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Politique

Surenchère réactionnaire

Scandale. Bruckner accuse la militante Rokhaya Diallo d’avoir "entraîné la mort des 12 de Charlie"

Dans le contexte d’une surenchère sécuritaire, raciste et islamophobe mise en place par le gouvernement, le réactionnaire notoire Pascal Bruckner s’en est pris à la militante antiraciste Rokhaya Diallo de manière particulièrement scandaleuse, en l’accusant odieusement d’avoir « entraîné la mort des 12 de Charlie » par ses prises de position contre le racisme.

jeudi 22 octobre

Crédits photo : capture écran Arte

Pascal Bruckner, réactionnaire notoire, n’en est plus à son premier scandale. Fervent adepte de la rhétorique de droite qui consiste à dépeindre tous ceux qui remettent en question l’idéologie dominante comme des censeurs ou des moralistes, il enchaîne régulièrement les sorties ignobles dans les médias, à grand renfort de racisme ou de sexisme.

Il s’était déjà illustré après les Césars, dans un article de “débat” dans le Point où il disait à propos des retombées de la nomination du violeur Polanski et de la vague #MeToo avoir vécu « le premier pogrom “féministe” de la France d’après-guerre ». Dans la même veine, on peut également citer son livre, dont le titre parle de lui même : Un coupable presque parfait, sous-titré La construction du bouc émissaire blanc.

La stratégie est simple : tenter de discréditer les arguments de tous ceux qui remettent en question l’ordre bourgeois en les taxant de censeurs. A grand renfort d’évocations indécedentes de l’imagerie de la Shoah, il cherche sans cesse à se dépeindre comme victime. C’est la rhétorique qu’il avait par exemple employé contre Alice Coffin, militante féministe lesbienne et élue Europe Écologie-Les Verts, qu’il a accusé dans l’émission C à vous de vouloir « éliminer » les hommes, et dont il a osé comparer le dernier livre, Le Génie lesbien, à « pas mal de projets politiques du XXème siècle où on a voulu éliminer un groupe ».

Au lendemain du drame de Conflans et de la vague raciste et islamophobe propulsée par le gouvernement qui s’en suit aujourd’hui, il n’est donc pas surprenant que Pascal Bruckner s’en prenne maintenant la militante anti-raciste Rokhaya Diallo.

Sur le plateau de l’émission de l’émission Le Débat, on peut le voir accuser la militante d’avoir « entraîné la mort des 12 de Charlie » et d’avoir « armé le bras des tueurs » par ses prises de position publiques. Des accusations bien entendues scandaleuses et outrancières, mais aussi profondément racistes et islamophobes, car Bruckner lie directement ses accusations et le statut de “femme musulmane et noire” de Rokhaya Diallo, comme elle le montre elle-même sur son compte twitter.

A l’heure de la surenchère sécuritaire dans laquelle le gouvernement s’est engagé depuis les annonces du couvre-feu, et maintenant dans l’instrumentalisation de la tragédie de Conflans, le gouvernement de Macron cimente un climat politique fertile à ces idéologies réactionnaires.

Alors que le gouvernement construit un terrain fertile pour les idéologies réactionnaires telles que celle de Bruckner et appelle à une “unité nationale” qui montre de plus en plus ses traits raciste et islamophobe, il est nécessaire de soutenir Rokhaya Diallo et tous les militants et militantes victimes de ces attaques nauséabondes. L’ensemble des organisations de la gauche politique et sociale mais aussi des organisations syndicales doivent se positionner clairement, en défense de ces droits démocratiques, pour l’existence de ces associations et en opposition claire à la politique islamophobe et autoritaire du gouvernement.




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