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Politique

Tournant autoritaire et islamophobe. La mosquée de Pessac perquisitionnée

Le gouvernement cherche à instrumentaliser le terrible meurtre à Conflans-Sainte-Honorine de Samuel Paty pour justifier son tournant autoritaire qui s'incarne pour l'instant par le couvre-feu policier. Les coupables sont tous trouvés : la communauté musulmane, dans le sillage du discours islamophobe que fait depuis plusieurs mois le gouvernement. Après la mosquée de Pantin fermée sur ordre de Darmanin, dans l'agglomération de Bordeaux, c'est cette fois la mosquée de Pessac qui est perquisitionnée.

mercredi 28 octobre

Crédits photo : Vincent Hénin pour BFMTV

Dans le sillage du tournant autoritaire que prend le gouvernement, notamment à la suite de l’affreux crime qui a tué Samuel Paty qu’il cherche à instrumentaliser pour justifier son couvre-feu policier, celui-ci cherche à désigner des coupables. Lundi dernier, Gérald Darmanin a annoncé avoir « demandé au préfet de Seine-Saint-Denis de faire fermer la mosquée de Pantin » : cette intervention s’inscrit dans les annonces d’arrestations préventives « contre des « dizaines d’individus » qui n’ont pas forcément « un lien avec l’enquête » concernant l’assassinat de Samuel Paty, et contre « une cinquantaine de structures associatives [qui] verront toute la semaine un certain nombre de visites des services de l’État ».

C’est dans ce tournant que s’inscrit cette nouvelle perquisition ce lundi, à Pessac, dans l’agglomération de la métropole bordelaise, de la mosquée, et du président de l’association « Rassemblement des musulmans de Pessac », Abdourahmane Ridouane, à son propre domicile. « Cela s’inscrit dans le cadre des objectifs nationaux de demande de renseignement » déclare la préfecture de Gironde.

Dans son article, 20 minutes dit n’avoir pas plus d’informations de la part du parquet de Bordeaux, qui indique qu’il s’agit « d’une visite domiciliaire dans un cadre administratif et non judiciaire ». L’avocat du président de l’association, et représentant la mosquée de Pessac, Samim Bolaky, assure que « cette perquisition n’a mené à rien et nous savions avant même de la réaliser qu’elle ne mènerait à rien ».

« Une dizaine de structures musulmanes ont fait l’objet de perquisitions depuis le 16 octobre, dans tous ces cas il n’y a jamais eu quoi que ce soit. [...] L’objectif de ces perquisitions est simplement de faire passer des messages, on est dans de la communication, même si on sait pertinemment qu’il n’y a ni radicalisation, ni armes, ni terrorisme dans ces mosquées  » dénonce l’avocat. Ce vendredi, Jean Castex déclarait que des contrôles étaient menés auprès de responsables d’associations soupçonnés d’appartenir à la « mouvance islamiste » : « 123 visites domiciliaires ont été décidées et 56 ont d’ores et déjà été réalisées » avait-il annoncé.

Ces annonces qui s’inscrivent dans le tournant autoritaire du gouvernement s’accompagnent de violences contre les musulmans, comme les deux femmes voilées qui ont été poignardées sur le champ de Mars près de la Tour Eiffel, dans la rue et sur la sphère médiatique : à Bordeaux, des inscriptions racistes et islamophobes ont été inscrites sur les murs de la mosquée Nur el Mohamadi, ainsi que des vitres brisées. La même semaine, un tag « Ni dieu ni maître ni proxo ni mari » avait été fait. De même, à Bordeaux, une agence de voyages spécialisée dans le Maghreb a été taguée de la même manière. Nous dénonçons l’ensemble de ces violences et ces inscriptions qui instrumentalisent les questions de genre à des fins réactionnaires.




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