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Monde

OFFENSIVE MEURTRIÈRE

Solidarité avec la lutte du peuple palestinien contre l’agression israélienne et l’impérialisme !

Après plus d'une semaine de mobilisations de la jeunesse palestinienne, le gouvernement israëlien a lancé une offensive meurtrière à Jérusalem Est et à Gaza avec le soutien de l'extrême-droite. Un massacre orchestré en complicité avec Macron et Biden et leur soutien à l’État colonial.

mardi 11 mai

Israël réprime la jeunesse palestinienne en lutte

A moins de 3 jours de l’anniversaire de la naissance de l’État d’Israël, la police et l’armée israélienne viennent de mener une offensive historique à Jérusalem-Est et à Gaza contre le peuple palestinien. Une offensive sanglante et qui vient répondre aux mobilisations de la jeunesse palestinienne du quartier de Sheikh Jarrah dans Jérusalem Est. Plusieurs événements expliquent cette mobilisation, notamment l’interdiction d’accès de la Porte de Damas par la police israélienne en plein mois de Ramadan puis, par la suite, l’annonce par la Cour Suprême de la volonté d’expulsion de plusieurs familles du quartier pour reloger des colons israéliens. Le couronnement de cette offensive a été la tentative d’interdire l’accès à l’emblématique mosquée d’Al-Aqsa.

Ces attaques ont fait exploser la colère de la jeunesse palestinienne de l’Est de la capitale. Une colère spontanée qui est venue répondre à une offensive liberticide du gouvernement et qui a réveillé les stigmates de l’oppression et la colonisation de la Palestine par Israël qui existe depuis plus de soixante-dix ans. Après plus d’une semaine de mobilisations, l’escalade de la répression a abouti à un véritable massacre de la part des autorités israéliennes lors d’un bombardement de la bande de Gaza, faisant officiellement 26 morts dont 9 enfants et plus de 305 blessés. Du côté du quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, la police israélienne a pénétré à l’intérieur de la mosquée Al-Aqsa et réprimé des centaines de palestiniens qui cherchaient à défendre la mosquée ainsi que le quartier.

A la suite de ces attaques, des mobilisations en solidarité aux palestiniens de Jérusalem ont eu lieu dans la quasi totalité des villes de Cisjordanie mais aussi dans plusieurs villes israéliennes comme les villes de Jaffa, Haïfa, Acre mais aussi Tel Aviv majoritairement composées d’israéliens juifs malgré leur forte proportion d’habitants arabes.

Cette répression n’est autre que la continuité de la politique de Benyamin Netanyahu qui cherche à faire de la judaïsaition complète de la capitale un enjeu politique central de son mandat. Il s’agit pour les sionistes d’une lutte historique depuis 1967, sachant que Jérusalem Est reste encore aujourd’hui un symbole de résistance et de luttes pour l’autodétermination du peuple palestinien.

A cela, il faut ajouter que des groupes d’ultra-droite israéliens harcèlent depuis fin avril les habitants de plusieurs maisons du quartier menacés par la Cour Suprême d’expulsion afin de permettre l’installation de nouveaux colons.

Ces affrontements ont donné lieu à l’autorisation de la “Journée de Jérusalem” par les autorités israéliennes, sorte de manifestation organisée tous les ans pour fêter l’annexion de Jérusalem par l’État israélien en 1967 et qui prend place sur la place publique du Mur Ouest, à quelques centaines de mètres de la mosquée d’Al Aqsa. Une grande mobilisation des secteurs de l’ultra droite a eu lieu par la suite sur cette place publique pour fêter la journée de violente répression des palestiniens de la capitale mais aussi de ceux qui, à Gaza, sont morts des représailles et des bombardements israéliens sur les civils palestiniens.

Cependant, la combativité des palestiniens en lutte à Jérusalem et dans d’autres villes du territoire témoigne d’une jeunesse qui a subi lourdement les conséquences de la colonisation et de l’apartheid. Sur le plan social, sanitaire et économique, le gouvernement de Netanyahu s’est efforcé à renforcer les inégalités et l’oppression des Palestiniens ces dernières années pour tenter de trouver une sortie à la crise politique qui traverse le pays par le biais de l’oppression coloniale.

Une crise politique qui s’accentue pour Netanyahu

Cela fait maintenant plus de deux ans que l’État israëlien vit une crise politique importante. A la suite de plusieurs tentatives de formation d’un gouvernement et déjà quatre élections législatives en deux ans et demi, Netanyahu a tenté de jouer la carte d’une coalition politique. Il a notamment conféré la responsabilité à Yair Lapid (centre gauche) d’organiser une coalition avec une partie importante de la caste politique israélienne, en passant par le Likoud, mais aussi l’extrême droite de Naftali Bennett ainsi que la Liste arabe unie.

