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La Izquierda Diario
1er de février de 2019 Twitter Faceboock

Une vie en moins tous les 2 jours..
Féminicides. 16 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint depuis le 1er janvier
Lili B

Depuis le 1er janvier de l’année 2019, 16 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, soit une femme tous les deux jours. Un triste chiffre, alarmant, qui met à nouveau en lumière de manière criante l’ampleur des violences de genre, dont les féminicides sont l’expression la plus violente.

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En 2018, selon la page facebook « Féminicide par compagnons ou ex », qui travaille à visibiliser et dénoncer ces crimes de genre, 119 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. En ce début 2019, la réalité est tout aussi alarmante, voire davantage. Cette page facebook ainsi que le collectif Nous Toutes - qui a émergé, dans le sillage de #Metoo, lors de la dernière journée internationale contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre – ont recensé jusqu’à présent 16 féminicides conjugaux. En effet, depuis le 1er janvier, 16 femmes ont été tuées par leur compagnon ou leur ex. Soit une femme tous les deux jours.. Ces vies arrachées viennent rappeler, de manière brutale, la réalité d’une société inégalitaire et patriarcale qui condamne les femmes à toujours plus de violences, économiques, sociales, sexuelles, physiques..

Ces crimes ne sont pas des faits divers. Ces femmes ont été tuées parce que femmes dans une société qui assigne les femmes à une place subalterne, qui donne aux hommes des droits sur les femmes, sur leurs femmes, notamment celui de leur enlever la vie. Le traitement médiatique et judiciaire des féminicides témoignent de cette réalité. En effet, la réalité, systémique, des féminicides est totalement occultée pour laisser place aux « faits divers », aux « drames familiaux », ou encore aux « crimes passionnels » qui invisibilisent dés lors la racine et la nature de ces crimes : les violences de genre et patriarcales. Tendant parfois même à tenir les victimes comme « co-responsables », comme ce fut le cas pour Alexia Daval, tuée par son mari de l’époque, qui fut présenté par les médias et son avocat comme une victime, au même titre que cette dernière.

Face à l’indifférence généralisée, par les politiques en premier lieu, de ce fléau que représentent les féminicides et plus généralement les violences de genre, qui broient et arrachent des millions de vies, en France et ailleurs, faisant également de nombreuses victimes collatérales, comme les enfants des victimes – invisibilisés et ignorés également comme le dénonce dans leurs publications le groupe « Féminicide par compagnons ou ex ». « Nous toutes » a crée le site Ne les oublions pas, afin de rendre ces féminicides visibles. Sur ce site, on peut également s’inscrire sur un formulaire, pour être alerté des nouveaux cas de féminicides. L’idée de « Nous Toutes » étant également que chaque personne puisse interpeller le président sur cette situation.

Cette initiative visant à visibiliser les féminicides et les victimes, bien souvent noyées et anonymisées dans des chiffres annuels dont peu de monde s’indigne, est extrêmement positive. Lutter contre les féminicides, c’est commencer par lutter pour leur reconnaissance.
Cependant, concernant l’idée d’interpeller Macron afin d’obtenir des avancées, la politique menée par l’exécutif depuis le début de son quinquennat démontre bien que, contrairement à ses déclarations hypocrites, les femmes sont loin d’être la "grande cause du quinquennat" promise par Macron et Schiappa. La politique profondément antisociale menée par l’exécutif a pour effet en réalité d’accroître considérablement la précarisation des femmes. Les divers plans en matière d’égalités et de luttes contre les violences de genre mis en place par les gouvernements successifs ont par ailleurs montré que ces derniers n’ont pas amélioré de manière significative les conditions de vie des femmes et des minorités de genre.

Plus, en réalité, la lutte contre ces violences de genres et contre les féminicides passe nécessairement par une lutte contre le système actuel, ses institutions, ainsi que les politiques qui n’investissent pas dans les structures d’accompagnement et de protection pour les femmes victimes de violences, qui mènent des politiques d’austérité visant à détruire les hôpitaux publics, et qui détiennent les grands médias qui nient la réalité des violences sexistes et des féminicides comme violences systémiques et les présentent comme des faits divers. Un système incapable de lutter contre les conséquences de ces violences mais qui contribue et bénéficie de leur reproduction. L’oppression des femmes au sein de la famille et de la société, se retrouve dans la sphère économique avec, entre autres, des salaires plus bas, des conditions de travail plus précaires ; ces oppressions dans différents domaines sont interdépendantes et permettent de se justifier les unes et les autres.

Ainsi, plus que des interpellations qui n’auront pas d’échos auprès du gouvernement en place, il est nécessaire que les femmes, minorités de genre et toutes les victimes de violences patriarcales, prennent la tête d’un combat collectif contre les féminicides, en toute indépendance de l’Etat et de ses institutions, pour qu’il n’y ait pas une femme de plus qui meurt du fait des violences patriarcales.

 
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