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Répression Syndicale

Une contractuelle virée pour son engagement syndical : Reconduction immédiate !

Le rectorat de Versailles licencie une professeure contractuelle avec 5 ans d’expérience pour son activité syndicale à 4 mois de sa CDIsation. L’inquiétant devenir autoritaire de l’académie qui embauche des précaires en trente minutes mis à nu.

vendredi 10 juin

Ce mercredi 25 mai, une syndicaliste de la CGT Educ’action 95 a était reçu pour la deuxième fois par le rectorat. Après 5 ans comme professeur contractuelle et à quatre mois de sa CDIsation l’académie de Versailles prend la décision de licencier, au 31 août prochain, cette professeure.

A l’origine de la convocation de la professeure, deux principales de collèges qui lui reprochent des absences pour "convenances personnelles” et une tension conséquente avec les parents d’élèves. Mais cet argument, comme le souligne l’intersyndicale dans son communiqué, est entièrement fallacieux. En effet, les “convenances personnelles” correspondent à des jours de grève, de décharge syndicale ou d’ASA pour activité syndicale.

La décision du rectorat est bien une nouvelle répression syndicale même si elle cherche à se couvrir en tentant par la suite de justifier le licenciement par des “problèmes pédagogiques”.

Pour soutenir, notre camarade nous demandons sa reconduction immédiate et nous vous invitons à venir signer la pétition ici.

Cette attaque met de nouveau en lumière le fait que la pénurie historique de profs n’inquiète pas véritablement l’institution. A bien y regarder, les intendants de la politique néolibérale semblent particulièrement déterminés à abandonner la jeunesse et sa formation. Et l’académie de Versailles brille dans l’application de cette politique : les jobs datings qui permettent de devenir prof en trente minutes et les licenciements autoritaires des profs expérimentés, comme ici, en sont les deux faces complémentaires.

En dernière analyse, il y a trop de profs formés, il y a trop de profs au statut, il y a trop de profs payés, trop de profs syndiqués. De ceux-là, l’académie déborde ! Ce dont elle manque vraiment, c’est de profs inexpérimentés, précaires, corvéables, dociles et sans droits. Ah oui, là, il y a pénurie, urgence politique.

Face à cette politique néolibérale de contractualisation et de répression contre quiconque relève la tête qui met toujours plus à mal l’école et nos capacités pour la défendre, il est impératif de faire corps avec notre collègue. A l’heure où les condamnations les plus arbitraires pleuvent de partout, la constitution d’un front anti-répression doit-être à l’agenda de nos luttes. Cette solidarité est une condition sine qua non pour pouvoir renverser la vapeur, protéger le statut de fonctionnaire et exiger la titularisation des contractuels, améliorer nos conditions de travail et les salaires de tous les travailleurs de l’éduc, notamment ceux qui se destinent au métier d’enseignant-e-s et offrir, enfin, un enseignement à la hauteur des attentes de toutes et tous.