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Stop aux expulsions !

Situations des mineurs isolés à Lyon : la mairie EELV se rend complice de la politique de Darmanin

A Lyon la mairie NUPES de Grégory Doucet (EELV) se rend complice de la politique raciste du gouvernement, et « rend la vie impossible » aux mineurs isolés du « Collectif Soutiens/Migrants Croix Rousse ». Claire Larisse, bénévole du collectif pour Révolution Permanente sur cette situation.

Claire Larisse

11 mars 2023

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Situations des mineurs isolés à Lyon : la mairie EELV se rend complice de la politique de Darmanin

Crédits photo : Collectif Soutiens/Migrants Croix Rousse

Fin septembre, suite à des mobilisations, les jeunes mineurs isolés du « Collectif Soutiens/Migrants Croix Rousse » avaient obtenu un hébergement au gymnase Dargent dans le 8ème arrondissement à Lyon et ont pu quitter le campement de la Croix Rousse. Cependant, le 19 décembre, la mairie NUPES de Lyon avec à sa tête Gregory Doucet (EELV) prévoyait d’expulser les 90 jeunes sans la moindre solution de relogement.

Après cette annonce, les mineurs et leurs soutiens se sont mobilisés, en participant en nombre à la manifestation du 17 décembre contre la loi Darmanin en organisant un rassemblement devant le gymnase le 19 décembre. Finalement le 13 janvier la mairie NUPES a bel et bien expulsé les jeunes et leur a encore imposé un déménagement supplémentaire dans le gymnase Rosset.

Ces mineurs isolés sont perpétuellement ballotés dans divers lieux : campements en tentes, gymnases, squats...Ces expulsions et déplacements forcés incessants sont des maltraitances qui doivent cesser immédiatement.

Au sujet du gymnase Rosset, la mairie NUPES brille par son inventivité pour briser la solidarité des jeunes migrants mineurs isolés entre eux ainsi que la solidarité de leurs soutiens. La mairie a mis en place diverses mesures sécuritaires pour contrôler et surveiller les jeunes ainsi que leurs soutiens. Une liste des jeunes a été dressée et ils subissent des contrôles d’identité systématiques à l’entrée du gymnase qui leur fait office de foyer. Ce dispositif vise à éviter que la solidarité ne s’étende à d’autres jeunes mineurs isolés et à exclure tout nouvel arrivant.

Le cynisme est tel que les 37 jeunes arrivés à Lyon après le début du nouveau gymnase, sont sans solution d’hébergement ! Cette liste empêche également les jeunes hébergés de recevoir la visite de leurs amis, souvent eux-mêmes des jeunes isolés. Cela renforce de ce fait l’isolement social qu’ils subissent.

La surveillance concerne aussi les soutiens. Après avoir été tout simplement et arbitrairement interdit d’accès au gymnase sur les 10 premiers jours, la mairie tolère de nouveau la présence des soutiens… Mais dans la limite de seulement 3 personnes en simultanées maximum et sous contrôle des vigiles. En effet, les soutiens doivent émarger à chaque visite avec justification de la présence (cad rattachement à une association), nom, prénom, numéro de carte d’identité, date, heure d’arrivée et de départ ! Ces conditions interdisent ainsi de fait les temps de réunion indispensables à l’organisation de la vie collective et de mobilisations.

Les contrôles et restrictions d’accès au gymnase s’accompagnent d’une multitude d’interdictions aussi diverses qu’arbitraires. Les matelas, rallonges électriques et machine à laver sont désormais interdits. Les cours de capoeira que souhaitait proposer un bénévole ont été interdits. Après avoir préparé leurs pancartes, 3 jeunes qui s’apprêtaient à rejoindre la manifestation du 18 février contre la loi Immigration de Darmanin, en ont tout simplement été interdits et bloqués dans le gymnase. Toute activité de soutien, culturelle ou sportive, spontanée est quasiment rendue impossible.

Les activités d’accompagnement scolaire par des bénévoles sont mises en difficulté par la règle du quota des 3 soutiens maximum dans le gymnase. Des enseignants du collège voisin souhaitaient faire participer les jeunes à un projet pédagogique qu’ils mènent avec leurs élèves, doivent pour le moment abandonner le projet.

Entre les déménagements forcés ou les interdictions arbitraires et variables, la seule constante pour ces jeunes migrants mineurs isolés c’est finalement … la précarité dans laquelle ces jeunes sont maintenus. La nourriture est très insuffisante et peu variée, les produits d’hygiène manquent, tout comme les vêtements, les téléphones etc. Les jeunes se font systématiquement contrôler et humilier dans les transports en commun. Ils sont fouillés jusqu’à ce que le contrôleur trouve un papier avec leur nom.

De plus, les jeunes migrants mineurs isolés n’ont accès qu’à quelques services hospitaliers restreints. Pour obtenir des soins spéciaux, les procédures administratives sont longues. Une partie des jeunes n’ont même pas la possibilité d’être scolarisés en France et n’apprennent à lire qu’avec l’aide de quelques bénévoles. Ceux qui sont scolarisés le sont essentiellement dans des classes spécialisées ou en CAP.

Pourtant, ces jeunes ont quitté leurs pays, ont traversé le désert, la Méditerranée, les Alpes, subis les pires violences et exploitations en Libye ou ailleurs. S’ils ont fait cette route, au péril de leur vie, ce n’est pas pour le fun de la promenade ! Mais bel et bien parce qu’ils ont été forcés à partir, arrachés à leur pays, à leur ville ou village, à leurs familles, leurs amis… Et c’est bien le colonialisme et l’impérialisme de la bourgeoisie française qui sont la racine des situations de détresse économiques et sociales.

Pour mieux exploiter et défendre ses intérêts et ses entreprises comme Bolloré, Bouygues, Areva, etc, la France maintient et soutient les régimes dictatoriaux et corrompus qui forcent à l’exil. Et, lorsqu’ils comprennent l’accueil qui leur est réservé en France, ils appellent ça le « choc ».

Alors que la loi Darmanin se discute au gouvernement, la vie est déjà rendue impossible pour les jeunes migrants de Lyon… Et la mairie EELV-NUPES se rend complice de la politique répressive et raciste du gouvernement ! Elle se décharge sur les associations de solidarités telles que le Collectif Soutiens/Migrants Croix Rousse, Secours Populaire et pire encore les isole et empêche l’organisation de la solidarité.

Cette situation illustre bien tristement qu’il n’y a rien à attendre des institutions, de l’Etat comme des mairies y compris de “gauche”. Pour obtenir des logements décents pour tou-te-s, migrant-e-s ou non, mineurs ou majeurs, pour obtenir le droit à étudier pour tou-te-s, pour obtenir la régularisation de tou-te-s les sans-papiers, nous ne pouvons compter que sur la mobilisation de l’ensemble des opprimé-e-s et des exploité-e-s. A l’instar de la mobilisation autour des jeunes mineurs du collectif “AutonoMIE” à l’université de Toulouse, seul le rapport de force que nous imposerons, au niveau local pour l’hébergement des jeunes du Collectif Soutiens/Migrants Croix Rousse, ou au niveau national contre la réforme “Immigration” de Darmanin pourra changer les choses.


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