale, loi « séparatisme » : retrait de toutes les lois liberticides et islamophobes, un mot d’ordre central pour rassembler et remporter la bataille

L’ampleur de la mobilisation a obligé le gouvernement a reculé et annoncer la suspension de l’article 24. Cependant la promesse du gouvernement, pris en tenaille sur sa droite, consiste à réécrire cet article. Une manœuvre de Macron qui affirmait dans une réunion restreinte ce lundi relatée par le Figaro « travailler à la réécriture [de l’article 24 de la loi sécurité globale] dans le cadre du projet de loi séparatisme, sans passer par le cadre de la loi 1881 ».

A ce titre, l’article 25 de la loi séparatisme qui prévoit déjà de renforcer les condamnation pénale des personnes diffusant des éléments d’identification « autrui » dans sa « vie professionnelle », et en particulier des policiers, pourrait être renforcé avec le contenu de l’article 24 de la loi Sécurité Globale. Cette manœuvre aurait pour avantage pour le gouvernement de faire passer son offensive liberticide dans le cadre de la loi « séparatisme » qui bénéficie de l’instrumentalisation raciste et islamophobe du meurtre de Samuel Paty.

Dans ce sens, il est absolument nécessaire de lier la revendication du retrait total de la loi Sécurité Globale avec celle du retrait de l’ensemble des lois liberticides et islamophobes que tente d’imposer le gouvernement. Que ce soit la loi contre la Programmation de la Recherche qui se dresse contre les libertés académiques, ou la loi « séparatisme » qui stigmatise et réprime les musulmans ou présumés tels. Il n’en faudra pas moins pour élargir le front contre l’offensive sécuritaire et pour faire plier le gouvernement. D’où la nécessité de se lier avec les secteurs qui se sont mobilisés en juin dernier contre le racisme d’État et les violences policières, en particuliers la jeunesse et les quartiers populaires.

 
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