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Victoire ! Le licenciement de deux syndicalistes qui dénonçaient le racisme bloqué par l’inspection du travail

Mis à pied en juillet dernier et menacés de licenciement pour avoir dénoncé le racisme sur leur lieu de travail, Yoann et Mehdi, deux élus CGT, ont vu cette décision annulée par l'Inspection du Travail après des mobilisations de soutien en juillet.

lundi 20 septembre

Crédits photo : Ouest France

C’est une victoire pour Mehdi et Yoann, salariés mise à pied depuis cet été et sous la menace d’un licenciement. Début septembre la décision de l’Inspection du Travail concernant leur licenciement est tombée et elle donne raison aux deux syndicalistes.

En juillet, nous revenions sur la mise à pied de ces deux élus CGT au CSE de l’entreprise de transport frigorifique STEF Transport en Vendée. Après le déclenchement d’une enquête, à leur initiative, pour atteinte aux droits des personnes suite aux propos racistes répétés de la part de collègues et de clients, la direction avait multiplié les provocations à leur égard.

Des syndicalistes CFTC proches de la direction s’étaient même mêlés au bal des intimidations au sein du CSE et les tensions avaient atteint leur paroxysme le 24 juin dernier. Yoann et Mehdi avaient alors été bousculés par un salarié proche de la direction, qui avait déjà insulté la CGT de « preneurs d’otage » et de « terroristes », avant de subir des provocations à répétition lors de la réunion conduisant à de fortes tensions. La direction avait alors saisi cette occasion pour décider d’une mise à pied conservatoire pour les deux élus, avec entretien préalable de licenciement le 6 juillet. Une décision approuvée par les élus CFTC majoritaires au sein du CSE qui avait donné lieu à une mobilisation de différents secteurs en solidarité avec Mehdi et Yoann.

Finalement, l’Inspection du Travail donne raison aux militants CGT. Elle note notamment que le comportement de la direction, par son inaction et son refus de sanctionner les propos racistes, doit être pris en compte comme cause essentielle des tensions survenues lors du CSE du 24 juin, cause du licenciement de Yoann et Mehdi. C’est donc la responsabilité de l’employeur qui est directement mise en cause et non plus celle des élus. La décision souligne également l’insuffisance et la « posture générale de passivité » de la direction face aux racismes au sein de son entreprise, qui n’a pas cru bon de prendre des mesures pour y mettre fin.

Par ailleurs, l’Inspecteur du Travail a reconnu l’ambiance de chasse aux sorcières dans laquelle se tiennent les réunions du CSE. Mettant en cause une nouvelle fois la responsabilité de la direction, la décision revient sur les « carences dans l’exercice du fonctionnement du CSE », notamment dû aux convergences d’intérêt entre l’employeur et le syndicat CFTC à l’intérieur même de l’instance, constituant un front permanent face aux élus CGT. Par contraste, c’est la compétence des élus CGT au CSE sur laquelle insiste le rapport, qui ne peut être mise en cause ni considérée comme source de trouble à l’intérieur de l’instance de discussion.

Suite à cette décision, l’entreprise n’entend cependant pas lâcher les syndicalistes. Alors que ceux-ci revenaient sur le site, ils ont ainsi été l’objet d’un véritable « happening » de salariés proches de la direction arborant des panneaux attaquant les syndicalistes. La lutte continue donc, dans cette énième affaire de harcèlement contre des syndicalistes, à l’image de l’offensive subie récemment par Ahmed Berrahal à la RATP.




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