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Notre classe

Arc en Ciel esclavagistes, Fac complice !

Victoire ! Après une semaine de grève, les salariés du nettoyage de Jussieu font reculer Arc en Ciel

Depuis plus d’une semaine, les salariés d’Arc En Ciel de Sorbonne Sciences étaient en grève. Ce vendredi, l’entreprise a cédé à la plupart de leurs revendications suite à leur combat acharné contre la précarité et pour la dignité. Cette lutte est une nouvelle démonstration de la nécessité d’en finir avec la sous-traitance et de revendiquer l’internalisation et l’augmentation des salaires de tous les précaires de l’Université.

vendredi 24 septembre

Crédit photo : Serge d’Ignazio

Les salariés du nettoyage du site Jussieu de la Sorbonne ont fait plus d’une semaine de grève pour de meilleures conditions de travail. Tenant des piquets tous les matins, les grévistes ont montré à la direction qu’ils étaient déterminés à gagner contre le mépris et pour la reconnaissance. Après la suppression de 30 emplois, ces travailleurs précaires et racisés s’étaient vu rajouter une charge de travail énorme par l’entreprise Arc en Ciel. Entre heures supplémentaires, manque de matériel, discontinuité des heures, les salariés ont dénoncé pendant leur grève « l’esclavagisme  » de leur employeur. Comme beaucoup d’autres, Arc En Ciel, se sert de la précarité de ces travailleurs pour les surexploiter, avec l’aval de la direction de l’Université, qui fait des économies sur leurs dos. D’où le slogan de la grève : « Arc En Ciel esclavagiste, la fac complice ! ». 
 
« Cela fait 20 ans que je travaille ici. On a pas demandé une seule augmentation. Mais là c’est trop. On est pas des esclaves, nous sommes des êtres humains » expliquait un gréviste lors du rassemblement de soutien organisé dans la faculté ce mardi. Ces « petites mains invisibles  » de l’Université ont réussi à marquer leur présence et leur force pour refuser la détérioration de leurs conditions de travail, survenue depuis l’arrivée de l’entreprise Arc En Ciel en février dernier. Elles ont mis en lumière l’enfer de leur conditions de travail et réussi à mettre en branle l’Université le temps de quelques jours. « On est beaucoup à avoir une vie famille et un second emploi à côté, et ils modifient nos horaires, ne paient pas nos heures supplémentaires, ils font des contrats antidatés. On veut plus venir travailler la boule au ventre et on ira jusqu’au bout pour gagner » racontait une autre gréviste.
 
Ce mouvement, porté par les 130 salariés du site, a obtenu victoire sur la plupart de ses revendications. A la fois sur la clause de mobilité, c’est à dire la possibilité de changer et fractionner les horaires des salariés, les mutations forcées, le paiement des heures supplémentaires, le départ du responsable qui harcelait les travailleurs ou encore le changement du matériel, l’entreprise de sous-traitance a été obligée de céder. Ainsi, selon le protocole : « aucun agent n’aura ses horaires fractionnés sauf s’il le demande », « l’entreprise ne procédera à aucun licenciement », « toutes les heures travaillées seront payées ». Par ailleurs, le protocole de fin de conflit signé avec l’entreprise Arc En Ciel stipule également le paiement de 50 % de leurs jours de grève aux salariés, et l’engagement de leur patron à ne prendre « aucune sanction pour fait de grève ». 
 
Il reste que l’entreprise n’a pas accepté d’embaucher huit salariés de plus comme le souhaitaient les grévistes et que les suppressions de poste qui ont lancé le mouvement restent maintenus. Mais les salariés du nettoyage de Jussieu ont donné une leçon de combativité à Arc En Ciel, et à tous les travailleurs précaires, et à l’image des travailleuses d’Onet ou encore d’Ibis Batignolles, ils ont relevé la tête contre le racisme, le harcèlement et la maltraitance de l’entreprise. Alors que l’année a été marquée par la crise sanitaire et que ce sont les précaires du nettoyage et des services qui ont été en première ligne, cette grève a été salutaire. Mais il s’agit de continuer à se battre contre la précarisation des conditions de travail dans l’Université, dont la responsabilité incombe aux directions des facs et au manque de moyens croissant dans l’Enseignement Supérieur. Il faut exiger l’internalisation de tous les précaires et l’augmentation des salaires, à rebours des réformes de casse de l’Enseignement publique mises en place par les gouvernements successifs. Les salariés du nettoyage, sont des travailleurs de l’université et doivent être reconnus comme tel.




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