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Débats

Extrême-droite

Warren Montag : « Attendre de l’État qu’il défende la gauche ou les minorités serait une très grave erreur »

Pour beaucoup le danger de l'extrême droite est minime car son influence reste faible. Pour autant peut ont vraiment être rassuré par le fait que « seulement » 45% des républicains, ce qui représente le nombre non négligeable de 30 millions de personnes, soutiennent l'irruption au Capitole ? Warren Montag dans cet entretien avec le journal frère La Izquierda Diairio nous rappelle qu'il faut à tout prix rejeter l'économisme facile pour comprendre le phénomène Trump, qu'il s'agit de bien plus que d'une simple contradiction entre la base et la superstructure.

vendredi 15 janvier

Illustration : Rafa R.

Warren Montag est professeur de littérature britannique et de philosophie politique à l’Occidental College de Los Angeles. Il est également l’un des principaux spécialistes dans le domaine des études althussériennes, rédacteur en chef de la revue Décalages et auteur de plusieurs ouvrages. Dans cet entretien avec Juan Dal Maso publié pour la première fois dans l’hebdomadaire en ligne Ideas de Izquierda, il nous donne son point de vue sur les événements récents aux États-Unis, la situation des partis de l’establishment et la politique que la gauche devrait mener. 

Juan Dal Maso : Quelle est la signification des événements de mercredi dans la capitale américaine et quel impact cela aura-t-il sur la situation politique ?

Warren Montag : La mobilisation souhaitant opérer un renversement des résultats de l’élection présidentielle de 2020 qui a abouti à l’assaut du Capitole, a été vue à la fois comme une forme burlesque de l’extrême droite et comme une « insurrection » ? Pourtant, ce n’était ni l’un ni l’autre, la signification de ces évènements réside davantage dans ce qu’elle nous dit que dans ce qu’elle a accompli ou cherché à accomplir. En effet, elle a montré une multiplication des forces de l’extrême droite par la consolidation d’un certain nombre de mouvements, auparavant distincts de la droite extrême, en un front uni efficacement contre le port obligatoire de masques, la vaccination et la "menace imminente du socialisme" bientôt imposé par Joe Biden, Nancy Pelosi ou encore Chuck Schumer. De plus, derrière le prétexte que Biden n’a été élu qu’en raison d’une fraude électorale massive (malgré le fait que sa marge de victoire était de plus de 7 millions de voix), une coalition de suprémacistes blancs, de néo-nazis et de milices privées, s’est récemment élargie pour inclure les militants anti-vaccination et les négationnistes du coronavirus politisés dans les mouvements anti-confinement et anti-masque. Ils ont cherché à forcer le pays à accepter Trump comme le véritable vainqueur de l’élection présidentielle de 2020.

Dans son origine, ce mouvement avait un but essentiellement juridique visant à annuler l’élection par des moyens de pression sur les fonctionnaires au niveau des différents États pour qu’ils soutiennent les allégations de fraude. En effet, la campagne légale était de plus en plus contestée et ce même dans le camp des républicains, la certification de la victoire de Biden étant presque certaine. Trump avec le soutien d’un nombre important de politiciens de droite, a convoqué l’aile « militaire » du mouvement, à Washington DC, dans le but d’intimider les membres du Congrès afin qu’ils acceptent d’enquêter sur les allégations déjà réfutées de fraude électorale massive. Il espérait, en augmentant le volume des menaces et du harcèlement, contraindre une majorité à la Chambre et au Sénat à déclarer les résultats certifiés de l’élection de 2020 frauduleux et à affirmer qu’il avait en fait remporté l’élection.

