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Politique

Macronienne dans l'âme

Yaël Braun-Pivet : après l’affaire Benalla, la présidence de l’Assemblée Nationale

Ce mardi 28 juin, Yaël Braun-Pivet, députée LREM, a été élue présidente de l'Assemblée Nationale. Cette nouvelle figure de la macronie n'est pas une inconnue en politique. Ayant notamment oeuvré à étouffer l'affaire Benalla, elle incarne une figure de confiance pour Macron.

vendredi 1er juillet

Crédit photo : AFP

Ce mardi 28 juin, Yaël Braun-Pivet, députée LREM, a été élue présidente de l’Assemblée Nationale. Elle était vue comme “favorite” pour accéder à cette place interne au parlement. Malgré le fait qu’elle soit entrée en politique récemment, elle est d’ores et déjà bien connue pour des positions suivant la ligne de son parti.

En effet, 1 an après avoir quitté le PS pour LREM en 2016, elle est élue députée dans les Yvelines. Quelques jours après cette élection, elle se voit également devenir présidente de la commission des Lois de XVème législature. En 2018, par sa place dans le gouvernement, elle préside la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Benalla. Cette commission s’est terminée après quatre auditions, car Braun-Pivet jugeait “« inutile » de poursuivre des auditions sur « des dérives individuelles »” selon Le Monde, et a refusé de publier le rapport.

Puisque Macron et son gouvernement étaient remis en cause, la présidente de cette commission avait tout intérêt à protéger son parti, s’alignant par la même occasion à la politique d’impunité de LREM que nous connaissons bien depuis le premier quinquennat Macron.

Cependant, cette commission n’a pas été la seule position houleuse de Braun-Pivet en ce qui concerne Benalla. À la fin de cette même année, alors que des médias diffusaient que l’ancien chargé de mission de Macron avait encore ces deux passeports diplomatiques (et ne se privait pas de voyages luxueux), l’actuelle présidente de l’Assemblée Nationale a refusé d’ouvrir une nouvelle enquête parlementaire. Elle s’était justifiée en disant qu’elle refusait que l’opposition “instrumentalise l’affaire”, lorsque cette même opposition cherchait à savoir les liens qui restaient entre Benalla et le gouvernement.

Par la suite, Braun-Pivet a poursuivie sa carrière macronienne avec un passage éclaire en tant que ministre des Outre-Mer. À ce propos, elle avait déclaré au micro de France Inter : “C’est une proposition qui ne se refuse pas tellement elle est enthousiasmante sur le fond et sur la forme”. Fierté de poursuivre la gestion coloniale donc.

De plus, dans une période où le droit à l’avortement se voit interdit aux États-Unis, elle s’était, en 2018, positionnée contre l’inscription du droit à l’IVG dans la constitution, déclarant que "Les droits des femmes à l’égard de la contraception et de l’avortement sont aujourd’hui extrêmement bien assurés dans notre pays. Je ne crois pas que l’inscription de ces droits dans la constitution, d’une part soit nécessaire, d’autre part, soit utile”. Maintenant que LREM tente de donner des gages de progressisme suite à l’abolition de la jurisprudence états-unienne garantissant le droit à l’avortement, la question de sa constitutionnalisation est cette fois plébiscitée par la majorité. Une proposition hypocrite qui montre bien les calculs politiciens dont n’est pas étrangère la nouvelle présidente de l’Assemblée Nationale.

De la protection des membres du gouvernement en passant par l’impunité des violences contre les manifestants, jusqu’à la gestion coloniale des territoires d’Outre-Mer, Yaël Braun-Pivet remplit parfaitement le rôle de figure de la macronie. Ses positions politiques et son poste au gouvernement sont des expressions d’une continuité claire avec l’ère Macron I.



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