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L'impérialisme tue

Sept enfants tués par une frappe américaine sur Kaboul : l’armée reconnaît « une erreur » criminelle

L’armée américaine a reconnu vendredi avoir tué dix civils, dont sept enfants, lors de leur dernière frappe par drone à Kaboul fin août. Les excuses du chef des forces américaines en Afghanistan tentent de faire oublier que l’armée américaine n’a cessé au cours des 20 dernières années de tuer des civils au motif de la lutte contre le terrorisme, dans le mépris le plus total pour la vie des Afghans.

lundi 20 septembre

Crédits photo : Khwaja Tawfiq Sediqi/AP

Fin août, l’armée américaine a réalisé plusieurs frappes aériennes par drone, en pleine débâcle à la suite de la prise du pouvoir par les talibans de l’Afghanistan. Quelques heures avant le retrait définitif des troupes américaines et en représailles des attentats ayant eu lieu la veille à l’aéroport de Kaboul, des frappes par drone dirigées contre deux dirigeants de l’État islamique ont été menées, selon les déclarations du Pentagone. Seulement, selon plusieurs personnes présentes, ces frappes auraient en réalité touché des civils, comme nous l’expliquions dans un précédent article.

Le journal américain New York Times rapportait le 29 août dernier : « Quelques heures après une attaque de drones américains à Kaboul, des responsables du département de la Défense ont déclaré que les Etats-Unis avaient fait exploser un véhicule chargé d’explosifs, éliminant ainsi une menace pour l’aéroport de Kaboul du groupe État islamique Khorasan. (ISIS- K). Tout en ajoutant que des survivants et des voisins d’une maison familiale de Kaboul affirmaient « que l’attaque avait fait dix morts, dont sept enfants, un travailleur humanitaire pour une organisation caritative américaine et un sous-traitant militaire américain ».

L’armée américaine et le ministre américain de la Défense, Lloyd Austin ont finalement confirmé vendredi dernier le décès des civils en question en raison des frappes américaines. « Notre enquête conclut désormais que cette frappe était une erreur tragique », a ainsi déclaré le général Kenneth McKenzie, chef des forces américaines en Afghanistan.

Une « erreur » qui désigne le meurtre de dix civils dont au moins sept enfants. Dans un communiqué emprunt de cynisme, le chef de l’armée américaine a reconnu que l’homme pris pour cible était « juste une victime innocente, comme les autres personnes tragiquement tuées ». Il a ajouté : « Aucune armée ne travaille aussi dur que la nôtre pour éviter des victimes civiles » Quand nous avons des raisons de croire que nous avons pris des vies innocentes, nous enquêtons et, si c’est vrai, nous le reconnaissons ».

Une déclaration scandaleuse alors que l’armée américaine n’a jamais cessé au cours des vingt dernières années de tuer des civils. Des meurtres qui se sont accentués avec l’utilisation de drones qui a culminé sous la présidence Obama. Le but affiché étant simple : la réduction des pertes de soldats américains, au mépris de la vie des afghan.e.s.

Derrière ces excuses présentant le meurtre de dix civils comme « une erreur tragique », se cache donc en réalité la politique meurtrière de l’armée américaine. Des meurtres qui ont eu lieu en plein retrait précipité des Etats-Unis d’Afghanistan, qui clôture vingt années d’une intervention meurtrière, ayant coûté la vie de dizaines de milliers de civils afghans.




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