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Genres et sexualités

Marche des fiertés et Queer March

Week-end de pride à Montpellier : entre radicalité et pinkwashing 

Dans un contexte d’offensive réactionnaire à l’international contre les droits LGBTI+ et féministes, deux manifestations ont eu lieu dans le cadre du mois des fiertés LGBTI+ à Montpellier : la Queer March et la Marche des fiertés.

mercredi 29 juin

La Queer March, anciennement appelé Pride de nuit, organisée par une coalition d’organisations politiques LGBTI+ et féministes, avait pour mots d’ordre la dénonciation du pinkwashing fait chaque année à la même période par la mairie de Montpellier, et l’opposition à la montée de l’extrême-droite à travers le slogan “Les Queers emmerdent la droite et ses extrêmes”. Refusant la récupération des questions LGBTI+ par les grandes entreprises et les institutions bourgeoises, les participant·e·s revendiquent l’héritage de Stonewall comme modèle de lutte.

La marche des fiertés de samedi s’inscrivait, elle, dans un circuit institutionnel : porté par l’association Fierté Montpellier Pride, elle a réuni 15 000 participants. En cortèges de tête, la Région Occitanie et la Mairie de Montpellier ont distribué des goodies spécial “Pride Month”. Il faut dire que le maire Michael Delafosse n’en n’est pas à sa première année de pinkwashing : l’année dernière, il avait déjà repeint la ville à coup d’arc-en-ciel et de “Montpellier t’aime.” Au même moment, la municipalité multicolore détruisait à coup de bulldozers des bidonvilles, évidemment sans solution pour des habitants précaires et sans-toit

Parmi les représentants de l’Etat présents à cette marche, Laurence Cristol, députée LREM ex-LR. Derrière son tweet “contre les discriminations” posté à la suite de sa participation, se cache en réalité une partisante de la Manif pour Tous, comme le révèle le compte Instagram lecoindeslgbt.

Autre fait notoire et pas des moindres : la tentative d’infiltration d’individus fascistes au sein de la foule, rapidement dégagés par des militants.

Si cet incident n’a heureusement pas fait de blessés, il s’inscrit dans une offensive réactionnaire plus large, comme ce fut le cas lors de la Pride bordelaise.

En effet, ces faits, loin d’être anodins, illustrent une montée des idées LGBTIphobes : on peut penser par exemple à la multiplication des déclarations et échéances transphobes à travers des groupuscules tels que l’Observatoire de la Petite Sirène

Ce week-end de Pride montpelliérain illustre à son échelle les tensions politiques par lesquelles passe le mouvement LGBTI+ et la nécessité d’une délimitation et d’une perspective révolutionnaire et de classe, pour contrer toute illusion institutionnelle. En effet, alors que le droit à l’IVG vient d’être révoqué aux Etats-Unis, première puissance mondiale, et sous le gouvernement démocrate de Biden, il est plus que jamais nécessaire de rappeler que nos droits ne sont pas des promesses de campagne : c’est dans la rue qu’on les obtient et qu’on les défend !

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