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Politique

Loi sécurité globale

Samedi, reprenons la rue contre les lois liberticides et racistes du gouvernement !

Un mois après la manifestation du 12 décembre qui avait fait face à une intense répression, la Coordination Stop Loi Sécurité Globale appelle à une nouvelle journée de mobilisation. Pour la première journée de la rentrée sociale, il faudra être nombreux pour exiger le retrait de l’ensemble des lois liberticides et racistes du gouvernement, et commencer à construire un mouvement d’ensemble.

jeudi 14 janvier

Crédit photo : O Phil Des Contrastes

Mardi, Gérald Darmanin était auditionné par les sénateurs en vue de l’examen de la loi Sécurité Globale qui devrait avoir lieu en mars au Sénat. Devant les sénateurs, le champion sécuritaire du macronisme qui s’était effacé ces dernières semaines est apparu à la défensive, cherchant à afficher son ouverture aux propositions des parlementaires. « Que l’article 24 eut été mal rédigé, bien sûr, sinon nous ne serions pas dans cette discussion » a ainsi lâché le ministre, qui avait personnellement milité en faveur de cet article, exigé par les syndicats de police, et même proposé de le durcir en intégrant le floutage des vidéos de policiers, avant de reculer sous la pression du scandale suscité.

Si Darmanin semble avoir rangé un peu de sa morgue aux vestiaires, c’est que la loi sécurité globale a suscité un large et profond rejet depuis novembre dernier. Du côté des institutions bourgeoises, la Défenseure des droits, l’ONU et même la Commission européenne se sont inquiétés des conséquences du texte sur les droits démocratiques, et en particulier du fameux article 24 qui menace la possibilité de filmer et diffuser des images des forces de répression. Surtout, plusieurs journées de mobilisations nationales ont vu des centaines de milliers de personnes prendre la rue dans toute la France. Le 28 novembre, plus de 300.000 personnes manifestaient en France. Le 16 décembre, malgré la violente mobilisation et l’absence d’appel à manifestation de la Coordination Loi Sécurité Globale, ce sont 10.000 personnes qui manifestaient contre la loi liberticide mais aussi contre la loi séparatisme, un projet islamophobe qui sera examiné dans les prochains mois.

Pourtant, malgré cette mobilisation importante et le rejet suscité par la loi, le gouvernement semble loin d’avoir reculé. Et si Darmanin affiche des concessions sur la forme, il n’entend pas reculer sur le fond du texte. Alors que ce texte vise à accroître l’impunité policière et la répression de ceux qui souhaitent les dénoncer, il va donc être fondamental de reprendre la mobilisation en cette rentrée. A un moment où le gouvernement est mis à la défensive par sa gestion catastrophique de la vaccination, il est possible de le faire plier et de l’obliger à retirer ses projets islamophobes et sécuritaires. A ce titre, comme en novembre et décembre dernier, la lutte contre la loi sécurité globale ne peut être menée sans lutter contre la loi séparatisme qui procède de la même logique, et pourrait même servir à faire passer les dispositions de l’article 24 par un tour de passe-passe législatif.

Ce 16 janvier, 80 rassemblements auront lieu en France. Dans son communiqué du 14 janvier, la Coordination Stop Loi Sécurité Globale rappelle l’urgence de se mobiliser contre le projet liberticide, et égraine les événements des dernières semaines qui pointent l’importance de ce combat. Répression des journalistes à Calais, anniversaire de la mort de Cédric Chouviat dont le plaquage ventral avait pu être filmé par des témoins, procès de Taha Bouhafs qui avait pu filmer son interpellation… Le communiqué évoque par ailleurs la « loi dite «  Séparatisme  » [qui] intègre et élargit les dispositions de l’article 24 de la loi Sécurité globale. » avant d’appeler à marcher « le 16 janvier, et tant qu’il le faudra  : pour le droit à l’information, contre les violences policières, pour la liberté de manifester, pour le respect de notre vie privée. »

De fait, alors que la rentrée est marquée par un nouvel épisode de gestion catastrophique de la crise sanitaire par le gouvernement et que les attaques contre nos libertés reprennent déjà dans le cadre de la gestion sanitaire répressive, il faudra en effet être mobilisés ce samedi pour exiger explicitement le retrait de la loi sécurité globale, de la loi séparatisme et du schéma national du maintien de l’ordre. En ce sens, la marche de samedi pourrait être la première marche pour la construction d’un mouvement d’ensemble contre le gouvernement, ses lois sécuritaires, sa gestion sanitaire pro-patronale et sa volonté de nous faire payer la crise.




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