On ne sait pas exactement ce que les forces pro-Trump avaient prévu de faire lorsqu’elles ont violé les défenses du bâtiment du Capitole. Pour autant, les plus disciplinés des groupes participants ont cherché à affronter les plus influents parmi les opposants de Trump. Il y a des preuves à la fois à travers les communications interceptées, des vidéos et des photographies, que certains de ceux qui sont entrés dans le bâtiment avaient l’intention de prendre des otages, et il a été question d’« exécuter les traîtres ». Ce qui est clair, c’est que Trump ou des membres de son administration, ainsi que la police du Capitole, sont intervenus pour empêcher, au moins pendant 2-3 heures, l’intervention des troupes de la Garde nationale visant à sauver les élus cachés dans les bureaux et les coulisses. En outre, un certain nombre de gardes ont été vus laissant des manifestants entrer dans le bâtiment et même ouvrir des bureaux spécifiques qui ont ensuite été saccagés.

Il ne fait aucun doute qu’à court terme, le spectacle qui s’en est suivi a profité aux démocrates qui avaient déjà réussi à capturer à la fois la Chambre des représentants et le Sénat. La décision de Trump et de son entourage de puiser dans le répertoire tactique du fascisme - que nous définissions ou non ce mouvement comme fasciste, néo-fasciste ou autre - a fracturé le Parti républicain, avec un segment croissant opposé à Trump (sur la base de sa défaite électorale plutôt que sur les politiques qu’il a promues et le sentiment croissant que son instabilité psychologique et ses exigences de loyauté absolue causaient le chaos au sein du Parti et au gouvernement en général).

En opposition à la faction anti-Trump, un groupe assez important qui comprend entre autres de nombreux membres parmi les plus récents et les plus jeunes du Congrès a déclaré son allégeance totale à Trump : ils ont grandi avec le Tea Party (l’opposition d’extrême droite à Obama) et Trump, sont plus ouvertement racistes, et ont tendance à penser la politique en termes de conspirations, qu’il s’agisse de celles diffusées par le réseau populaire QAnon ou de nouvelles versions portant sur le thème de la domination juive du monde. Après la reprise du bâtiment du Capitole, les membres de cette faction (et leurs partisans dans les médias) ont fait valoir que l’occupation avait été menée par des Antifas se faisant passer pour des « patriotes ». Bien qu’ils aient perdu certains partisans après la débâcle du 6 janvier, un nombre étonnamment élevé est resté ferme et a continué à affirmer que l’élection était illégitime et que Trump devrait conserver la présidence. Entre ces deux pôles se trouve un grand groupe, attiré politiquement par Trump, mais peu disposé à le suivre sur la voie d’un régime autoritaire, en particulier compte tenu de son attirance de plus en plus ouverte pour la violence.
 
La scission dans le parti est désormais très importante et deviendra encore plus profonde dans la période à venir, alors que les enquêtes sur la prise d’assaut du bâtiment du Capitole commencent. Cette division profiterait aux démocrates s’ils avaient la capacité et plus encore le désir d’en profiter ; en ce sens les premiers mois de la majorité démocrate au Congrès seraient propices pour adopter le Green New Deal et Medicare for All. Cependant, de telles réformes sont très peu probables ; il est plus probable que la direction du Parti néolibéral tente de forger une alliance avec les républicains anti-Trump, se mettant alors en opposition avec sa propre aile progressiste ainsi que les républicains trumpistes. 
 
Juan Dal Maso : Quels sont ces mouvements de droite et quel rôle la base de Trump pourrait-elle jouer dans la période à venir ?

Warren Montag : Le mouvement Trump (qui n’est plus identique ou limité au Parti républicain), malgré les apparences, a en fait accompli quelque chose de plus significatif que son échec pour arrêter la certification de la victoire électorale de Biden. Il a démontré sa capacité à utiliser des degrés de force variables selon la situation et donc sa connaissance des tactiques (dans des actions largement filmées et publiées sur les réseaux sociaux). Tout aussi important, il a montré l’appui sur lequel il peut compter de la part des forces de police, même dans la capitale nationale. Loin de se sentir vaincus, les participants eux-mêmes, qui se sont éloignés librement du Capitole, lorsqu’ils ont choisi de le faire, ont célébré de façon exubérante leur action : ils sont bien conscients que les scènes mêmes qui ont choqué les libéraux d’âge mûr leur apporteront des dizaines de recrues et que les démonstrations ouvertes de racisme et d’antisémitisme frapperont un nombre important de jeunes (et pas si jeunes) hommes blancs, en faisant foi d’un défi courageux des normes sociales « anti-blanches ».

