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Catastrophe climatique

Sécheresse : les réserves d’eau des Côtes d’Armor seront épuisées d’ici 35 jours

Les réserves d'eau des Côtes-d’Armor risquent l’épuisement d’ici 35 jours. Face à la sécheresse et aux conséquences du changement climatique, les petits gestes prônés par les autorités ne suffiront pas : il faut exproprier les entreprises capitalistes, premières responsables de l'assèchement des réserves d'eau.

mardi 27 septembre

© PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Ce lundi, dans un communiqué, la préfecture des Côtes-d’Armor place tout le département en "crise sécheresse", soit le niveau le plus élevé des mesures de restriction. Elle alerte sur l’épuisement des ressources locales à moyen terme et le risque sérieux de rupture de l’alimentation en eau potable pour les dernières semaines d’octobre. "A moyen terme (30 à 35 jours dans certains secteurs) les ressources seront inévitablement épuisées malgré différentes mesures d’ores et déjà mises en œuvre pour ré-alimenter certains barrages.", affirme le communiqué.

La sécheresse prolongée est historique en France, mais aussi dans toute l’Europe, et s’inscrit dans le sillage d’un été marqué par les conséquences de la crise climatique à l’international. Plusieurs communes ont déjà subi des coupures d’eau et cela pourrait s’aggraver dans les mois à venir, notamment pendant la période d’étiage où le débit d’eau est au plus bas. En Bretagne, région frappée par la sécheresse et les incendies dès le mois d’août, la réserve des nappes phréatiques n’a jamais été aussi basse. Selon le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM), environ deux tiers des nappes phréatiques présentent un niveau en baisse et le déficit pluviométrique empêche leur recharge.

Face à cette situation catastrophique annoncée pour les semaines à venir, le préfet des Côtes-d’Armor a fait un appel à un effort collectif supplémentaire pour réduire la consommation d’eau en publiant une infographie des “petits gestes” pour pallier à la crise. Prendre des douches de trois minutes, récupérer les surplus d’eau pour arroser ses plantes, remplir son lave-linge... autant de mesures qui, si elles deviennent nécessaires à ce stade, sont dérisoires face aux racines de la sécheresse. En faisant peser la responsabilité de la pénurie d’eau sur la population qui devrait renoncer à une prétendue "abondance", l’État cherche à masquer le poids démesurément plus important des grandes entreprises, de l’industrie agro-alimentaires notamment, dans les mécanismes qui conduisent à l’épuisement des nappes phréatiques. En effet, de par leur consommation d’eau pour les besoins de l’agriculture intensive et en raison de l’utilisation des intrants qui assèchent les sols et empêchent la pluie de s’y infiltrer entre autres, les entreprises de l’agro-alimentaire telles que celles de l’industrie laitière très développée en Bretagne sont les premières responsables de cette situation.

Face aux pénuries d’eau qui tendent à se multiplier, il est urgent de faire de "grands gestes" pour la planète : les grandes entreprises qui font un usage massif et déraisonné des ressources essentielles pour l’ensemble du vivant doivent être expropriées, au profit d’une gestion par et pour celles et ceux qui n’ont pas intérêt au maintien, mais à la fin du système capitaliste qui détruit les écosystèmes.



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