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Salaires

Tisséo. Deux nouvelles journées de grève : il faut construire la reconductible pour gagner !

Après une grève de 4 jours la semaine dernière, face à une direction toujours aussi inflexible, les salariés de Tisséo maintiennent la pression avec un nouvel appel à la grève jeudi et vendredi.

Alberta Nur

7 juin 2023

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Tisséo. Deux nouvelles journées de grève : il faut construire la reconductible pour gagner !

Crédits Photo : Dorian M

Chez Tisséo, après 7 jours de grève dont 4 consécutifs la semaine dernière, les salariés entendent maintenir la pression face à une direction toujours aussi inflexible et méprisante. Au cœur des revendications : le maintien de la clause de sauvegarde, un acquis social qui permettait jusqu’alors une indexation partielle des salaires des Tisséo sur l’inflation, et que la direction entend aujourd’hui supprimer.

Un point d’appui pour durcir le mouvement

Dans un tract, l’intersyndicale SUD - CGT - FNCR - CFDT appelle à « deux journées de grève massives le jeudi 8 juin et le vendredi 9 juin » : « il faut accentuer la mobilisation et pas un bus, pas un métro, et pas un tram ne doivent circuler sur ces deux journées. » Un mot d’ordre qui reflète une colère toujours intacte chez les salariés face au silence de la direction et au mépris du maire Jean-Luc Moudenc qui, d’après le tract, a dénoncé dans une interview la grève d’une « minorité de grévistes » qui auraient « foutu le bordel ».

Alors que les 4 jours de grève de la semaine dernière ont permis l’installation d’un rapport de force important contre la direction et Moudenc, avec 60% de grévistes chez les roulants et presque 100% du côté du métro, les salariés sont nombreux à vouloir « durcir le mouvement », comme nous l’expliquaient Kevin et John sur le piquet. En effet, avec l’expérience collective des piquets de grève et des actions de blocage, la dernière semaine de mobilisation des Tisséo a révélé une colère profonde, qui déborde largement de la seule question de la clause de sauvegarde.

Les acquis de la mobilisation

Comme l’a montré la jonction avec les conducteurs de l’entreprise sous-traitante Negoti jeudi dernier, le combat pour le maintien de la clause est intimement lié à celui contre la privatisation, et appelle à l’unité de l’ensemble des salariés des transports toulousains pour de meilleurs salaires et conditions de travail. « Les conducteurs de Negoti sont traités comme de la merde et payés au lance-pierre. On est avec vous ! », affirme Nicolas en direct de l’action de blocage des bus sous-traitants. Et Étienne, conducteur chez Négoti, de répondre : « Il faut qu’on se fasse entendre nous aussi.  ».

Plus largement, en relevant la tête pour maintenir l’indexation de leurs salaires sur l’inflation, les grévistes de Tisséo posent une question qui concerne toutes celles et ceux qui font face à la crise et au mépris patronal : « Est-ce qu’on veut vraiment vivre dans un pays où on est payés à 1400 balles par mois, sans avantages, rien du tout ? Aujourd’hui, on ne demande pas à ce que le patron nous fasse une tape sur l’épaule : ce qu’ils veulent les gens, c’est être payés en conséquence de leur travail et pouvoir profiter de la vie », résume John sur le dépôt de bus d’Atlanta.

Les quatre journées de grève de la semaine dernière ont montré le potentiel d’une mobilisation reconductible à Tisséo. En effet, lorsque les salariés se mettent en grève plusieurs jours d’affilés, ils peuvent prendre temps d’aller chercher les non-grévistes, comme mercredi sur le piquet d’Atlanta, ou encore le 1er juin, en se solidarisant avec les sous-traitants. Afin de durcir le rapport de force, l’élargissement de la grève, au sein de Tisséo mais également envers l’ensemble des sous-traitants est un enjeu central, pour paralyser la totalité du réseau toulousain et faire plier la direction.

L’enjeu des assemblées générales pour ouvrir la voie de la victoire

SI la grève reste très suivie, signe d’une puissante volonté des salariés de continuer le mouvement, les décisions concernant les dates de mobilisation restent dans les mains de l’intersyndicale de l’entreprise. Il est urgent de se doter de cadres démocratiques au sein de la grève, pour impliquer jusqu’au dernier gréviste dans la construction d’un plan de bataille.

En ce sens, le fait que l’intersyndicale de Tisséo appelle pour la première fois depuis le début du mouvement à « des assemblées générales dès le jeudi pour reconduire le mouvement " est un premier pas, à condition qu’il ne s’agisse pas juste de changer le nom d’un meeting syndical où les délégués annoncent aux grévistes ce qui a été décidé en amont sans eux

Les assemblées générales peuvent être le lieu de discussion des grévistes sur la stratégie face à une direction qui ne veut rien lâcher. La direction divise les salariés entre eux, multiplie les sorties méprisantes : les salariés doivent élaborer collectivement une stratégie pour gagner. Par exemple, pour convaincre les salariés de la sous-traitance de se joindre à la grève, la revendication de l’indexation des salaires sur l’inflation, au-delà des portes de Tisséo, ou encore la fin de la privatisation et la titularisation de tous les roulants, serait un point d’appui.

Aussi, alors que les salariés vont entamer leur 8ème jour de grève, les difficultés financières commencent à se faire sentir. L’organisation de la solidarité financière est un enjeu-clé pour gagner. A Vertbaudet, où les salariées ont fait plier leur direction, c’est une caisse de grève qui a permis aux ouvrières du site de tenir la grève pendant près de deux mois et demi. C’est un outil central pour la suite de la mobilisation ! De plus, dans la continuité d’un large soutien de la population exprimé à la grève, la caisse de grève serait largement populaire.

Aussi, ces cadres démocratiques, où chaque salarié peut prendre la parole, voter les décisions à main levé, prendre en main concrètement l’organisation et la mise en pratique des orientations de la grève, sont des endroits cruciaux pour construire la perspective d’une véritable reconductible. En effet, seule une grève reconductible illimitée permettra d’obtenir gain de cause. Encore une fois, la grève des salariés de Vertbaudet le démontre : les patrons ne comprennent que le rapport de force !

Ce jeudi et vendredi, pour l’indexation de tous les salaires sur l’inflation, contre la privatisation et pour la gratuité des transports, montrons toute notre solidarité avec les grévistes de Tisséo ! Rendez-vous dès 4H30 du matin sur les piquets de grève, aux dépôts de bus de Colomiers, Atlanta et Langlade !


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