Le fait que peu d’entre eux aient été arrêtés ou blessés, en contraste total avec la réponse brutale aux manifestants Black Lives Matter (BLM) qui n’ont fait que marcher dans la rue, ne fera qu’ajouter à l’attrait de ce mouvement pour son public cible. Les récents efforts pour dénoncer la suprématie blanche et s’y opposer dans la pratique (dans la rue, dans les écoles et les espaces publics, surtout dans les manifestations du BLM en mai et juin 2020, en raison de leur taille et de la diversité des participants) se sont avérés menaçants pour ceux qui se sont engagés à « défendre la race blanche ». BLM et antifas sont désormais les principaux ennemis et cibles des organisations de combat de rue nationaliste blancs, ont été si régulièrement calomniés dans les médias de droite que les citoyens des zones rurales, en grande partie blanches, ont récemment mis en place des barrages routiers pour empêcher une invasion des communistes « Black Lives Matter »…

La défense des formes matérielles du privilège racial n’est pas le seul objectif de ce mouvement. Malgré ses prétentions révolutionnaires, il a toujours agi de concert avec les objectifs du capital, en particulier pendant la pandémie. Les organisations suprémacistes blanches ont rapidement organisé des manifestations anti-confinement et anti-masque qui ont aidé à « maintenir l’économie en marche », prolongeant et aggravant la pandémie. Leur insistance sur le fait que la pandémie était un canular ou une simple grippe a privé les revendications des travailleurs de première ligne de leur justesse ; des médecins, des infirmières et des personnels hospitaliers de toutes sortes ont été menacés et agressés pour avoir appuyé le « mensonge » Covid. De même, les employés des supermarchés dans l’ensemble des Etats-Unis ont été victimes de violence pour avoir demandé aux clients de porter un masque, tandis que les responsables de la santé publique reçoivent constamment des menaces de mort. En fait, la pandémie a donné l’impulsion à la convergence et à la mobilisation de tendances autrefois divergentes, comme indiqué ci-dessus, en une nouvelle force plus puissante et plus réactionnaire : l’aile droite du christianisme évangélique, des mouvements anti-climat et anti-vaccination, les organisations racistes traditionnelles et émergentes, les milices antigouvernementales et QAnon.

Un sondage effectué le lendemain de l’attaque du Capitole a révélé que 45% des républicains approuvent l’action et pensent que Trump doit être imposé par la force comme président, tandis que 43% s’opposent ou du moins ne soutiennent pas le recours à la violence pour atteindre cet objectif. L’extrême droite a ainsi créé une base d’environ 30 millions de personnes, dont un nombre croissant rejette explicitement le principe de la démocratie et est prêt à accepter un régime autoritaire. Une chance réside dans le fait que l’objet de leur vénération soit paralysé par le narcissisme et le déclin cognitif. Ce n’est qu’une question de temps, cependant, avant qu’un nouveau Trump n’émerge, moins délirant et plus compétent ; la voie de la mise en place d’un régime autoritaire contre la volonté de la majorité de l’électorat est désormais bien établie, d’autant plus que contourner ou piétiner les étalonnements légaux contre l’opposition est devenu coutumier. Trump a identifié tous les points faibles du système électoral qui, avec l’aide d’un mouvement de masse armé et en colère, peuvent être exploités pour permettre au perdant d’une élection de sortir victorieux. Comme ce fut le cas avec le fascisme italien dans les années 1920 et le national-socialisme allemand entre 1926 et 1933. Le succès de cette entreprise exige que le mouvement de masse crée une atmosphère de peur et d’intimidation pour amener les politiciens et les juges à s’adapter à ses objectifs. 

Juan Dal Maso : Quelles politiques la gauche, les organisations ouvrières et les mouvements antiracistes devraient-ils porter ?

