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Tour d’Europe de Biden : trouver des alliés et consolider ses positions face à la Russie et à la Chine

"Les États-Unis doivent diriger le monde", cette phrase a été utilisée pour désigner Biden dans un article du Washington Post à l'occasion de son voyage en Europe. Sa tournée qui a débute ce mercredi au Royaume-Uni, se poursuit ce vendredi avec le G7, le sommet de l’OTAN lundi prochain à Bruxelles, et se termine le 16 juin à Genève par une rencontre avec le président russe Vladimir Poutine, à un moment de forte tension entre les deux pays.

vendredi 11 juin

Article original disponible sur La Izquierda Diario, traduit en français par Emile Causs.

L’administration Biden doit aborder plusieurs fronts restés ouverts depuis l’ère Trump. Selon le communiqué de la Maison Blanche, l’objectif de ce tour d’Europe est de restaurer en quelque sorte l’alliance avec l’UE pour renforcer « l’engagement renouvelé » des États-Unis avec ses alliés et « démontrer la capacité des démocraties à relever les défis et à neutraliser les menaces de notre époque » comme « les activités néfastes des gouvernements de la Chine et de la Russie ».

Parmi les différents axes de tension sur le "front européen", les États-Unis et l’UE ont accepté il y a quelques semaines d’entamer des discussions pour renégocier les différends commerciaux en cours depuis 2018 - avec l’administration Trump - concernant les droits de douane sur l’acier et l’aluminium, pour un montant de 2,8 milliards d’euros. En guise de geste de bonne volonté, Bruxelles a décidé de suspendre temporairement les droits sur ces tarifs.

L’UE constate que la Russie et la Chine utilisent des tactiques différentes pour gagner des positions en Europe. Par exemple, dans la région des Balkans, on observe une augmentation considérable des investissements chinois et russes dans divers pays tels que la Serbie, le Monténégro, l’Albanie, la Macédoine du Nord, la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo. Ces pays sont donc tiraillés entre l’intégration à l’UE et le rapprochement avec la Chine ou la Russie.

Cette dynamique, ainsi que les nouvelles initiatives américaines depuis l’arrivée de Biden à la Maison Blanche, ont amené l’UE à remettre en question son dernier accord avec la Chine. Et dans le même temps, il y a quelques semaines, un plan a été approuvé pour mobiliser jusqu’à 28 milliards d’euros d’aide financière aux Balkans. Josep Borrell, haut représentant de l’UE pour la politique étrangère, a déclaré à cet égard que « l’engagement [de l’UE] envers les Balkans occidentaux doit être rendu visible et ne laisser aucun doute ».

L’annonce de l’achat de 500 millions de dose du vaccin Pfizer pour le dispositif Covax des États-Unis, et l’objectif affiché du G7 de faire un don d’un milliards de doses pour la vaccination des pays pauvres, colle totalement aux préoccupations des puissances impérialistes occidentales dans le cadre des tensions géopolitique avec la Chine et la Russie. Au moment où la Chine se sert de la « diplomatie vaccinale » pour conclure des accords internationaux notamment en Amérique latine, ces annonces de la part des États-Unis et de ses alliés sont une tentative pour restaurer une forme de multilatéralisme sur la question sanitaire et contrer la montée de Pékin.

Les tensions persistent entre les États-Unis, la Russie et l’UE

La prochaine rencontre entre Biden et Vladimir Poutine, le 16 juin à Genève, aurait pour but de « rétablir la prévisibilité et la stabilité des relations entre les États-Unis et la Russie », selon le communiqué de la Maison Blanche. Mais au-delà des faux messages pour montrer un "retour à la diplomatie multilatérale" perdue avec Trump, la vérité est que les tensions inter-étatiques entre les États-Unis et la Russie n’ont pas diminué, mais se sont intensifiées et sont devenues plus complexes.

Les tensions aux frontières de l’Ukraine en sont un exemple. Rappelons que la Russie, dans le cadre d’une opération militaire de même ampleur que celle qui avait été menée pour annexer la Crimée, a déployé des soldats et des armes lourdes dans l’Est de l’Ukraine en avril. Les États-Unis et l’Union européenne ont réagi à cette décision en imposant des sanctions, tandis que Moscou a expulsé sept ambassadeurs européens. Une situation explosive qui place l’Allemagne dans une position très délicate, puisqu’elle doit trouver un équilibre très difficile entre la poursuite d’accords commerciaux avec la Russie et ses oléoducs en mer du Nord et l’acceptation des sanctions de l’UE à l’encontre de la Russie.

La visite de Biden en Europe s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre les différentes puissances, qui ne cesseront de se complexifier. Pendant ce temps, des millions de travailleurs paient les coûts d’une crise sanitaire et économique historique.




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