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Notre classe

Les coulisses du dialogue social

Scandale. Chez AAA, un délégué syndical accède à une promotion après avoir signé un PSE avec la direction

Pendant que 567 familles voyaient leur avenir sacrifié, que les salariés restants voyaient leurs conditions de travail se dégrader dans le cadre d’un PSE, un délégué CFE-CGC préparait quant à lui sa promotion. Les coulisses et les résultats du « dialogue social » ne démontrent qu’une chose : il ne sert que les intérêts du patronat.

mercredi 27 janvier

Les coulisses du dialogue social : qui décide pour les salariés ?

Pour réussir à sacrifier la vie de centaines des salaries au profit d’une poignée d’actionnaires, il faut nécessairement se servir d’un outil antidémocratique : le « dialogue social ». Les prétendues vertus de ce dialogue prôné par le gouvernement et le patronat tombent au fur et à mesure que les PSE passent et qu’on s’aperçoit de la dimension de la casse sociale. Les résultats chez Bridgestone ou Daher, pour ne citer que deux exemples, ont démontré que le « dialogue social » n’est qu’un outil aux mains du patronat pour contenir la colère des salariés, les priver de toute prise de décision démocratique et de toute initiative collective pour que les patrons parviennent à imposer leurs intérêts.

Dans ce type de « discussions » le patronat impose ses tactiques : division syndicale, intimidation, tromperie pour gagner du temps et passer au-dessus de l’avis de la majorité des salariés ou encore pour isoler des représentants combatifs vis-à-vis du reste des salariés. Le cadre du « dialogue social » sert aussi à cacher les informations sur le réel état économique du groupe. Mais aujourd’hui, on apprend que le patronat, pour maintenir la mascarade du « dialogue social » se procure le soutien des « représentants des salariés » en les achetant, ni plus ni moins. C’est le cas du sous-traitant aéronautique AAA où un délégué CFE-CGC a été promotionné à une poste de direction après avoir signé un PSE visant la suppression de 567 emplois

« Promotion de la honte, récompense…appelez ça comme vous voulez. Pour avoir manipulé et amené à la signature certains ignorants (FO) et pour avoir servi à la mascarade du « dialogue social » lors des négociations du PSE chez AAA, un délégué syndicale signataire de la catastrophe sociale laissant dans la rue 567 salariés s’est vu gratifier d’une très belle promotion »

En effet, comme le dénonce ce salarié de l’entreprise « en ce début d’année, suite à la réorganisation engendrée par le PSE, lors de la présentation du nouvel organigramme, tous les salariés peuvent voir que le Délégué Syndical CFE-CGC, Mr Pierre Martin grâce à sa signature, se voit aujourd’hui propulsé d’un poste de Responsable Méthode à un poste à la Direction des Operations AAA France et par la même occasion fait son entrée au comité de Direction »

Alors que la plupart des 1500 salariés de l’entreprise se posaient des questions sur leur avenir plus qu’incertain, « ce monsieur lui, avançait ses cartes afin d’obtenir une belle promotion. Comment en tant que délégué syndical mais aussi en tant qu’élu CSE on peut sacrifier l’avenir de 567 familles tout ça parce que l’on privilégie son avenir personnel ? »

Cette manière de faire est totalement scandaleuse et la moindre des choses serait que Mr Pierre Martin démissionne de sa fonction de représentant du personnel. Ce monsieur n’est pas représentant du personnel mais représentant de sa propre personne et notamment des intérêts du patronat. »

En effet comme nous le raconte ce salarié, « corruption et collusion, ces pratiques existent depuis des années dans la société AAA. En élevant le niveau de vie de certains syndicalistes et en les séparant ainsi des intérêts du reste de travailleurs, la direction réussi avec ces magouilles à ce que certains « représentants des salariés » deviennent des bureaucrates et des « représentants des actionnaires ». La bureaucratie syndicale, à force de se limiter à négocier le prix des salariés via le montant des indemnités, et en élaborant des communiqués qui vont parfois jusqu’à expliquer aux salariés que la situation financière de leur entreprise ne permettra aucunement de sauver l’ensemble des emplois, y défend donc les intérêts du patronat et y trahi les salariés qui l’ont élue. Si le lien entre FO et le président de la société Mr Chaubi était bien connu, le lien entre la CFE-CGC et la Direction Générale (Monsieur Nouvelot ) vient d’éclater aux yeux de tous les salariés. Cette mascarade est un exemple et démontre pourquoi le dialogue social ne peut pas être la solution face aux attaques que subissent beaucoup de travailleurs suite à cette « crise COVID-19 »

En effet chez AAA, le résultat du « dialogue social » s’est soldé par un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) signé, avec une centaine d’emplois supprimés en moins par rapport à ce qui avait été annoncé par le patron au préalable : 714 suppressions de postes à l’annonce du PSE en juillet, 567 à la signature. Idem plus récemment pour la société AKKA Technologies qui sont passés de 900 suppressions d’emplois annoncées initialement, à 650. Cette manœuvre a été constante dans le secteur aéronautique. Elle consistait à annoncer d’abord un nombre important de suppressions d’emplois pour ensuite le réduire au fur et à mesure que la fin des négociations approchait. L’objectif n’est autre que donner des gages aux syndicats maison pour justifier la signature du plan et légitimer l’efficacité du dialogue sociale.

Face au piège du dialogue social, 0 suppressions d’emploi et organisation démocratique des salariés !

L’avenir des salariés ne se joue pas dans les cadres truqués du « dialogue social » mais dans la construction d’un rapport de forces qui pourra faire plier le patronat. C’est pourquoi il est une nouvelle fois très important de mettre l’accent sur la lutte exemplaire que mènent depuis maintenant 3 semaines les travailleurs de Total Grandpuits. Comme l’explique ce salarié d’AAA, à la mascarade du « dialogue sociale » et de la « négociation du poids des chaines » les raffineurs de Grandpuits opposent un tout autre programme :

« La combativité des travailleuses et des travailleurs est exemplaire. Ils refusent de rentrer dans le piège du dialogue social et luttent par la grève pour imposer 0 suppression d’emploi. La grève est organisée par les grévistes eux-mêmes, démocratiquement, avec des assemblées générales où chaque ouvrier, syndiqué ou non, peut donner son avis et voter. Les équipes syndicales, au lieu d’être divisées doivent exposer leur avis à l’assemblé et se mettre au service des décisions majoritaires. Cette unité face au patronat et la possibilité d’impliquer tous les salariés dans la lutte, est essentielle pour défendre et imposer nos intérêts. La volonté des grévistes de Grandpuits pour faire front avec des organisations écologistes et pour se coordonner avec d’autres secteurs en lutte afin de sortir de la frontière de son usine pour amplifier le rapport de forces est aussi exemplaire. Son expérience de combat est très riche en leçons, et montre la voie à suivre pour défendre nos emplois et assurer un avenir aux jeunes, s’ils gagnent on gagne tous ! »




Mots-clés

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