Devant les difficultés pour mettre en place cette coalition et le mécontentement interne au parti de gouvernement Likoud avec l’émergence de figures tels que Guidéon Saar, Netanyahu voit sa politique de colonisation brutale comme l’un des meilleurs arguments pour construire un sentiment de sécurité autour de sa figure et s’appuyer sur les secteurs les plus à l’extrême-droite de la population. Cette situation s’explique aussi par le fait qu’il reste à Netanyahu seulement 21 jours pour construire une coalition, sans quoi de nouvelles élections pourraient avoir lieu. 

Cependant, la Liste Arabe Unie n’a pas trouvé mieux que de mettre en “suspens” les négociations à la suite du bombardement de Gaza, en s’offrant à une politique totalement conciliatrice avec l’État assassin israélien. Contrairement à ce qu’avancent certains secteurs de l’opposition dite “progressiste” tels que le Parti Travailliste Israélien ou encore la presse française, il n’y a pas “d’affrontements équivalents” ou “deux belligérants” dans cette situation, mais bel et bien une politique d’apartheid, de déplacement et de meurtre de palestiniens orchestré par l’État d’Israël.

L’impérialisme premier responsable du massacre de palestiniens

Bien que certains éditorialistes, comme ceux du journal Marianne, voudraient croire en un Biden progressiste prêt à taper du poing sur la table israélienne, le nouveau président états-unien, tout comme la majorité des gouvernements de l’Union Européenne dont celui d’Emmanuel Macron sont responsables et complices du massacres de palestiniens sur la bande de Gaza et à Sheikh Jarrah.

Biden lui-même n’a pas trouvé mieux pour le début de son mandat que de nommer Thomas Nides à la tête de l’ambassade américaine en Israël. Comme indiqué par RadioJ celui ci a joué un rôle clé dans l’administration Obama pour l’extension de garanties de prêt pour Israël d’une valeur de plusieurs milliards de dollars. Malgré son image de “pacifiste” qui chercherait à rompre avec l’image d’un Donald Trump, soutien inconditionnel de Netanyahu, la politique de Biden a avant tout un intérêt stratégique essentiel à maintenir l’État d’Israël comme une enclave pro impérialiste dans la région, comme le témoigne notamment le maintien de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem par Biden.

De son côté, l’Élysée n’est pas allé plus loin qu’un appel à un usage “modéré” de la force. Un appel “à la retenue des deux acteurs” abject dans la situation de colonisation et d’apartheid que vivent aujourd’hui les palestiniens, alors même que la France et les États-Unis figurent parmi les premiers États partenaires d’Israël, sur le plan militaire, économique et politique. Un intérêt central pour l’impérialisme de ces États dans la région. De leur côté, les États Arabes comme les Emirats-Arabes-Unis ou le Bahreïn ont feint une “dénonciation” qui ressemblait plus à une réprimande protocolaire qu’à une véritable opposition au massacre de palestiniens par les bombardements.

A bas la répression sanglante, l’impérialisme et l’État colonial d’Israël !

Dans une telle situation, la classe ouvrière arabe et israélienne doivent se mobiliser pour rejeter avec force le tournant répressif de Netanyahu qui essaie de débloquer sa crise gouvernementale par le meurtre de palestiniens déterminés à lutter comme dans le quartier de Sheikh Jarrah. De plus, la classe ouvrière et les opprimés, tout particulièrement ceux qui vivent dans les principaux pays impérialistes alliés d’Israël comme la France et les États-Unis doivent faire preuve de solidarité avec la lutte du peuple palestinien pour son droit à l’autodétermination de la Palestine et pour la fin de toute occupation des territoires palestiniens.

Il n’existe pas, chez la vieille classe politique arabe ou chez le Hamas une véritable alternative politique à l’oppression des Palestiniens. Ces derniers sont des organisations au programme bien souvent réactionnaire et ne représentent pas une alternative pour l’autodétermination du peuple palestinien comme le rappelait Joseph Daher dans une interview pour Révolution Permanente 

La coexistence que défendent certaines organisations comme la France Insoumise de deux Etats “égaux” par la simple reconnaissance par les organisations internationales d’un Etat Palestinien est une utopie. Il est impossible que deux États puissent coexister, alors que l’Etat d’Israël maintient un monopole essentiel sur les ressources d’eau et industrielles et détient l’appui des puissances impérialistes, sur le plan économique et militaire. Pour construire une véritable perspective anti-impérialiste, aucune demi-mesure n’est possible. Il faut se battre pour la dissolution de l’Etat d’Israël et la mise en place d’un Etat Palestinien socialiste et révolutionnaire qui refuserait toute oppression religieuse ou raciale et où coexisteraient juifs et arabes. Pour une vie en paix entre ces peuples, il faut démanteler jusqu’aux ciments de l’Etat raciste et pro-impérialiste israélien en en finissant avec l’impérialisme dans la région. En tant que révolutionnaire, nous considérons que cette grande tâche historique ne peut être résolue que par la stratégie et les méthodes de la lutte de classe, pour que la Palestine ouvrière et socialiste soit le premier point d’appui vers la construction d’une Fédération des Républiques Socialistes du Moyen Orient.

Pour soutenir la lutte du peuple palestinien face à l’agression coloniale israélienne, manifestons nombreux samedi 15 mai partout en France !




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