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"Troisième voie" : la nouvelle idée de Macron pour imposer sa contre-réforme des retraites

Si Macron est déterminé à remettre la réforme des retraites sur le devant de la scène, les hésitations sur la méthode se poursuivent. Or, ce mardi, une « troisième voie » a été avancée par l’exécutif pour s’en prendre aux retraites : un PFLSS rectificatif en janvier.

mercredi 28 septembre

Crédits photos : Ludovic Marin/ AFP

Quand Macron lancera-t-il sa contre-réforme des retraites ? La question est au cœur de l’actualité des dernières semaines. Jusque-là, Macron hésitait entre un passage en force dès l’automne dans le cadre du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) ou une loi sur les retraites en 2023. Depuis hier, une nouvelle perspective s’est ouverte, présentée comme une « troisième voie ». Elle prendrait la forme d’un « PLFRSS », c’est-à-dire un projet de loi de financement rectificatif de la Sécurité sociale, pour passer des mesures repoussant l’âge de départ à la retraite, augmentant la durée de cotisation, ou les deux.

La réforme serait ainsi reportée au début de l’année 2023, avec trois enjeux pour la macronie. D’abord, elle permettrait à Emmanuel Macron de laisser du temps à la « concertation » et donc de donner des gages à sa propre majorité, surtout aux alliés du Modem opposés au passage en force de la réforme à l’automne. Ensuite, le chef de l’État se préserverait la possibilité d’utiliser sans difficulté le 49.3, illimité pour les textes budgétaires comme ce PLFRSS. Enfin, comme il s’agit d’un texte financier, les débats durent moins longtemps. Un moyen de contrecarrer l’obstruction possible des oppositions.

L’objectif pour Macron est clair, trancher la méthode sans rien lâcher de l’objectif de s’attaquer rapidement à nos retraites. Avec le débat qu’il a ouvert sur la « forme » - le calendrier de la réforme - le Président des riches aura en effet réussi à faire passer à l’arrière-plan la question du « fond » - l’objectif de nous faire travailler toujours plus.

Pour l’heure rien n’est décidé. Elisabeth Borne a promis que la décision de l’exécutif serait rendue publique « d’ici la fin de la semaine », mais la piste de cette « troisième voie » était qualifiée de « sérieuse » dans l’entourage de Macron. Pour avancer sur la question, une réunion aura lieu ce mercredi soir à l’Élysée autour du président de la République, de la Première ministre, d’Olivier Dussopt (Ministre du Travail) et de Franck Riester (Ministre chargé des Relations avec le Parlement français).

Les présidents de groupes parlementaires de la majorité seront également présents : Stéphane Séjourné pour Renaissance, Edouard Philippe pour Horizons – qui soutient la réforme quelle que soit la méthode et demande que la question soit tranchée rapidement - et François Bayrou pour le Modem, fermement opposé à un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale.

Par-delà les désaccords, tous partagent l’objectif de s’attaquer à nos retraites, mais pourraient faire face à l’opposition de la rue. Alors que le président des riches est déterminé coûte que coûte à nous opposer un round II d’une attaque que la grève massive des transports avait permis de mettre en échec, il y a urgence à préparer cette riposte.



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