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La Izquierda Diario
22 de janvier de 2020 Twitter Faceboock

Scandaleux
Lubrizol. La présence d’amiante dans l’air confirmée
Camille Lupo

Alors que Lubrizol a partiellement ré-ouvert en mi-décembre dans l’impunité totale, la liste des conséquences désastreuses pour la santé publique de l’incendie de septembre dernier ne finit pas de grandir. Dernière en date : André Picot, président de l’association Toxicologie Chimie, a confirmé à la commission d’enquête du Sénat -à l’exact opposé des déclarations de la préfecture de Rouen- la présence d’amiante dans l’air.

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Crédit Photo : Environnement Magazine, Laurence Madoui

On se rappelle de Sibeth Ndiaye -la porte parole du gouvernement- qui “serait restée” à Rouen après l’incendie de Lubrizol car elle est “quelqu’un d’un peu rationnel ou d’Agnès Buzyn qui tentait de minimiser la toxicité des dioxines présents dans l’air , et largement de la campagne de désinformation portée par le gouvernement appuyé par les médias bourgeois pour masquer l’ampleur de la catastrophe, protéger les intêrets de l’entreprise Lubrizol et se dédouaner du manque de plan de prévention mis en place.

Le préfet de Rouen avait ainsi déclaré lors d’une conférence de presse le 1er octobre, qu’il n’y avait pas de “risque avéré par rapport à l’amiante”. Le 4 octobre s’en est suivi un communiqué sur le site web de la préfecture de Seine Maritime pour marteler une seconde fois la prétendue absence de risque lié à l’amiante et tenter de rassurer les habitants. Le journal Médiapart avait déjà révélé plusieurs éléments intrigants sur les analyses commandées par la préfecture, et des incohérences entre les résultats de ces analyses et le discours officiel de la préfecture.

Les déclarations du toxicochimiste André Picot à la commission d’enquête du Sénat remettent une nouvelle fois en cause ces discours ainsi que la campagne de désinformation du gouvernement et les font apparaître pour ce qu’ils sont : des mensonges. Il affirme qu’“il y avait un toit en fibrociment (…) Il est retombé en pluie de poussière d’amiante” et que les populations en contact direct ont été touchée par ces retombées, tout en rappelant aussi la toxicité de l’amiante à long terme. Il met directement en cause Agnès Buzyn qu’il ne juge “pas très au fait de ce problème” concernant les risques liés à l’amiante, en particuliers les cancers de la plèvre (l’enveloppe du poumon). Elle avait en effet demandé des analyses du foie des pompiers premiers exposés après la catastrophe : “Devant la pression des médias Madame Buzyn a demandé des analyses (…) de sang de l’état du foie de ces pompiers. Or tout le monde sait très bien que l’amiante n’a aucun impact sur le foie. Ils auraient mieux fait de vérifier un petit peu l’état de leur tractus pulmonaire.”

Ce sont des mensonges qui risquent de coûter cher non seulement aux pompiers intervenus sur les lieux de la catastrophe, mais aussi aux habitants de Rouen exposés à ce risque sanitaire. Pendant qu’il est permis par un arrêté préfectoral et avec la complicité du gouvernement Macron la réouverture de l’usine, et donc la suite de la course au profit pour Warren Buffet, troisième fortune mondiale à qui appartient le site, de nombreuses zones d’ombres perdurent sur les risques sanitaires et les conséquences écologiques de l’incendie de septembre dernier.

Des salariés et sous-traitants de Lubrizol ont plusieurs fois dénoncé les risques que prenait l’entreprise et qui ont mené à l’incendie, mettant en évidence la complicité entre le gouvernement et les grands industriels ainsi que leur incapacité à gérer une crise de santé publique, et rappelant une fois de plus que les seuls à pouvoir et à vouloir prendre les bonnes décisions pour le site sont les travailleurs eux même.

 
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