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Du Pain et des Roses

Politique "féministe" de Schiappa

VIDÉO. Violences, répression. Une militante Du Pain et Des Roses interpelle Marlène Schiappa

Ce jeudi à 19h, Marlène Schiappa donnait une réunion publique dans le cadre de la campagne municipale de LREM dans le 14e arrondissement. Une réunion qui s’est déroulée autrement que prévu : la Secrétaire d’État a été interpellée sur sa politique par plusieurs femmes, dont Homa, du collectif Du Pain et Des Roses.

samedi 18 janvier

 Crédit photo : O Phil des Contrastes 

Lors d’une réunion publique donnée par Marlène Schiappa dans le cadre de sa candidature LREM aux municipales du 14e arrondissement, celle-ci s’est faite interpeller par Homa, militante à Du Pain et Des Roses et à Révolution Permanente qui remettait en cause la politique soi-disant féministe de la Secrétaire d’État.

Vous n’avez pas honte de donner des miettes à des femmes qui se font tuer tous les jours, qui sont victimes de viols, d’agressions ?” a lancé Homa à la Secrétaire d’État qui était en train de présenter la loi Schiappa. En effet, face aux violences quotidiennes que subissent les femmes, que ce soit dans la rue, au travail ou dans leurs foyers, la seule réponse de l’État consiste à mettre en place des amendes pour pénaliser le harcèlement de rue. Une réponse bien plus qu’insuffisante, qui réduit les violences sexistes au harcèlement de rue, mais qui, au-delà de ça, consiste en une réponse répressive qui ne saurait aider la cause des femmes. Faire confiance à la police pour protéger les femmes, c’est d’une part, cautionner la répression qui touchera en premier lieu les quartiers populaires, et d’autre part, de faire confiance aux agresseurs ; car c’est cette même police à qui on demandera de punir les insultes sexistes de rue qui demandent en premier lieu aux victimes d’agressions et de viols comment elles étaient habillées et qui leur font des remarques sexistes sur leur comportement.

C’est cette même police qui tue dans les quartiers populaires, qui a éborgné des dizaines de Gilets jaunes et qui tabassent les grévistes mobilisés contre la réforme des retraites. “Vous n’avez pas honte d’avoir tabassé Irène, qui est en grève depuis 43 jours, pour défendre notre avenir, pour défendre l’avenir de toutes les femmes ?” a ainsi demandé Homa, rappelant l’humiliation qu’a subi Irène, conductrice de métro, gréviste depuis 43 jours et mère isolée, qui s’est faite tabasser et ouvrir le crâne pour avoir voulu récupérer son téléphone durant la manifestation du 9 janvier.

Car ce que font réellement la police et le gouvernement, c’est de réprimer les grévistes mobilisés depuis 43 jours pour un avenir plus juste, et parmi eux des femmes, parfois mères isolées vivant dans des conditions précaires. “Vous n’avez pas honte de dire que vous êtes contre les violences faites aux femmes alors que vous tabassez les femmes dans la rue quand elles osent se mobiliser ?” a ainsi interrogé Homa après avoir rappelé que ce même gouvernement qui se prétendait féministe était le même gouvernement qui voulait imposer une réforme des retraites qui toucherait et précariserait encore plus les femmes.

La loi Schiappa rentre dans une politique plus globale du gouvernement, qui s’appuie à la fois sur la répression et sur la casse du service public. Ainsi, d’un côté il confie la responsabilité de diminuer les violences sexistes à la police quand en réalité, le sexisme est structurel et trouve sa justification dans l’État bourgeois, sa police et sa justice ; de l’autre, il ferme des hôpitaux, des centres IVG, précarise le monde du travail et détruit le système des retraites. C’est en ce sens que l’émancipation des femmes ne pourra jamais passer par un féminisme bourgeois et allié d’un système qui n’a aucun mal à piétiner ceux d’en bas ; que l’émancipation se fera dans la rue, aux côtés des travailleurs et des travailleuses en lutte pour leurs droits !




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