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Jeunesse

Enquête Médiapart

Violences, harcèlement : quand l’Université de Paris s’acharnait sur une étudiante en situation de handicap

Une enquête publiée par Mediapart retrace le parcours de Julie*, étudiante en droit à l’ex-Paris Descartes (actuellement Université de Paris) et révèle le harcèlement terrible qu’elle a subi en raison de son handicap. En tant qu’organisation étudiante de l’université de Paris, nous exprimons toute notre solidarité à cette étudiante, et dénonçons la responsabilité de l’université.

samedi 16 octobre

Crédits : Capture d’écran vidéo de Mediapart

Dans une enquête de Mediapart publiée ce mardi, on découvre l’histoire terrible de Julie*, une étudiante en droit à l’Université de Paris. Cette dernière souffre d’un handicap lourd et a subi un harcèlement continu de la part de la faculté pendant des années. L’article détaille des faits d’une violence rare, et pour lesquels la responsabilité de l’Université ne fait aucun doute.

D’après son dossier médical Julie, souffre « d’une polypathologie qui lui vaut un taux d’incapacité́ supérieur ou égal à 80% », elle doit de fait « s’aider d’une béquille, de sa main droite, pour traîner une bouteille d’oxygène de la main gauche » souligne Mediapart. Pour poursuivre ses études le plus sereinement possibles et passer ses examens dans des conditions correctes, Julie avait besoin de quelques aménagements et délais. En face la seule « réponse » qu’a offert l’université a été de chercher à la contraindre à passer ses examens à l’hôpital. Cet épisode a ouvert un déchaînement de discriminations, de violences et de harcèlement.

Refus de passage d’examens, mensonges, humiliations, refus de stockage de bouteilles d’oxygène, interdiction d’accès à l’université… voilà un petit échantillon de ce qu’a subi durant trois ans Julie, à l’Université de Paris. Une longue liste des faits que Médiapart détaille dans son enquête.

Des violences physiques et psychologiques qui iront jusqu’à des actes de mises en danger directe comme lorsque : « la secrétaire a alors tiré sur son tuyau d’oxygène pour la contraindre à quitter le service, décollant ainsi le scotch de ses lunettes à oxygène » ou encore quand « l’une des secrétaires retire la béquille de Julie pour qu’elle aille la chercher à l’extérieur de l’établissement ». Un harcèlement de la direction de l’université qui ne s’est pas arrêté là puisqu’ils l’ont également poursuivi en justice ou menacé de plaintes pour « diffamation non publique », « trouble à l’ordre public », « menace », etc. Cette situation d’une violence inouïe conduira Julie à tenter de mettre fin à ses jours.

Le harcèlement se joue à différentes échelles de l’université, médecin, service médical, référent handicap, mais c’est jusqu’en très haut lieu de l’université que s’orchestre ce harcèlement. C’est tout d’abord l’ancienne directrice de l’IEJ (Institut d’Etude Judiciaire) Clothilde Grare-Didier qui va consciemment refuser à Julie l’accès à sa salle d’examen. Médiapart explique en effet qu’elle « craignait que la faculté perde l’habilitation pour être un centre d’examen du CRFPA » s’il arrivait quelque chose à Julie. Mais loin de s’arrêter à ces cyniques considérations, elle est allée jusqu’à remettre en cause l’existence de la maladie de Julie, en affirmant lors d’une réunion : « On ne sait même pas si c’est vrai cette histoire de maladie ». Et au sein de la direction, Clothilde Grare-Didier est loin d’être isolée. Elle est soutenue par Anne Laude doyenne de l’époque et par Frédéric Darel le président de l’université Paris Descartes à l’époque. Anne Laude est actuellement conseillère à l’Elysée et Frédéric Darel a été conseiller de Frédérique Vidal jusqu’en juin 2020…On le voit très clairement, et Julie le dénonce, la direction de l’UFR de droit et de l’ex Université Paris Descartes sont au cœur du harcèlement qu’a subi Julie, et quand cette dernière doit encore affronter de nouvelles épreuves judiciaires pour espérer finir son cursus, les deux hauts-placés sont passés au gouvernement…

A l’œuvre dans cette histoire terrible, une fac des plus élitistes et sélectives, avec une direction qui choisit consciemment d’éliminer les personnes qu’elle considère comme « des maillons faibles ». Même si Julie a subi une violence extrême, ce sont l’ensemble des étudiants handicapés qui doivent mener une lutte constante pour pouvoir avoir accès à des études aménagés comme le montre un article de Streetpress qui reprend des témoignages de 81 étudiants handicapés poussés à devoir arrêter leurs études.

Au Poing Levé, organisation étudiante de l’Université de Paris, nous apportons nous notre soutien à Julie face à ce violent harcèlement. A rebours des politiques de sélection et de coupe budgétaire, nous revendiquons une augmentation des moyens, la construction de nouveaux locaux et l’embauche de personnels médicaux supplémentaire, pour que chaque étudiant.e puisse étudier dans les meilleures conditions possibles.




Mots-clés

Université Paris 5   /    Violence   /    Handicap(s)   /    Jeunesse