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Politique

Solidarité de classe : Marine Le Pen défend Sarkozy et les intérêts des politiciens corrompus

Ce mardi Marine Le Pen a pris la défense de Nicolas Sarkozy dans une violente diatribe contre « le gouvernement des juges ». La présidente du Rassemblement National, elle même mise en examen pour « détournement de fonds publics », aurait-elle peur que cette condamnation fasse tâche d'huile dans l'opinion publique ?

mardi 2 mars

Alors que Nicolas Sarkozy a fait face hier à une condamnation inédite à de la prison ferme, Marine Le Pen n’a pas tardé à voler à son secoursce mardi sur Europe1. Dans une diatribe dirigée contre « le gouvernement des juges », la présidente du Rassemblement National a accusé le parquet national financier à l’origine de l’enquête d’être « le parquet de l’opposition : dès qu’un responsable politique d’opposition a une difficulté, on confie ça au Parquet national financier ». Avant d’affirmer que « si Nicolas Sarkozy souhaite être candidat à la présidentielle, il doit l’être. Malgré la condamnation qui d’ailleurs n’est pas définitive ».

Et pour cause, Marine Le Pen est elle-même mise en cause depuis 2017 dans l’affaire des soupçons d’emplois fictifs de son parti au parlement européen. Une mise en examen requalifiée (et aggravée) en 2018 en « détournement de fonds publics ». Par ailleurs en 2015, elle et son père Jean-Marie Le Pen avaient été signalés au parquet national financier par La Haute autorité pour la transparence de la vie publique pour « sous-évaluation manifeste de certains actifs immobiliers détenus en commun ». A l’époque, ils étaient soupçonnés d’avoir sous-évalué les deux-tiers de leur patrimoine selon les informations d’ITélé.

Ce n’est donc pas pour rien que Marine Le Pen prend aujourd’hui la défense de Nicolas Sarkozy et réclame la suppression du Parquet National Financier. En effet, même si la peine est largement symbolique puisque Nicolas Sarkozy devrait pouvoir l’effectuer depuis son domicile, la condamnation de l’ex-chef d’État ouvre la voie à une remise en cause plus large dans l’opinion publique des scandales financiers qui structurent le fonctionnement de la scène politique et des institutions dans le cadre de la Vème République et de la démocratie bourgeoise. A l’instar de l’affaire Fillon qui avait contribué à envoyer aux oubliettes l’ancien candidat de la droite aux présidentielles, mais aussi de ce qui pourrait arriver à Marine Le Pen dans le cadre de ses propres démêlés judiciaires et financiers.

La présidente du Rassemblement National, sous couvert de défense d’une « démocratie [où] on se combat politiquement, pas par des magistrats qui peuvent décider qui peut se présenter », montre donc son vrai visage en se faisant l’avocate de Nicolas Sarkozy : celui de chien de garde d’un régime politique de la magouille et des affaires. C’est donc bien de solidarité de classe qu’il s’agit. Une solidarité qui démontre, si c’était encore nécessaire, l’absurdité des prétentions "anti-système" de la candidate aux Présidentielles.




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