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Politique

Macron II

Un chasseur anti végans au gouvernement : Marc Fesneau nommé à l’agriculture

Grand défenseur de la chasse, pratiquant lui-même la chasse à l’arc, et anti végans : Marc Fesneau est le nouveau ministre de l’agriculture.

vendredi 20 mai

Elu local à 24 ans dans son petit village familial à Marchenoir, il travaille un temps à la chambre d’agriculture du coin. Passionné de jardinage, de potager et de marche en forêt : voilà pour la carte postale. En arrière-plan, le tableau de chasse est un peu moins champêtre.

Député, apparatchik historique du Modem, ex ministre chargé des relations avec le Parlement, fils de notables provinciaux, technocrate depuis plus de trente ans, Marc Fesneau est le nouveau ministre de l’agriculture. Macron avait promis un « président nouveau » pour un « mandat nouveau », mais le « Bing Bang » a un sacré goût de déjà-vu, sinon de recyclage. De quoi incarner sans doute le « quinquennat vert » vendu par le président de la République.

Pas sûr cependant que ce passionné de chasse à l’arc, qui tient « les végans et les antispécistes » pour « des fous dangereux qui ont perdu le sens commun en allant emmerder les chasseurs ou les pêcheurs à la ligne », soit la figure la plus à même de rassurer les défenseurs de l’environnement.

Le chef de l’Etat avait pourtant bien tenté de donner l’illusion, un temps, sur son soutien à la cause animale. Cette fois, il a vraisemblablement préféré donner des gages aux chasseurs à l’occasion de la nomination de son gouvernement. Il y a quelques semaines le patron des chasseurs, Willy Schraen, lui apportait son soutien pour les présidentielles, à quelques encablures des législatives, le président de la République a décidé de lui renvoyer la balle, et avec lui au million d’électeurs à pratiquer la chasse.

Après une spécialiste de la casse sociale à Matignon, un « violeur » à l’Intérieur, un directeur d’école de commerce à l’éducation, voir un chasseur à l’Agriculture ne peut être qu’une demi surprise. La cause animale est entre de bonnes mains … pour sa mise à mort



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