Warren Montag : Suite aux événements du 6 janvier, la gauche, concentrée dans le parti démocrate, où les discussions stratégiques et tactiques connaissent des obstacles redoutables, était déjà désorientée par la pandémie et incapable de contester l’offensive d’extrême droite contre les mesures destinées à stopper la propagation du virus. La base la plus évidente d’une telle opposition aurait été la valorisation de la lutte des travailleurs qui souffrent le plus de Covid-19 (les infirmier.ères, enseignant.es, travailleur.ses de production et distribution alimentaire etc.) pour obtenir des protections sur le lieu de travail et face à l’augmentation des contaminations, d imposer un arrêt général. La gauche aurait pu organiser une campagne de solidarité à l’échelle nationale qui aurait sapé l’offensive - efficace - de l’extrême droite.

Au lieu de cela, la plupart de la gauche s’est tournée uniquement vers la tactique électorale dans l’espoir de nommer Bernie Sanders comme candidat démocrate et de vaincre Trump sur la base d’une plate-forme social-démocrate largement populaire. Lorsqu’il était clair que Sanders avait moins de soutien qu’en 2016 et que Biden est apparu comme le seul candidat viable, la plupart ont continué à militer pour le Parti démocrate en soutien aux candidats progressistes ou pour Biden au motif que Trump était trop dangereux. Les démocrates ont parlé de tentative de coup d’État de Trump ou même d’insurrection. Bien que de tels termes aient pu correspondre aux fantasmes de Trump, le recours à la force aurait mis fin à l’occupation très rapidement : il ne représentait pas une menace réelle pour l’ordre politique américain. La définition des événements comme un coup d’État a permis aux fractions antagonistes du Parti démocrate (et même d’une partie du Parti républicain) de se rassembler pour empêcher Trump de faire une dernière tentative pour contester les résultats de l’élection.

La gauche, qui a contribué à la double victoire des démocrates en Géorgie et donc à leur majorité dans les deux chambres du Congrès, a peu de travail. Le cabinet de M. Biden représente un retour aux politiques de Clinton qui ont permis à Trump de gagner en 2016, notamment en mettant l’accent sur l’équilibre budgétaire qui ne peut qu’aggraver les inégalités économiques déjà sans précédent. Le danger auquel est confrontée une grande partie de la gauche est de devenir la force de travail du Parti démocrate sans influence significative sur sa politique, c’est-à-dire une opposition loyale qui justifie son rôle subordonné en pointant du doigt les mauvais choix du candidat républicain. La tactique électorale devient le point central au détriment de la construction d’organisations de travailleurs et de la participation à des mouvements antiracistes comme le mouvement BLM ou la défense des immigrés. 
 
En fait, du point de vue de l’arène électorale, de tels mouvements avec leurs revendications « irréalistes » et excessivement radicales, de Medicare for All à Defund the Police, en viennent inévitablement à être considérés comme des obstacles à l’élection du « moindre mal » (qui est un consensus large allant des partisans du parti démocrate jusqu’à une partie des républicains hostiles à Trump). Cette partie de la gauche prône la répression la plus draconienne de l’extrême droite et la criminalisation de diverses formes de protestation et d’action de masse sans craindre que de telles lois soient utilisées avec une fréquence et une force beaucoup plus grande contre la gauche. La démobilisation qu’apporte le recours à la politique électorale contribue à la dérive vers la droite de la politique en général. Attendre que l’État, au niveau fédéral ou local, défende la gauche et les communautés de couleur contre les suprémacistes blancs violents, serait une grave erreur au moment même de la collusion des organismes d’application de la loi dans l’assaut du Capitole.

Une autre tendance, moins importante, rejette la caractérisation de l’action du 6 janvier comme une tentative de coup d’État ou une insurrection, mais continue de minimiser le danger posé par les forces qui ont mené l’action. Un article récent dans Jacobin, la principale plate-forme de cette tendance, soutient que l’extrême droite a subi une défaite décisive au Capitole, qui, compte tenu de sa faiblesse et de son incompétence, a neutralisé toute menace qu’elle aurait pu représenter. En tout cas, il n’a jamais été et ne sera jamais une sorte de fascisme ou de proto-fascisme parce que le seul fascisme qui ait existé a émergé d’un processus dans lequel « les nouveaux secteurs capitalistes dynamiques, en particulier l’industrie manufacturière de pointe, ne pouvaient pas trouver d’espace au sein des institutions étatiques existantes pour l’expression de leur pouvoir politique. En réponse, ils en sont venus à cultiver et à soutenir des forces radicales - les partis fascistes - qui restructureraient l’État pour accommoder leur suprématie émergente au sein de leurs économies nationales ». 
 
