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Genres et sexualités

Guerre

Ukraine. Les témoignages de viol se multiplient sur le passage de l’armée russe

En tout temps de guerre, les violences sexuelles, les viols, sont des armes à part entière. Une tactique de guerre utilisée consciemment pour porter atteinte aux corps des femmes et imposer la terreur dans les villages occupés. Un rappel terrible s’il en fallait de l’horreur de la guerre.

vendredi 13 mai

Crédit photo : AFP

Il y a un mois les premiers témoignages glaçants de violences sexuelles perpétrées par les soldats russes nous parvenaient. Avec le retrait d’une partie des troupes les accusations visant des militaires russes et les témoignages de viols ne cessent de se multiplier.

Larysa Denysenko, avocate ukrainienne spécialisée dans les violences sexuelles, reçoit de nombreuses femmes avec les mêmes récits : « Ils violent en meute, longtemps, sans se cacher, en public, devant des témoins, les proches, les enfants. Ils sont souvent ivres, toujours armés, très cruels, sadiques » comme elle le constate pour Mediapart. Jamais au long de sa carrière, la cofondatrice de l’association des femmes avocates d’Ukraine ne pensait être confrontée à « ça », « des viols de masse », «  des viols de guerre » : « C’est plus que le viol, c’est la destruction par l’intime d’une nation sur des générations.  »

Ce que rapportent les différents témoignages, la concordance des récits, montrent que ces viols de masse sont loin d’être des cas isolés, et font partie, au contraire, d’un phénomène massif, d’une tactique belliqueuse à part entière.

En effet, la prise du corps des femmes n’est pas anodine dans cette guerre, il paraît même difficile de dissocier les deux. Elle fait écho à une longue liste de nombreuses accusations de viols lors de guerres, comme la République démocratique du Congo, « les camps de viols » en Yougoslavie de 1992 à 1995, ou bien ceux commis par les casques bleus en République centrafricaine.

Le viol, en plus d’être une atteinte évidente au corps des femmes, est employé dans la perspective de détruire la réputation de cette dernière, de sa famille et de son entourage. Tout cela, matérialise la culture de terreur instauré par le viol et le poids de la honte que portent ces populations.

Face aux horreurs de la guerre, c’est une politique radicalement anti-guerre qu’il faut proposer. Une vraie politique féministe de solidarité envers les femmes ukrainiennes et toutes celles qui subissent les horreurs de la guerre, qui dénonce les viols et violences sexuelles comme partie intégrante des opérations militaires. Une politique féministe contre la guerre, qui s’inscrit dans une politique anti-impérialiste indépendante, pour assurer une sortie du conflit qui soit véritablement progressiste pour les populations russes et ukrainiennes.



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