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Exproprions-les !

Taxe de l’UE sur les « super-profits » des groupes énergétiques : de l’enfumage, exproprions-les !

Alors que les factures énergétiques des ménages explosent, les ministres européens de l'énergie ont validé ce vendredi la mise en place d'une taxe sur les « super-profits ». Un enfumage pour tenter de faire avaler aux travailleurs la pilule de la montée des prix.

samedi 1er octobre

Crédits photos : JOHN THYS / AFP

Ce vendredi 30 septembre, les Vingt-Sept étaient réunis à Bruxelles pour décider de la mise en place de mesures face à l’inflation et de la mise en application, dès le mois d’octobre, d’un nouveau règlement pour les producteurs d’électricité.

Comme cela avait été déjà annoncé à la mi-septembre par la voix d’Ursula Von der Leyen, la Commission européenne a notamment trouvé un accord autour de mesures sensés répondre à la demande d’une taxe sur les « super-profits » engrangés par certains producteurs d’énergie.

Du côté des producteurs d’électricité, la mesure consiste à récupérer les profits réalisés au-dessus d’un certain seuil. Comme l’expliquent Les Echos, « les Etats membres pourront récupérer une partie des surprofits engrangés par certains producteurs d’électricité à bas coût (nucléaire, renouvelables, mais pas l’hydroélectricité ni le biométhane). Les bénéfices générés lorsque l’électricité est vendue à plus de 180 euros le mégawattheure entre le 1er décembre et le 30 juin seront confisqués et pourront être utilisés pour financer des mesures de soutien aux consommateurs comme le blocage des prix de détail. »

Dans le même temps, la Commission a annoncé une taxation des compagnies pétrolières sur la production européenne d’hydrocarbures et de raffinage. Dans le détail, 33% des bénéfices supérieurs de 20% à la moyenne des quatre dernières années, seront taxés.

Des mesures qui entendent répondre à la colère suscitée dans la population ces derniers mois par le spectacle des profits faramineux des grandes entreprises de l’énergie... mais qui ne touchent évidemment les multinationales qu’à la marge. Les mesures apparaissent en effet comme des miettes face à l’immensité des profits de Total, Shell ou encore Ennel, qui ont touché plus de 200 milliards d’euros depuis le début de l’année 2022 grâce à la flambée des prix.

L’idée d’un plafonnement du prix du gaz qui a été débattue ce vendredi 30 septembre a de son côté été repoussée au sein de la Commission. Comme le révèle Le Monde, l’idée a suscité l’inquiétude de froisser les grands groupes du secteur : « L’exécutif communautaire, tout comme l’Allemagne, est réticent à mettre en place une telle mesure, redoutant qu’une limitation des prix menace l’approvisionnement des Européens en dissuadant les « partenaires fiables » comme la Norvège ou les Etats-Unis de livrer l’UE en gaz, au profit d’autres destinations. La ministre estonienne de l’économie et des infrastructures, Riina Sikkut, s’est aussi prononcée contre cette idée, estimant que la « disponibilité est du gaz et l’approvisionnement sont plus importants que le prix ».

Face à la crise énergétique et le scandale des multinationales qui s’enrichissent sur la crise et sur des besoins essentiels, taxer à la marge les entreprises ne suffit pas. Qu’elle soient appliquées par l’Union Européenne ou revendiquées par la NUPES et La France Insoumise, ces mesures ne font que modifier à la marge une situation entièrement inacceptable.

C’est pour cette raison que Révolution Permanente défend l’expropriation du secteur de l’énergie sous contrôle des travailleurs, pour répondre aux besoin de la majorité, en France et dans le monde entier, et non plus aux profits de quelques-uns.



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