Selon ce récit, le fascisme en Italie et en Allemagne est expliqué comme le résultat nécessaire de la contradiction unique et simple entre la base et la superstructure, plutôt que le résultat de la lutte de classe, et parce que cette contradiction n’existe pas aujourd’hui, il ne peut y avoir aucun danger de fascisme. La preuve : Trump et le Trumpisme ont été balayés alors que la classe dirigeante revient au consensus républicain-démocrate traditionnel. Le mouvement Trump est une petite « équipe hétéroclite » désorganisée (soutenue, notent les auteurs, par à peine 45% du Parti républicain, soit 30 millions de personnes) qui s’est autodétruite avec Trump lui-même. Exagérer son pouvoir ou assister au danger illusoire du fascisme ne fera que pousser la gauche vers le Parti démocrate et une subordination de la politique socialiste à la défense d’une démocratie qui est en fait une couverture pour le néolibéralisme.

Mais devrions-nous être rassurés que « seulement » 45% des républicains, soit 30 millions de personnes, soutiennent ce qu’ils croyaient eux-mêmes être une tentative de force au Congrès pour permettre à Trump de rester président ? Plus important encore, et en laissant de côté l’économisme facile qui prend la place de l’analyse de la situation concrète, est-il vrai que le néolibéralisme est en quelque sorte incompatible avec quelque chose qui ressemble étroitement au fascisme, et dont l’arrivée serait catastrophique pour la gauche ? Comme indiqué ci-dessus, les mobilisations d’extrême droite, en particulier pendant la pandémie, ont objectivement servi les intérêts du néolibéralisme en forçant la reprise de toutes activités économiques et en obligeant les travailleurs à choisir entre s’exposer au Covid-19 ou tomber dans l’extrême pauvreté (balayant de pair la revendication pour des mesures de sécurité). Le Wall Street Journal n’aurait pas pu imaginer un moyen plus efficace de répondre à ces demandes immédiates que le mouvement anti-confinement / anti-masque.

Cela ne signifie pas que l’extrême droite puisse être comprise comme un effet direct du néolibéralisme, mais elle est un moyen qu’il a créé pour lever les obstacles existants à sa propre expansion. Un tel économisme existe en partie aujourd’hui pour rendre invisible le racisme et la résistance à celui-ci, en ne le reconnaissant que sous la forme négative d’une "politique identitaire", une étiquette qui prive de légitimité la lutte contre le racisme. En fait, le racisme, l’islamophobie et l’antisémitisme sont tout sauf invisibles dans l’extrême droite : ils sont le fondement de l’identité blanche/européenne qui est si importante pour ses militants. Si l’on considère les rapports de force au niveau de la rue, l’extrême droite n’a jamais été aussi puissante, n’a jamais été capable de mobiliser le nombre de personnes que nous avons vu récemment à Washington D.C., une ville où, il y a deux ans, elle ne pouvait pas organiser une seule marche conséquente. 
 
Les événements récents ont montré une chose très clairement : il appartient à ceux d’entre nous qui ne se font pas d’illusions envers le parti démocrate ou l’arène électorale et qui ne sont pas disposés à nier la menace très réelle et croissante du fascisme de commencer à construire une organisation antifasciste et antiraciste indépendante, large et diversifiée, capable de faire face au danger qui se présente à nous.

Traduction de l’article publié initialement dans [La Izquierda dario->https://www.laizquierdadiario.com/Esperar-que-el-Estado-defienda-a-la-izquierda-o-las-comunidades-contra-los-supremacistas-blancos




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